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CHAPITRE III

Agen et l'Agenais aux xie et xne siècles — LesEvêques d'Agen — La Féodalité Les Croisades — Commencement de la période anglaise.

n vient de voir combien de lacunes présente la liste des évêques d'Agen jusqu'à la lin du xe siècle. De 670 à 977, par exemple, un seul nom, celui de Concordius, apparaît en 850, soit pendant une période de trois cents ans !

J'ai dit que Guillaume-Sanche, duc de Gascogne, s'était associé son frère Gombaud. Il lui donna le comté d'Agenais vers 976.

Gombaud était évoque d'Agen, de Bazas1. et de toute la Gascogne (Episcopus Wasconiae) 2. Il avait été marié et avait eu plusieurs enfants. Il mourut en 982. Garcie, son second fils, lui succéda comme

1 V. Essai sur l'Histoire de la Ville et de l'Arrondissement de Bazas, etc., par l'abbé P.-J. O'Reilly (Bazas, 1840, in-8°) ; La Guyenne Histor. etMonum., t. i, 2« partie, pp. 192-224, etc.

* Cf. Le Comté d'Agenais au xe siècle, Gombaut et son Episcopat, par

comte d'Agen; l'aîné, Guillaume, duc et marquis des Gascons, eut la vicomte de Gascogne et de Lomagne, et Hugues, le plus jeune, les évêchés d'Agen et de Bazas. Mais celui-ci, abbé de Gondom, trop jeune encore pour l'épiscopat, attendit à l'an 1000 pour prendre possession du siège, qu'occupa durant cet intervalle Arnaud Ier de Gascogne. Sur l'avis de Rome, Hugues ne conserva pas l'évêché de Bazas.

Hugues, dis-je, succéda à son père comme évoque, mais non comme comte d'Agen, et il ne put, dès lors, ainsi qu'on l'a cru longtemps, transmettre à ses successeurs une qualité qu'il n'avait pas lui-même et dont Pierre Pithou a été le premier à parler en 1583 *.

Traitant de cette question assez bizarre, Saint- Amans2 fait aussi remarquer que si, en 1259, on trouve un Guillelmus Cornes Episcopus Ayinnensis, c'est qu'il s'agit tout simplement d'un prélat dont le nom patronymique était Le Comte.

C'est donc sans aucune raison connue que les évoques d'Agen se qualifièrent comte à partir de 1470 et jusqu'en 1789. Pierre Bérard arbora pour la première fois ce titre purement honorifique dans une pièce de 1470 relative à la cure de Roudoulous, près d'Agen. — Je reviendrai sur cette circonstance.

Amédée Moullié (Rec des Trav. de la Soc... d'Agen, 2e série, t. iv, 1875) ; Le Comté d Ayenais au Xe siècle. Gombaud et son Episcopat, par J. Noulens (Paris, 1877, in-4°) ; Le Duc Gombaud, Evêque de Gascoyne, par J. de Bourrousse de Laffbre (Rec. de la Soc... d'Agen, 2e série, t. v, p. 34).

Les sièges composant YEvêchê de Gascogne au xe siècle étaient Aire, Dax, Oloron, Bayonne et Lescar. Cet évêché exista pendant près de cent ans, jusqu'en 1057.

1 Extrait des Registres de la Cour de Justice ordonnée dans le pays de Guienne.... Séances de cette Cour à Agen, par Pierre Pithou (Bordeaux, 1583; Paris, 1609, in-4°). — V. une note spéciale à cette date de 1583.

- Histoire ancienne et moderne du Département de Lot-et-Garonne, t. i, pp. 52-54.

L'AGENAIS AUX XIe ET XIIe SIÈCLES 2(J

Les évêques d'Agen possédèrent pendant tout le moyen âge le droit de battre monnaie. Cette monnaie était appelée Arnaudine ou Arnaldèse x. On suppose que ce privilège devait remonter à Arnaud de Beauville (ou Boville), qui occupa le siège d'Agen de 1020 à 1049 environ. On ajoute que Guillaume VII, duc d'Aquitaine2, pour reconnaître des services importants rendus par Simon, évêque d'Agen (1083-1101), donna ou confirma à ce prélat le droit de battre monnaie et de rendre la justice en son nom, avec la comitalie, qui consistait en diverses redevances.

Le duc Guillaume-Sanche mourut en 984. Son fils et successeur, Bernard-Guillaume, ayant été empoisonné, c'est son second fils, Sanche-Guillaume, qui vint après lui, mourut sans enfants en 1032, et clôtura la série des ducs de Gascogne descendant de Sanche- Mitarra.

Garcie resta comte d'Agen pendant une trentaine d'années. On pense qu'il mourut vers 1013, âgé probablement de soixante ans. Gomme il ne laissa pas de

1 La monnaie Arnaldèse fut longtemps perdue. Un spécimen en a été découvert enfin à Périgueux en 1880, par M. le docteur Galy, qui a publié à ce sujet un curieux mémoire : Monnaie des Evêques d'Agen, dite « Arnaldèse », retrouvée à Périgueux (Périgueux, 1880, gr. in-8°).

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