CHAPITRE IX
L'Agenais au XIXe siècle. — Ebauche historique.
vec le xixc siècle, nous entrons dans une ! société transformée de fond en comble. Aux aspirations communales ont définitivement succédé des aspirations nationales. La politique, presque étrangère aux préoccupations de nos pères, va se placer au premier plan, devenir l'objectif universel. Le Tiers, quantité négligeable de jadis, sera demain le facteur principal de la nouvelle formule sociale.
Les conditions morales et matérielles du pays ne seront pas moins bien servies. Les connaissances scientifiques vont faire des pas immenses. La vapeur et l'électricité, forces illimitées domptées par l'homme, donneront au commerce et à l'industrie une impulsion prodigieuse, et toutes les branches du savoir humain, les lettres même, bénificieront de cet entraînement sans exemple. Sortes de faubourgs de la grande capitale de la nation, les cités, accrues, ornées, assainies, participeront indistinctement aux progrès de la civilisation et du bien-être.
268 HISTOIRE DE L ALIENAIS
Les provinces ont vécu. La séparation des pouvoirs est acquise. Les départements nouveaux ne réprésentent plus que de simples divisions théoriques et administratives, sans antécédents ni racines. Il n'y a plus qu'une patrie et qu'une Histoire : la cohésion et l'unité françaises sont à jamais réalisées.
L'Histoire de l'Agenais au xixe siècle ne saurait donc être sérieusement traitée. Elle n'offre et ne peut offrir aucune importance spéciale, et ce dernier chapitre ne sera, dès lors, qu'une vague ébauche.
Après Marengo, après la proclamation de l'Empire en 1804, après la magique épopée qui, d'Austerlitz à Wagram (1805-1809), effara l'Europe, vint le jour des revers. Du faîte de l'omnipotence militaire, la chute sur 1814 fut profondément cruelle. L'aventure des Gent-Jours, l'hécatombe de Waterloo, les désastreux traités de Paris, la Restauration n'eurent pas d'écho bien distinct en Agenais1.
Certes, notre pays fournit son contingent de dévouement patriotique et d'héroïques soldats; mais les événements se déroulèrent loin de ses frontières, et nous n'avons à recueillir, pour notre part, que de modestes glanures.
Le 30 juillet 1808, Napoléon Ier et l'impératrice Joséphine passèrent à Agen, venant de Montauban. Ils arrivèrent à deux heures du matin, escortés par une Garde d'honneur agenaise qui était allée les recevoir à la limite du département. Des arcs de triomphe étaient dressés ; les rues étaient ornées ; les maisons, pavoisées et illuminées. L'empereur et Joséphine repartirent à six heures du soir pour Bordeaux.
1 V. une étude de M. J.-F. Bladé sur Y Etat militaire et politique de la Gascoyne en 1814 et 1815 {Revue de V 'Agenais, t. vi, 1879).
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Napoléon signa à Agen un décret ordonnant la construction d'un pont sur la Garonne au droit de cette ville1, et d'un autre sur le Lot, à Aiguillon. Il prescrivit aussi l'établissement de cales et de ports à Agen, Port-Sainte-Marie et Couthures; le dessèchement des marais de Brax2, etc.
Il reçut un vieillard de cent quatorze ans, Jean Serres, dit Printemps, de Pont-du-Casse, un vétéran des armées de Louis XV3.
C'est lors de ce voyage de l'Empereur que fut créé le département de Tarn-et-Garonne, par un démembrement des départements limitrophes4.
A la suite du Concordat du 15 juillet 1801 et lors de la réorganisation du culte, l'évêché d'Agen avait été attribué à Jean Jacoupy, né à Saint-Martin-de-Ribérac en 1761.
Ce nouveau prélat vint à Agen le 18 octobre 1802. Après trente-huit ans d'épiscopat, le 6 novembre 1840, il se démit d'une charge trop lourde pour sa vieil-
1 C'est le pont-route actuel, placé aussi étrangement que possible pour desservir la ville.
Après avoir travaillé pendant plus de six cents ans pour avoir un pont, les Agenais n'aboutissaient, en somme, qu'à un semblant de satisfaction.
Commencé en 1812, le pont-route ne fut terminé et livré à la circulation qu'en 1827.
2 Le dessèchement de ces marais insalubres situés aux portes d'Agen fut terminé en juillet 1809.
3 Jean Serres, dit Printemps, né à Pont-du-Casse, près d'Agen, en octobre 1G96, avait longtemps fait partie du régiment de Périgord-Infanterie. Après 28 ans de services, il prit sa retraite avec le grade de caporal et une petite pension, augmentée plus tard à deux reprises.
Ce patriarche s'éteignit doucement à Pont-du-Casse le 8 décembre 1809.
4 V. une note de la p. 246.
Une relation de ce passage de Napoléon à Agen en 1808 a été imprimée : Relation du passage de S. M. l'Empereur des Français, roi d'Italie... dans le département de Lot-et-Garonne (Agen, 1808, in 8°).
lesse et se retira à Bordeaux où il mourut en 1848 *. Son successeur, Jean-Aimé de Levezou de Vesins 2, fut nommé le 26 janvier 1841. Il était né à Milhau en 1793 et mourut à Agen, dans l'exercice de son ministère, en 1867 3.
Au cours des derniers revers de l'armée française, en 1814, les Anglais, qui avaient disparu de l'Agenais depuis le xve siècle, y firent une courte réapparition.
Après la bataille d'Orthez, du 6 mars, le général Darricau4, en retraite dans les Landes, vint à Agen avec quatre compagnies du 34e de ligne. Les passages de troupes dans le département ne discontinuaient pas.
L'avant-garde de l'armée anglaise atteignait Bordeaux le 12 mars. Meilhan, Couthures, Gasteljaloux étaient occupés par l'ennemi, qui, le 4 avril, traversait Marmande et Tonneins quand on apprenait la capitulation de Paris et l'entrée des alliés dans la capitale.
La bataille de Toulouse eut lieu le 10 avril 1814 ; l'abdication de Napoléon, le 11 ; son départ de Fontainebleau, le 20, et l'entrée de Louis XVIII, le 4 mai,
1 V. J.-B. Delrieu, Notice historique sur l'Episcopat de Mgr Jean Jacoupy, Evêque (TAgeli (Agen, 1874, in-8°).
2 Avant d'entrer dans les ordres, il avait été sous-préfet de Milhau en 1829. Il s'était marié en 1813 avec Louise-Clarisse de Ferraniont, qui lui avait donné cinq enfants, dont quatre garçons, et l'avait laissé veuf en 1826.
Ce prélat appartenait à une vieille famille dont nous avons rencontré plusieurs membres au xvie siècle.
3 Les derniers évêques d'Agen ont été les suivants :
Hector-Albert Chaulet d'Outremont (1871-1874). — Jean-Emile Fonteneau (1875-1884), aujourd'hui archevêque d'Albi. — Charles Cœuret-Varin, nommé en 1885.
* Auguste Darricau, baron de l'Empire (Tartas, 1773 - Dax, 1819), général de brigade en 1807 et général de division en 1811.
En 1814, il commandait la lre division à Toulouse, qu'il défendit contre les Anglais. Après la capitulation de Paris, il abandonna le service.
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sans qu'aucune crise résultât chez nous de ces événements.
Aux Cent- Jours, la substitution du drapeau tricolore au drapeau blanc donna lieu à Agen, du 4 au 8 avril 1815, à quelques troubles, qui se renouvelèrent plus sérieux le 28 juin suivant, quand s'effectua l'opération contraire. Le département fut mis en état de siège le 1er juillet par le général Clausel1, commandant à Bordeaux, qui prit bientôt la même mesure pour cette dernière ville.
Les habitants d'Agen furent désarmés le 7 juillet, et trois jours plus tard vint le tour de ceux de Marmande et de Tonneins. La garnison d'Agen était nombreuse et quelque peu turbulente. Elle abusait plus ou moins des circonstances, se livrait à des vexations de toutes sortes, et le calme des esprits fut lent à se rétablir.
Je ne saurais omettre les alertes causées sur divers points de l'Agenais, en 1814 et 1815, par une troupe de déserteurs transformés en bandits et commandés par un aventurier nommé Florian.
Ce Florian était venu à Agen le 13 avril 1814, conduisant un officier anglais qu'il avait, disait-il, fait prisonnier vers Nicole. Remis aussitôt en liberté, selon les instructions du moment, l'officier accusa Florian de lui avoir dérobé une somme de 4.000 francs. Des rassemblements se formèrent devant l'hôtel où ce dernier était descendu, et l'autorité dut intervenir énergiquement et expulser la bande pour éviter un conflit.
1 Bertrand Clausel, comte de l'Empire (1772-1842). Il avait sauvé l'armée à la désastreuse bataille des Arapiles.
Rallié à Louis XV11I, puis revenu à Napoléon aux Cent-Jours, il prit possession de Bordeaux.
Député des Ardennes en 1877, commandant de l'armée d'Afrique en 1830,
Florian osa reparaître à Agen le 15 juillet. Il obtint alors des billets de logement pour ses hommes, qui, le soir venu, se répandirent dans la ville et firent de bruyantes manifestations impérialistes. Il repartit le 20 juillet, à l'arrivée d'un bataillon du 20e de ligne : ses projets de pillage avortaient.
La bande de Florian commit en 1814 et 1815 une foule de déprédations dans plusieurs cantons du département, surtout dans ceux de Seyches et de Miramont. Vingt-deux de ces brigands furent enfin capturés et comparurent en mars 1816 devant les assises de la cour d'Agen, qui en condamnèrent vingt aux fers à perpétuité1.
Les Agenais, toujours friands de solennités brillantes et de fêtes tumultueuses, avaient eu encore l'occasion de se satisfaire à cet égard le 7 mai 1814 en recevant selon leurs traditions le duc d'Angoulême 2, revenant de Toulouse. Ce plaisir se renouvela même le 21 juillet 1815, pour la réinstallation du préfet de Lot-et-Garonne, le comte de Villeneuve-Bargemont3, évincé aux Cent-Jours. Ils préparèrent à ce dernier
il reçut le bâton de maréchal après plusieurs campagnes heureuses. Redevenu gouverneur d'Algérie en 1835, il échoua dans une expédition sur Constantinc et prit sa retraite.
1 V. les Annales de la ville d'Agen, de Proche, pp. 156, 212, etc.
2 Louis-Antoine de Bourbon, duc d'Angoulême, fils de Charles X et de Marie-Thérèse de Savoie (1775-1844).
Le passage du duc d'Angoulême eut une relation imprimée : Relation du Passage de S. A. R. Mgr le duc d'Angoulême dans le département de Lotet-Garonne, en se rendant de Toulouse à Bordeaux par Monlauban, Agen, Tonneins et Marmande (Agen, s. d. [1815], in-8°.)
Dans son premier trajet de Bordeaux à Toulouse, le duc d'Angoulême était passé par Nérac. — V. Relation du Passage de S. A. R... dans l'arrondissement de Nérac, en se rendant de Bordeaux à Toulouse par la rive gauche de la Garonne (Agen, s. d. [1815], in-8°).
3 Christophe, comte de Villeneuve-Bargemont, né à Bargemont (Var) le 27 juin 1771, mort à Marseille le 12 octobre 1829, avait été sous-préfet de Nérac
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un superbe cortège et gardèrent leur enthousiasme jusqu'au surlendemain, pour le chant du Te Deum à Saint-Etienne.
Les menus faits qui pourraient être encore glanés dans les annales agenaises du xixe siècle sont par trop dépourvus de caractère sérieux. Des compétitions de clocher, des rivalités politiques, des intrigues électorales, des anecdotes mondaines ou malicieuses relèvent plutôt de la chronique anecdo tique que de l'Histoire.
D'ailleurs, tout cela est encore trop près de nous.
La Restauration se franchit sans encombre. La réaction de 1815, la Révolution de 1830, le règne de Louis-Philippe, la République de 1848 n'apportèrent à l'Agenais aucun événement mémorable. A peine voyons-nous des incidents de politique courante, des cahotements de municipalités, des manœuvres et des tribulations de Garde nationale.
Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 fut dans notre pays un peu plus accidenté; mais, en dehors des proscriptions qui suivirent, il ne fournirait guère la
en 1803. Il devint préfet de Lot-et-Garonne le 24 mars 1806, après le baron Pieyre, et fut remplacé pendant les Cent-Jours par Rouen des Mallets.
Le baron Pieyre (Nîmes, 1755-Paris, 1839), premier préfet de Lot-et-Garonne en 1803, avait été envoyé à l'Assemblée législative de 1791 par le département du Gard, dont il fut administrateur en 1799. Il publia divers écrits à Agen, notamment une Statistique du Départent, de Lot-et-Garonne (Paris, 1803, in-8°).
Le comte de Villeneuve-Bargemont, d'origine princière, fut transféré d'Agen à Marseille en 1816. Il a publié aussi divers ouvrages àAgen : des voyages, une étude sur les Sotiates, et principalement une Notice historique sur la Ville de Nérac que j'ai citée plusieurs fois.
Voir l'article qui le concerne dans la Bibliographie de l'Agenais.
La liste des préfets du département de Lot-et-Garonne de 1815 à ce jour ne compte pas moins de 31 noms. Rien de bien saillant ne s'attachant à aucun d'eux, je me borne à rappeler que cette liste a été dressée par M. Jules Serret dans le recueil cité : Les Sénéchaux, Préfets et Magistrats municipaux d'Agen. On la trouve aussi reproduite dans chaque Annuaire du département.
matière d'un récit bien attachant. Agen, qu'on disait menacé par des bandes nombreuses, n'eut qu'une alerte sans conséquence. Les faits les plus graves de cette époque se déroulèrent vers Marmande et Sainte- Bazeille, où un combat eut lieu le 6 décembre1.
Faut-il rappeler la participation de l'Agenais au bénéfice des grands travaux et des grandes inventions modernes ? L'ouverture du Canal latéral à la Garonne en 1854? l'inauguration du premier chemin de fer en 1855 et 1856? Faut-il mentionner les dernières visites officielles : celles, par exemple, du duc d'Orléans2, posant la première pierre du pont canal d'Agen le 26 août 1839 ; de Louis Napoléon, bientôt Napoléon III, alors prince-président, le 6 octobre 1852 ; du maréchal NieL, le 30 juin 1860; de deux présidents de la troisième République, le maréchal de Mac-Mahon en 1875 et M. Garnot en 1888 ?
Faut-il parler enfin de la chute du second Empire en 1870? de la grande inondation du 24 juin 1875?
Celle-ci fut terrible. Toulouse eu un faubourg emporté; Agen, un quartier bouleversé. Toutes les villes riveraines de la Garonne payèrent au fléau le plus affreux tribut; la vallée tout entière fut dévastée
1 Sur les événements de Sainte-Bazeille et de Marmande en 1851, V. La Province en Décembre 1851, par Eugène Ténot (Paris, 1865, in-8° et in-12) ; Histoire des Crimes du Deux Décembre, par V. Schœlcher (Londres, 1852, in-8°) ; Précis historique sur les Evénements de Marmande en 1851, par Paul Vergnes (Bruxelles, 1852, in-8°) ; Mémoire adressé à S. E. Monsieur de Maupas, ministre de la Police générale de France, par Peyronny (Bilbao, 1853, in-8°) ; Deux Décembre 1851. Proscriptions de Marmande, par Alfred Neuville (Agen, 1882, in-12) ; Histoire de la Ville et de la Baronnie de Sainte- Bazeille, par l'abbé Alis, etc.
2 Ferdinand-Philippe-Louis-Charles-Henri, duc de Chartres, puis duc d'Orléans, fils aîné du roi Louis-Philippe, né en 1810, mort d'un accident de voiture en 184-2. Il avait épousé en 1837 Hélène-Louise-Elisabeth de Mecklembourc'-Schwerin.
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et couverte de ruines et les victimes furent innombrables1.
Les grandes épreuves de la patrie, en 1870, trouvèrent en Agenais le plus douloureux écbo. Le patriotisme y vibra aussi puissamment qu'en tout autre point de la terre de France, et le vieux royaume des Nitiobriges ne marchanda ni son sang, ni son amour, ni son dévouement.
L'heure viendra où l'annaliste futur voudra fouiller minutieusement ce qui, pour nous, est encore le présent et sera pour lui le passé. S'il croit y apercevoir le moindre intérêt, les documents ne lui manqueront certes pas pour raconter à nos petits-neveux, ses contemporains, la vie parfois calme, mais parfois aussi quelque peu enfiévrée de leurs pères du xixc siècle.
Je ne saurais toutefois fermer ce livre sans dire quelques mots des hommes célèbres ou remarquables produits par l'Agenais et disparus avant 1893.
Même en ne considérant que ceux dont le rôle ou les travaux furent le plus importants et en tenant
1 Sur la grande inondation de la Garonne de 1875, V. notamment : La grande Inondation des 24 et 25 juin 1875, et Voyage du maréchal de Mac- Mahon à Agen, par Fernand Lamy (Agen, 1875, in-8°) ; Les Inondations de 1875 dans le Sud-Ouest de la France. Toulouse, Castelsarrasin, Moissac, Agen, etc. (Paris et Toulouse, 1875, in-8°, 2 éditions) ; La Grande Catastrophe des 23, 24 et 25 juin 1875 dans les trois départements de la Haute- Garonne, du Tarn-et-Garonne et du Lot-et-Garonne, par Louis Canouet (Agen 1875, in-8°).
A la page 237 du t. Ier, note 1, à propos des crues de la Garonne en général, il est dit : « Gelle de 1875 atteignit llm. 70, et seulement llm. 21 en tenant compte d'un abaissement total d'étiage de 0m. 59 ». C'est évidemment llm. 11 qu'il faut lire.
compte des notes fournies au cours de ce chapitre, la nomenclature sera longue encore.
Avant tout, je mentionne Jasmin, le poète agenais par excellence, le célèbre auteur des Papillotes.
Jacques Boé, dit Jasmin, naquit le 6 mars 1798 à Agen, où il mourut le 4 octobre 1864.
Sa vie est bien connue. Elle fut consacrée tout entière aux Muses et à la charité. Poète merveilleusement doué, il chanta à plein cœur et trouva les inspirations les plus exquises. Enfant du peuple, il galvanisa, pour ainsi dire, cette douce et gracieuse langue populaire de l'Agenais si chère à ses aïeux et que la fatalité a condamnée ; il s'en servit avec une habileté prodigieuse, une puissance irrésistible, la dotant pour jamais de splendides richesses1.
Les honneurs venus à Jasmin n'ont pas fait fausse route. La statue qui se dresse sur une place publique d'Agen n'est qu'un hommage de justice et de gratitude.
Après le grand nom de Jasmin, il serait presque permis d'hésiter pour la mention d'autres poètes agenais. Peuvent être néanmoins cités :
Champmas (Laurent), poète patois (Agen, 1764 - Montastruc, 1832), auteur de Poésies gasconnes très goûtées.
1 Les œuvres de Jasmin, réunies sous ce titre : Las Papillotas, ont eu trois éditions collectives : Agen, 1835-1863, 4 vol. in-8° ; Paris, 1860, in-12;ibid„ 1889, 4 vol. gr. in-8°.
La bibliographie de Jasmin est très complexe, surtout en y comprenant la foule d'études de toutes sortes qui ont été publiées sur lui et sur son œuvre. Cette bibliographie a été traitée avec toute l'ampleur possible dans Jasmin et son Œuvre. Esquisse littéraire et bibliographique (Agen, 1881, in-8°), et aux art. Jasmin, 1. 1 et ïii de la Bibliographie générale de l'Agenais.
Je renvoie donc le lecteur à ce répertoire bio-bibliographique, tant pour l'œuvre du poète des Papillotes que pour tous les travaux des auteurs qui ont été ou vont être cités, littérateurs, savants, historiens, érudits et poètes.
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Delbès (Antoine), poète patois et chansonnier populaire (Agen, 1806-1887). "
Duvigneau (Washington), auteur de compositions élégantes (Agen, 1775-1841).
Laporte (Pierre), poète et romancier dont l'existence fut étrange (Glairac, 1776-1841).
Marcellus (Louis-Auguste Demartin du Tyrac, comte de), pair de France et député de la Gironde de 1816 à 1828 (Marcellus, 1776-1841).
Maurice (Justin), un romantique intéressant (Passage-d'Agen, 1810-1849) 2.
Sans parler des littérateurs et des savants qui ont écrit et publié des vers, combien cette série pourrait être accrue !
Bascoërtjde Gasseneuil (1768-1843), qui eut l'étrange idée de versifier le Catéchisme ! — Gustave Biers (Villeneuve, 1799-1851), qualifié par Alphonse Karr de "Charabia parisphobe de Villeneuve-sur-Lot ". — Constant Dombre, un romantique marmandais (1807- 1873). — Jean-Patrice Gravier es, rimailleur patois, (Agen, 1747-1817). — Dominique Manein, de Mézin (1734-1822). — Jean Nasse, dit Nasse-Lamothe, l'épique correcteur de Boileau (Vianne, 1758-1832). — Jude Patissié, de Tonneins (1789-1851), un lyrique. — Augustin Tarrij, d'Agen (1815-1884), etc., etc.
La littérature générale, la Science, l'Histoire, l'érudition sont amplement représentées. Aux divers noms qui ont été déjà cités, j'ajoute ici, dans l'ordre alphabétique :
Bory de Saint-Vincent (Jean-Baptiste-Geneviève),
2 J'ai consacré à Justin Maurice ma 3e série des Oubliés : Le Poète romantique Justin Maurice (Paris et Villeneuve, 181H), in-8°).
naturaliste et géographe célèbre, né à Agen le 6 juillet 1778, mort à Paris le 26 décembre 1846.
Sous-lieutenant dans l'armée de l'Ouest en 1787, il fut attaché en 1800 comme naturaliste à l'expédition autour du monde du capitaine Baudin. Il appartint aux corps d'armée de Davoust, de Ney et de Soult de 1808 à 1814, commanda la garnison d'Agen après la bataille de Toulouse, fut attaché en 1815 au dépôt de la Guerre et élu la même année député de Lot-et- Garonne.
Proscrit par la loi du 24 juillet 1815, il rentra en France en 1820, devint chef du Bureau historique au Ministère de la Guerre et produisit de nombreux et remarquables travaux.
Broca (Paul), célèbre chirurgien et anthropologiste, né à Sainte-Foy-la-Grande (ancien Agenais) le 28 juin 1824, mort à Paris le 9 juillet 1880, fils d'un médecin de Sainte-Foy.
Professeur agrégé à la Faculté de Médecine en 1853, il devint plus tard chirurgien de Bicêtre (1861) et de la Salpétrière (1862), et fut élu en 1866 à l'Académie de Médecine. Chargé du cours de pathologie chirurgicale, puis de la clinique externe à la Faculté de Paris, il fut l'un des fondateurs de l'Ecole d'Anthropologie en 1875.
Ses publications ont une grande valeur.
Castéra d'Artigues (Jean Castéra, dit), fécond littérateur et traducteur, né à Tonneins le 17 juillet 1749, mort le 19 décembre 1838.
Il fut capitaine de dragons mulâtres à la Guadeloupe et remplit des missions en Suède, en Danemark, etc.
Poète gracieux, prosateur élégant, traducteur habile, Castéra mérite mieux que ce que lui accordent en général les biographes.
Férussac (Louis d'AuDEBARD, baron de), natura-
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liste, né à Glairac le 30 juin 1745, mort au château de Lagarde (Tarn-et-Garonne) en 1815.
Entré dans l'artillerie en 1764 et capitaine en 1786, il émigra en 1791, commanda l'artillerie d'avant-garde de l'armée de Gondé, fut nommé chef de brigade en 1794 et plus tard lieutenant-colonel. Rentré en France en 1815, il se donna tout entier aux travaux scientifiques et accrut bientôt une réputation déjà bien établie1.
Gratiolet (Pierre-Louis), médecin et anatomiste, né à Sainte-Foy-la-Grande le 6 juillet 1815, mort à Paris le 16 février 1865.
Professeur d'anatomie, de physiologie et de géologie à la Sorbonne en 1862. Son œuvre est des plus importantes.
Lacépède (Bernard-Germain-Etienne de Laville, comte de), célèbre naturaliste, né à Agen le 20 septembre 1756, î >rt à Epinay (Seine) le 6 octobre 1825.
11 débuta sous le patronage de Buffon, en 1785, comme sous-démonstrateur du Gabinet du roi. Il fut membre de l'Assemblée constituante de 1789 et de l'Assemblée législative de 1791, qu'il présida un moment, membre de l'Institut, sénateur (1799), président du Sénat (1801), grand chancelier de la Légion d'honneur (1803), titulaire de la Sénatorerie de Paris (1804) et ministre d'Etat. La Restauration l'appela à la Chambre des pairs.
L'éloge de Lacépède et de son œuvre est aux mains de tous.
1 Son fils, André d'Audebard de Férussac (Lauzerte [Tarn-et-Garonne], 1786- Paris, 1836), chef d'état-major de la 2e division militaire en 1816-1818, puis professeur à l'Ecole d'application, produisit lui-môme une foule de travaux d'histoire naturelle. Il publia notamment et compléta le principal ouvrage de son père : Histoire naturelle des Mollusques terrestres et fluviatiles (Paris, 1821-1851, 2 vol. gr. in-f° et atlas).
280 HISTOIRE DE LAGENAIS
Lacuée (Gérard-Jean de), comte de Cessac, général, homme d'Etat et académicien, né à La Massas, commune de Hautefage, le 4 novembre 1752, mort à Paris le 14 juin 1842.
Capitaine en 1789, puis procureur général-syndic de Lot-et-Garonne, il fut envoyé le 1er octobre 1791 à l'Assemblée législative, qu'il présida en août 1792. Du Conseil des Anciens en 1795, du Conseil d'Etat après le 18 brumaire, il devint ensuite successivement : président de la section de la Guerre, ministre de la Guerre par intérim, gouverneur de l'Ecole polytechnique, directeur général de la Conscription militaire, ministre d'Etat en 1807, etc. et pair de France après
Il était membre de l'Académie des Sciences morales et politiques depuis 1795 et entra à l'Académie française en 1803.
Le comte de Lacuée appartenait à une vieille famille agenaise.
Son frère, le baron Jean-Chrysostôme de Lacuée (1747-1824), lieutenant du Sénéchal d'Agen en 1789, devint premier président de la Cour d'appel.
De ses trois neveux, les deux aînés, Antoine (1773- 1807) et Gérard de Lacuée (1774-1805), colonels distingués, furent tués à l'ennemi, l'un à Eylau, l'autre à Gunzburg1. Le troisième, Jean-Chrysostôme (1777- 1834), fut intendant général de l'armée d'Aragon, député de Lot-et-Garonne en 1833 et publia quelques brochures économiques2.
1 C'est le nom de ces deux braves soldats que porte une rue d'Agen.
V. sur les deux colonels Lacuée ma 2me série des Oubliés : Quelques Soldats agenais du xvne au xixe siècle (Agen, 1885, gr. in-8°).
2 Le baron Lacuée, qui en 1833 avait succédé à Lafon de Blaniac comme député de Villeneuve, fut lui-même remplacé en 1834 par Camille Paganel,
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Lamouroux (Jean-Vincent-Félix), naturaliste et géographe, né à Agen le 24 mai 1779, mort à Caen le 6 avril 1825.
Il professa longtemps l'histoire naturelle à la Faculté de Caen et fut, pour ainsi dire, le créateur de l'Hydrophytologie. Ses études sur les Polypiers sont des plus remarquables1.
Manec (Pierre-Joseph),, chirurgien et anatomiste, né à Montpezat le 15 octobre 1799, mort le 15 février 1884, chef des travaux anatomiques des Hôpitaux de Paris.
I><? ^avaux de ce savant docteur sont célèbres.
llus (Louis-Jean-André-Charles Demartin du Tyk. \j comte de), littérateur distingué, frère du poète cité précédemment, né à Marcellus, près Marmande, en 1795, mort à Paris en 1861.
11 fut ministre plénipotentiaire a Madrid et à Lucques. C'est lui qui, en 1820, étant secrétaire d'ambassade, réussit à négocier pour la France l'achat de la célèbre statue antique du Musée du Louvre désignée sous le nom de Vénus de Milo. Ses productions littéraires sont nombreuses.
Massias (Nicolas, baron), littérateur érudit, philosophe et diplomate, né à Villeneuve-sur-Lot le 2 avril 1764, mort à Bordeaux le 24 janvier 1848.
conseiller d'Etat, fils du Conventionnel de Lot-et-Garonne (Paris, 1797-1859), auteur de travaux historiques estimés.
I Le père de Félix Lamouroux, Claude Lamouroux, manufacturier (Agen, 1741-1820), celui qui a donné son nom à une rue d'Agen, fut en 1792 le premier président du tribunal de commerce et laissa des études musicales.
Un autre fils de Claude, Jean-Pierre-Pélhion, dit Jeannin, médecin et botaniste (Agen, 1792-Paris, 1866), produisit divers ouvrages scientifiques et une notice biographique sur son frère le naturaliste.
II avait épousé Sophie Paganel, fille du Conventionnel dont je cite plus haut le fils, Camille, député de Lot-et-Garonne de 1834 à 1848.
Sur les Lamouroux, V., outre la Bibliographie générale de VAgenah : Une
Il passa par l'Oratoire, mais sans être ordonné, professa la rhétorique à Soissons, à Tournon et à Condom et s'enrôla en 1792.
Abandonnant la carrière militaire pour la diplomatie, il fut chargé d'affaires dans le cercle de Souabe en 1800, consul général à Dantzig en 1807, et, retiré en 1811, ne s'occupa plus que d'études philosophiques et économiques.
Saint-amans (Jean-Florimond Boudon de), naturaliste, archéologue et historien, né à Agen le 24 juin 1748, mort le 28 octobre 1831.
Saint-Amans embrassa d'abord la carrière militaire et séjourna longtemps à Saint-Domingue.
Consul d'Agen en 1779 et 1783, commissaire du roi en 1791 pour la formation du département de Lot-et- Garonne et président de l'Administration de ce département, il fut destitué comme ancien noble en 1793, devint plus tard professeur d'histoire naturelle à l'Ecole centrale d'Agen et présida le Conseil général de 1800 à 1831.
Les nombreuses productions de ce savant polygraphe sont très variées1.
Samazeuilh (Jean-François), historien et archéologue, né à Casteljaloux le 16 août 1790, mort à Nérac le 4 novembre 1875.
Samazeuilh consacra sa longue carrière à de fructueux labeurs littéraires, historiques et archéologiques. Il publia sur la région, sur l'Agenais des travaux de
Famille agenaise. Les Lamouroux, par Philippe Lauzun, un de leurs derniers descendants (Agen, 1893, gr. in-8°, av. 10 pi.).
1 Les deux fils de Jean-Florimond Boudon de Saint-Amans, Pierre-Honoré (Agen, 1774-1858) et Jean-Casimir (ibid., 1785-1873), sont connus, le premier par plusieurs inventions céramiques ; le second, chef d'escadron de lanciers, éditeur des deux principales œuvres historiques de son père, par quelques écrits personnels.
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tous points remarquables que j'ai été conduit à citer bien des fois.
Serres (Antoine-Etienne-Renaud- Auguste), physiologiste célèbre, né à Glairac le 28 décembre 1787, mort à Paris le 22 janvier 1868, professeur d'anatomie comparée au Muséum et membre de l'Académie des Sciences.
La physiologie lui doit une bonne part de ses progrès modernes.
Que de noms pourraient être produits encore ! Mais continuer de la sorte serait attribuer à une simple liste des dimensions colossales. Après avoir rappelé les Agenais les plus célèbres, il suffira sans doute de leur adjoindre très sommairement :
Audebez (Jean-Joël), controversiste protestant (Glairac, 1790 - Paris, 1881).
Bacqua de Labarthe (Joseph Bacqua, dit), jurisconsulte (Nérac, 1804 -Lavardac, 1882).
Barrère (Joseph), historien et archéologue (Mézin, 1808 -Agen, 1885). J'ai souvent cité son œuvre principale1.
Bartayrès (Antoine), mathématicien et naturaliste, (Villeneuve, 1773 - Agen, 1857).
Baze (Jean-Didier), homme politique, questeur de la Chambre et du Sénat (Agen, 1800 -Paris, 1881).
Beîloc (Hippolyte), chirurgien militaire distingué, fils du médecin légiste du xviue siècle (Agen, 1779 - Fontainebleau, 1853)2.
1 Histoire religieuse et monumentale du Diocèse d'Agen (V. la Préface du présent ouvrage).
2 C'est son neveu, Camille Belloc (Agen, 1807 -Genève, 1876), aussi médecin
Bezout (Louis), géographe et littérateur (Marmande, 1797-4850).
Bordes (Louis), savant professeur ecclésiastique dont les ouvrages eurent quelque réputation (Meneaux, 1808 -Agen, 1875).
Bost (Alexandre), jurisconsulte et administrateur (Fumel, 1795 - Paris, 1880).
Brondeau (Louis -Jégun de Marans, dit Louis de), botaniste et dessinateur (Estillac, 1794-Moirax, 1859).
Càjjo de Feuillide (Gabriel Capo-Feuillide, dit), publiciste et littérateur (Nérac, 1800-1863).
Cassany-Mazet (Auguste Cassany de Mazet, dit), historien régional estimé (Villeneuve, 1777-1853).
Charrié (Etienne-Marcel), avocat, uont plusieurs plaidoyers furent retentissants (Lauzun, 1785 - Sadirac, 1860).
Chaubard (Louis), géologue (Agen, 1781 - Paris, 1854).
Chausenque (Vincent de), auteur d'un Voyage aux Pyrénées qui n'est pas sans mérite (Gontaud, 1781 - 1768).
Coq (Paul), économiste distingué (Aiguillon, 1806- 1880).
Delbos (Alexis-Joseph), historien ecclésiastique et littérateur (Agen, 1814 - ?...).
Delpit (Martial), paléographe et érudit (Cahuzac, 1813 - Paris, 1887).
Demay ( Jean-Germain j, savant sigillographe (Aiguillon, 1818 - Paris, 1886) auteur de belles études sur le costume et les sceaux.
Dorgan (Hyacinthe), polygraphe (Sainte-Bazeille, 1811 - Casteljaloux, 1846).
militaire, qui a inventé le charbon médicinal portant son nom (V. De l'Emploi du Charbon végétal... [Nice, s. d. ; Montpellier, 1850, in-4°, etc.]).
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Dumon (Sylvain), homme politique (Agen, 1797- Valence, 1870), membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, député et ministre.
Dupont (Léonce), publiciste et littérateur (Layrac, 1828 -Paris, 1884).
Duthil (Louis), homme politique (Nérac, 1796-1869).
Faugère-Dubourg (Joseph-Guillaume-Anatole), poète et érudit (Nérac, 1829 - Paris, 1887).
Fournier de Saint- Amant (Charles), voyageur émérite et un des plus célèbres joueurs d'échecs de notre époque (Monflanquin, 1800 — Alger, 1876).
Gassies (Jean-Baptiste), conchyliologiste et archéologue (Agen, 1816 - Bordeaux, 1883).
Gimet de Joulan (David Gimet, dit), littérateur et auteur dramatique (Nérac, 1786-1860).
Goux (Jean-Baptiste), vétérinaire et poète (Agen, 1827-1883).
Lafaugère (Justin), célèbre maître d'escrime (Agen, 1782 - Lyon, 1852).
Laffore (Pierre-Jules de Bourrousse de), généalogiste et historien (Paris, 1811 -Agen, 1890).
Lisle (Pierre-Egisthe), savant aliéniste (Xaintrailles, 1816 - Paris, 1881).
Magen (Hippolyte), poète, littérateur, historien et politique militant (Agen, 1814 - Paris 1886).
Martinelli (Eugène), économiste et littérateur (Agen, 1802 - 1879).
Moullié (Jean-Pierre-Amédée), magistrat et historien érudit (Agen, 1813 - Montesquieu, 1873).
Pérès (Jean-Baptiste), Oratorien et bibliothécaire, (Valence-d'Agen, 1752 - Agen, 1840), auteur d'un petit opuscule très célèbre1.
Grand Erratum. Comme quoi Napoléon n'a jamais existé (Agen, 1835,
Poïijardhieu ( Gustave ) , économiste et littérateur (Casteljaloux, 4819 - 1879).
Raymond (Damaze de), littérateur et historien, de la famille de Florimond de Raymond (Agen, 1779- Paris, 1813).
Solar (Euryale, dit Félix), publiciste, financier et bibliophile (Castelmoron, 1811 - Bordeaux, 1870).
Vacquié (Félix), médecin (Beauville, 1797 - La Croix- Blanche, 1834), auteur de bons ouvrages faisant partie de Y Encyclopédie portative.
Vacquier de Limon (Pierre Salomon, marquis de), romancier (Feugarolles, 1788 - Nérac, 1825).
Villegardelle (François Moutard, dit), économiste, disciple de Fourier (Miramont, 1810- ?...)
Vivens (Robert de Labat, vicomte de), ingénieur, fils du chevalier de Vivens ami de Montesquieu, auteur de mémoires importants sur le régime de la Garonne (Glairac, 1771-1855).
La bravoure est vertu française. Dans tous les temps, les vaillants soldats ont foisonné sous le ciel gascon et l'Agenais n'a jamais manqué de fournir largement sa part. Je l'ai constaté pour les époques antérieures ; pour celle-ci, je me borne à compléter ainsi mes précédentes indications1 :
Bressolles (Ferdinand de), général de division, directeur de l'artillerie (Auvillars, 1793-1874).
in-32). Ce pastiche spirituel du système philosophique de Dupuis a eu de nombreuses éditions.
1 Pour plusieurs des noms qui suivent: Bressolles, Lacrosse, Sarrazin, etc., V. la Bibliographie générale de l'Agenais, et pour les Menne, Rigau, Lafont- Cavaignac, ma 2e série des Oubliés. — Une biographie de Tartas a été publiée par l'abbé Barrère : Le Général de Tartas... (Paris et Bordeaux, 1860, in-12).
V. aussi L'Agenais illustre, par A. de Bellccombe, cité p. 88 du t. 1er.
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Grammont (Jacques-Philippe Delmas de), général de division (La Sauvetat-du-Dropt, 1796 - Château de Bouillaguet, près Miramont, 1862). Le département de la Loire, dont il avait le commandement en 1848, l'envoya à l'Assemblée nationale où il parvint à faire voter la loi protectrice des animaux qui porte son nom1.
Lacrosse (Raymond, baron), contre-amiral, préfet maritime de Rochefort (Meilhan, 1760-1829).
Lacuée (Antoine et Gérard de), colonels tués à l'ennemi, cités à la page 280.
Lafon de Blaniac (Guillaume-Joseph-Nicolas, baron de Lafon, dit), général de brigade, gouverneur de la Corse, etc., député de Lot-et-Garonne en 1828-32 (Villeneuve, 1773 -Vico, 1833).
Lafont-Cavaignac (André-Jacques, baron de Lafont, dit), maréchal de camp d'artillerie, député de Lot-et- Garonne en 1830 (Layrac, 1779-1844).
Menne (Jean -Baptiste- Pierre, baron), général de brigade (Agen, 1792-1830).
Menne (Pierre-Maurice) lieutenant général (Agen, 1785 - Arcachon, 1877).
Rigau (Antoine, baron), preux général de l'Empire, surnommé par Napoléon le Martyr de la Gloire (Agen, 1758 -Nouvelle-Orléans, 1820).
Sarrazin (Jean), maréchal de camp, d'abord très brillant soldat, puis... accusé de bigamie et condamné à mort par contumace pour avoir livré des plans à l'Angleterre (Saint-Sylvestre-de-Penne, 1770-1848).
1 V. Notice sur le Général Jacques-Philippe Delmas de Grammont, par Tamizey de Larroque (Paris, 1872, in-8°).
Le général Delmas de Grammont était l'oncle de l'érudit agenais Philippe Tamizey de Larroque, correspondant de l'Institut, à qui notre pays doit tant de travaux remarquables et dont le nom a été si fréquemment cité au cours du présent ouvrage.
288 HISTOIRE DE LAGENAIS
Tartas (Emile de), maréchal de camp, un des héros de nos armées d'Afrique (Mézin, 1796-1860) .
Mézin lui a élevé une statue en 1872.
Tempoure (Jacques), maréchal de camp, commandant la Garde nationale mobile de Paris en 1848 (Nérac, 1790- Bordeaux, 1854).
Valence ( Cyrus - Marie - Alexandre de Timbrune- Timbrone, comte de), général de brigade et pair de France (Agen, 1757 -Paris, 1822), un des chefs les plus habiles de la campagne de 1792. Il épousa la fille de la comtesse de Genlis.
Cette rapide nomenclature a-t-elle des proportions exagérées? Il me serait aisé pourtant de l'étendre encore, car notre siècle a été très fécond en hommes dignes de laisser après eux un souvenir.
En terminant I'Histotre de l'A gênais, il m'a paru que je devais un hommage à quiconque honora cette petite patrie par la pensée ou par le courage, par l'esprit ou par le cœur.