‹ Histoire de l'agriculture ancienne des GrecsChapitre 17 sur 32 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Notice sur Hësiode. — Extraits de son poëme des Ouvrages et des

Jours, et de celui (les Jours.

Il est juste de commencer cette seconde partie par Hésiode. Je ne prétends pas cependant juger la question d'antériorité entre Homère et lui, et sur laquelle il y a eu tant de gloses et de commentaires. Cicéron xependant croyait Homère plus ancien qu*Hésiode, et il en donne la preuve par le fait que , du temps d'Homère , Tart agricole ëtait connu (i). Mais je ne me défends pas,

{}^ Ai Homerusj qid multisj ut ndhi videlur^ an te secutis fuil , Laerlem,,, colentem agrxun et eum stercorantem faàin (Qc.)

( igo )

après avoir lu toutes les notices qui s'y rapportent, de regarder Homère aussi comme le plus ancien d'âge. Hésiode ayant d'ailleurs écrit sur l'agriculture, il m'est imposé de donner une analyse de son po'éme : cette analyse, du reste, aura l'avantage de confirmer sur plusieurs points, l'agriculture indiquée par Homère, et de désabuser plusieurs personnes sur l'opinion qu'elles se sonfrfaite dans les écoles, d'un génie rival ou supérieur même à Homère. C'est dans ce dessein encore que je poursuivrai toutes les notions agronomiques éparses dans les ouvrages des plus illustres savans, historiens ou poêles de la Grèce , et que je ferai apparaître successivement au lecteur, afin de fortifier les diverses mentions d'Homère et de compléter une histoire inédite et véritablement précieuse : elle embrassera tousles âges, depuis Homère jusqu'à celui de Tliéocrite. Hésiode appartient essentiellement à l^histoire de l'agriculture; car, dans l'opinion, il est le premier apôtre ou chantre de l'agriculture; et sur ce point, il jouit exclusivement d'une grande réputation ; Pline eu a donné le signal , et on y est encore fidèle. «Hésiode est le premier des po'êtes, dit-il, qui

( igi )

ait enseigné Tart de cultiver la terre (i). » Cependant^ on est plus qu étonné de cette déclaration de Pline ^ quand on a lu les Œuvres d'Hésiode. Sa Théogonie est un amas informe et gigantesque de pensées incohérentes, d'images repoussantes et d'épithètes sonores, presque toutes stériles. Le chaos et la nuit sont les deux génies qui semblent Fa- Toir inspiré. La naissance de Vénus est dégoûtante , et le cortège des Grâces ne peut faire oublier les germes bizarres et les détails de cette naissance. Les ruses et les ébats de Japet, deYulcain et de Jupiter sont absurdes ou ridicules; les allusions contre les femmes sont du plus mauvais goût ; les filiations des dieux et déesses sont inextricables; et hors l'allégorie de Cérès, je ne sais quelle citation on pourrait faire dans sa Théogonie y pour lastifier les idées du poète (2).

En lisant le bouclier d'Hercule,, on ne

(i ) Hesipdus qui prùiceps omnium , de agricullurd prcecefiù...gui in primis^ cuUum agrorum docendiun arbilraiur viam. (Plin.)

(•2) -Ceux qui voudront prendre une juste ide'e des œuvres de Milton , n'ont qu'à relire les œuvres d'Hësiode : ik 'verront que le poêle anglais avait mieux e'tudië la Théogonie d'Hësiode que in nature.

peut se défendre de l'idée qu'Hésiode avait connaissance de celui d'Achille ; et pour me servir de l'expression d'un ancien et respectable helléniste, je dirai : «Hésiode, en « sonAspîs, n'a fait que rebattre le bouclier « d'Achille, forgé par Homère. ■

Hésiode dit et révèle la naissance d'Hercule; il la signale plutôt par des lubricités que par des passions; il est dans un délire perpétuel, pour peindre les combats des héros, qu'il arme de poutres d'or et d'argent. Il décrit les horreurs des Gorgones et des FuriKS qui déchirent les victimes avec leurs ongles, et se désaltèrent en buvant du sang noir ; le tableau des femmes qui se meurtrissent et déchirent les joues, est tout ce qu'il y a de plus horrible; immédiatement après ces scènes burlesques et sanglantes, il décrit lesjeuxet les ébats des Grâces et des Amours.

Oubliant tout à fait son précepte géorgique ni/dus arato , il fait tracer de longs sillons par des laboureurs revêtus de tuniques brillantes d'ornemens; après les laboureurs, il montre une iète de vendangeurs, et après ceux-ci il fait une description de chasse aux lièvres, qui , ajoute-t-il , tremblent d'être pris par les chiens. Il termine enfm par le grand combat

de Cygnus et d'Hercule, qui, dès qu'ils s'aperçoivent, s'élancent de leurs chars; il n'est plus question dès lors que de chars fracassés, de chocs de chevaux qui se heurtent épouvantablement; il entasse comparaisons sur comparaisons ; celle* d'un sanglier qui écume de fureur, et par contraste, celle de la cigale qui vit de rosée ; de suite celle de deux lions qui se disputent un cerf qu'ils ont tué : celle enfin de deux vautours qui fondent à la fois sur une même proie; Cygnus tombe sous les coups d'Hercule, semblable à un vaste chêne que le bûcheron vient de couper et à un rocher énorme qui se détache d'une haute montagne , etc. , etc.

Le po'éme des Ombrages et des jours d'Hésiode, je me hâte deledire\ est sans contredit son meilleur poëme ; mais est-il digne de tous lés éloges qu'il a reçus, et que, sur la foi de quelques maîtres, on lui prodigue encore? peut-il autoriser à le comparer à Homère, à faire dire ou répéter quUl a servi de modèle à Virgile? Je suis loin de le croire , et je vais -tâcher d'en faire juge le lecteur, en lui mettant sous les yeux la notice de cet ouvrage géorgique.

J'avais d'abord disposé cette nolice d'après

Affical. des Grecs. I 3

l'ordre que j'ai suivi pour les œuvres d'Homère; mais j'ai promptement reconnu (ju'avec le désir le plus sincère de produire le poëme d'Hésiode, il me serait impossible de le faire avec méthode, de suivre des séries agronomiques sur les choses les plus essentielles qui com[»osent un ordre d'agriculture. Je n'ai plus hésite quand j'ai vu que ce chantre n'a pas même parlé des engrais qui favorisent si puissamment la fertilité. Cicéron avait mieux jugé Hésiode que Pline; car il fait observer que le chantre d'Ascrée n'avait pas même compris dans ses préceptes l'art de fertiliser la terre par les fumiers (i) ; il a gardé le même silence sur le cheval, qui brille d'un si grand éclat dans Homère ; tant d'oublis, d'incohérences et d'erreurs m'y ont fait renoncer. Je vais lâcher cependant de rendre le plus fidèlement que je pourrai, l'ordre et les pensées du chantre d'Ascrée; j'ai pris cette détermination par respect pour la gloire d'Homère, auquel tant de po'ètes et d'érudils osent le comparer; je n'ai négligé, du reste, aucuns des

{t) De uCililale slercorandi... de quà Hesiodus ne verbum quidemfedt. (Cic.)

( -95) traits qui décèlent du gt'nie dans Hésiode, et qui se rapportent à l'art de cultiver, ou à l'histoire qui m'occupe. ■ >

Je réclame de l'indulgence pour cette notice ; car le poëme des Ouvrages et des jours est très-difficile à traduire et trop souvent à comprendre; il est d'ailleurs immensément chargé de détails superflus et de répétitions fatigantes; mais, dans le doute, j'exprimerai toujours le sens le plus favorable au poète. Si, en poésie, il y a un ouvrage dont on puisse dire qu'il ressemble à une marqueterie, c'est bien celui d'Hésiode ; car on n'y trouve point cet esprit d'ordre des bonnes compositions , ces premiers jets d'inspirations, ni une sage et belle ordonnance, qui caractérise, avant tout, les vrais et grands poètes. Je prie le lecteur de faire quelque attention à la composition même de cette notice , car on pourrait croire, en voyant tant de transitions disparates, qu'il y a eu de ma part des omissions affectées; le poète d'ailleurs a eu des traducteurs ; on peut les consulter ; et je ne pense pas, qu'ayant à donner une notice historique du po'érae d'Hésiode, il soit possible d'en composer une qui soit plus juste et même plus favorable.

LES Ol^VKAGES ET LES JOUKS d'hf.SIODE,

y> (Extrait.)

'L'invocution est lemarquable : je la copie, parce que des hellcnistes anciens et des érudils modernes ont reconnu presque unanimement qu'elle élait l'ouvrage d'un étranger; et, s'il m'est permis dedonnermon avis, je pense qu'elle est infiniment postérieure à l'âge d'Hésiode. Il y a dans cette invocation un ensemble qui fait un contraste frappant avec le style et la marche du poème. " Muses , accoutumées à chanter la gloire , M je vous invoque; célébrez dans vos hym- « nés le grand Jupiter, qui , des célestes n demeures, élève ou abaisse selon sa vo- « lonté les mortels de toute condition ; qui « confond aussi facilement fliomme superbe a ou célèbre, qu'il donne d'éclat à un mor- « tel obscur, et qui punit de même le mé- « chant. O maître du tonnerre! daigne jeter o un regard sur moi et m'érouter; inspire- « moi de sages conseils ; je veux instruire et « dire des choses vraies (i).

(t) Celte ÎDvocation, dans ie fait, est trôs-bellc ; on ne

» Il y a deux sortes d'émulations sur la terre, ô Persa ! l'une est bonne, l'autre est blâmable ; elles varient dans leurs eUets, selon les esprits ; celle-ci enfante la guerre et accroît les discordes; elle est funeste; aucun mortel ne peut l'aimer, mais les dieux dans leur sagesse le permettent. La nuit a enfanté l'autre; Saturne est son appui; l'honmie paresseux est forcé par elle de travailler ; s'il s'anime, il aspire à devenii- rîclie; il se bâte de labourer, de planter et de bien gouverner sa maison.

» Ainsi donc, l'émulation est utile aux hommes ; le voisin qui voit son voisin prospérer, travaille de son côté â se faire des richesses ; le potier et le forgeron s'enflamment de zèle et d'envie; le mendiant est jaloux du mendiant, elle poiîte du po'éte.

" O Persa! mets bien ces choses dans ton esprit; qu'une mauvaise émulation ne t'enlève pas à tes ouvrages ; fuis les procès et les discoureurs ; ce n'est pas lorsque sa maison est sans provisions, qu'on doit fréquenter les

pourrait en citer qu'un |iiiiïse lui con)parer , même datis Virgile.

( '9») tribunaux ou les places publiques, et se mî-- 1er des querelles d'autrui.

« Il ne t'est plus permis de te conduire ainsi désormais ; réglons nos intérêts selon la justice divine; tu as assez flatté les rois, pour faire juger en ta faveur : les insensés! ils ne savent pas combien on est heureux quand on a assez de mauve ou d'asphodèle.

« Les dieux ont caché aux hommes leurs vivres ; et si tu pouvais en un seul jour t'en procurer assez pour l'année, tu laisserais le manche de la charrue sur le fumier, et tu ne ferais pas travailler tes bœufs et tes mulets.

M Pour prévenir les machinations des mortels, Jupiter indigné avait caché le feu à Promélhée, qui l'avait trompé; le fils de Japet l'ayant dérobé de nouveau, Jupiter courroucé lui dit : «Tu rn'as trompe, Prométhée , et tu t'en réjouis ; mais tu as fait ton malheur et celui des mortels , car au lieu de feu , je vous donnerai des maux dont vous serez tous épris, et dont vpus serez esclaves.» Calmant alors son courroux, il ordonne à Vulcain de mêler de l'eau et de la terre, et il manda près de lui les autres dieux et déesses.

«Vulcaîn, soiis les auspices de Jupiter, composa une figure semblable à une vierge timide; Minerve se chargea de la parer; les Grâces l'entourèreiit, et placèrent sur elle divers ornemens; les Heures aux belles chevelures, ta couronnèrent des fleurs du printemps ; Pailas acheva tous les ornemens , et Mercure lui inspira toutes ses supercheries.

« Un héraut des dieux , par ordre de Jupiter, la nnmma Pandore, parce qu'elle était l'ouvrage de tous ceux qui habitent les célestes demeures. Après avoir accompli ce fatal ouvrage, Jupiter donna à cette femme une boîte fermée d'un grand couvercle, pour la porter à Prométhéc. Son frère Epimétliée, ignorant ce qui avait été défendu, et ne présumant rien de mal d'un présent fait par le roi des dieux, remit la boite : à l'instant même , Prométhée éprouva une douleur jusqu'alors inconnue ; car auparavant les hommes vivaient sans peines, sans maladies et sans les maux qui affligent la vieillesse. Pandore ayant ôlc le couvercle, tous les maux s'envolèrent, et de tous les biens, il ne resta au fond que l'espérance.

« Depuis ce temps, la terre et les mortels

sont en proie à toutes sortes de maux, qui frappent sans pouvoir avertir : car tel est le décret de Jupiter.

u Si tu désires en savoir davantage, je te le dirai; mais grave bien dans ton esprit cet arrêt du destin.

" Le premier âge des dieux et des immortels, a été l'âge d'or : Saturne régnait alors. Les mortels, semblables aux dieux, vivaient dans le repos, sans chagrins et sans peines; ils passaient leur vie dans les festins et dans l'abondance; ils étaient chers aux dieux; la mort n'était qu'un dernier sommeil ; la terre produisait d'elle-même toutes sortes de fruits, et chacun, selon son désir, réglait ses occupations.

« La terre absorba cet âge, Jupiter en fit des dieux (démons) ; les bons se chargèrent de guider les hommes , d'observer et de juger leurs actions et de distribuer des richesses : tels furent les premiers rois.

" Jupiter fit ensuite le siècle d'argent, qui n'avait rien de commun avec l'âge d'or. L'enfance durait un siècle, les douleurs survenaient dans l'âge adulte. Les honmies ne pouvaient s'abstenir de se faire du mal entre eux ; ils ne voulaient ni pardonner, ni hono-

( ao"! )

rer les dieux, ni faire de sacrifices: Jupiter les fit disparaître.

« L'âge d'airain survint, et avec lu,i la force, la violence, la guerre et les cruautés; les armes et les toits étaient d'airain : car le fer noir n^était pas encore ; les mortels s'exterminaient; la mort s'en empara, et ils ne virent plus la lumière du soleil.

« Jupiter, dans sa bonté, créa Tâge des héros, du celui des demi- dieux. Thèbes a vu leurs combats pour venger l'enlèvement des troupeaux d' Œdipe ; d'autres ont bravé les abîmes des mers pour la belle Hélène; ils vivaient loin des humains; Saturne est leur roi, la terre suffit à leurs besoins.

« Plut au Ciel que je n'eusse jamais vu le cinquième âge, car je suis né dans le siècle de fer; il n'y a plus de bonheur pour les hommes, ni le jour ni la nuit ; les biens et les maux sont confondus ; l'union n'est plus entre le pèfe et ses enfans. Il n'y a plus d'amis. Les étrangers ne reçoivent plus d'égards de la part des hôtes , les frères mêmes sont désunisr; on ne craint plus la vengeance des dieux; les vieillards n'excitent plus de respect. Le pillage et les injustices ont succédé à la ^pudeur, la calomnie et la sombre envie

r(5pandcnl leurs poisons; tes vertus ont quitté la terre pour rentrer dans le ciel : le mal est sans remède,

K Ecoute , ô Persa ! l'apologue que je fais sur les rois :

« Un dpervîer emportait dans les airs un rossignol qu'il tenait dans ses serres ; il se lamentait. "Malheureux, ditl'épervier, de quoi te plains-tu? tu vas où je te conduis; que me fait ta belle voix? Je te dévorerai, ou je te lâcherai, si cela me plaît. Imprudent! tu oses disputer avec un plus puissant que toi! Puisque tu es vaincu, c'est à toi de souffrir : » ainsi dit l'épervier.

« Toi , ô Persa! sois juste, et ne fais point de tort à qui que ce soit; l'injustice accable l'homme faible, et elle est insupportable aus riches; mais la justice finit toujours par triompher. Le dieu suprême est sans cesse à la poursuite des mechans et des juges prévaricateurs ; it accable de maux ceux qui vivent dans l'iniquité. Les magistrats qui veillent aux droits de leurs citoyens et des étrangers, voient leurs villes et leurs peuples prospérer : pour eux la divine paix est sur la terre.

« L'abondance les rassure, les festins se

( =o3) succèdent; sur les monts, les chênes se chargent de glands, le miel dccoiiic des rochers, les brebis ont d'épaisses toisons, les enfans ressemblent à leurs pères. Il est inutile de tenter des trajets sur les mers, partout la terre se couvre de fleurs et de fruits.

a Le grand Jupiter, au contraire, punit leis méchans; et souvent un peuple entier est victime ; la peste et la faim les tourmentent , les femmes sont stériles ; quelquefois le peuple et le roi se ruinent par des combats sur mer.

« O roisî réfle'chissez à ces maux; les dieux vous voient de près , et il en est plus de trente mille sur la terre occupés à observer toutes vos actions.

•■ La Justice est une vierge auguste : fille de Jupiter, elle est respectée des dieux; et si elle éprouve le moindre affront, elle se relire aussitôt auprès de son auguste père , pour s'en plaindre. Trop souvent le peuple expie les fautes ou les crimes des rois.

« O rois! qui dévorez les dons du peuple, corrigez-vous, et cessez vos injustices; on tend des pie'ges à celui qui en tend , et celui qui en conseille est toujours puni. Jupiter volt (eut, jusque dans le seitr des villes;

mais si on est plus rigoureux que le droit, Jupiter ne le soiifirira pas.

« O Persa! fais bien attention à ces choses ; sois juste , et oublie le mal : c'est la loi de Saturne. Les poissons, les hôtes des forêts et les oiseaux se dévorent, parce qu'ils sont saas justice; mais Dieu l'a donnée à l'homme. Jupiter rendra riches ceux qui diront la Térité publiquement; mais l'homme qui, pardes mensonges, cmpécheralajostice, sera irrévocablement châtié; sa race restera obscure, quand celle de l'homme juste sera illustre dans la postciité ; que de choses à te dire sur cela, insensé Persa! car il est facile de résumer la méchanceté des hommes. Le chemin qui conduit à la vertu est étroit ; mais il est tout près de toi. Les dieux soumettent à de pareilles épreuves ceux qui veulent y entrer; il est long et ardu ; les commencemens en sont rudes , mais une fois parvenu au sanctuaire, tout est facile autour d'elle; le vrai sage est celui qui pense ainsi , ou qui en étant averti, suit ce conseil; mais celui qui pense autrement, est au moins inutde.

Il Toi , ô Persa ! n'agis que d'après ce précepte ; la triste faim n'approchera pas de toi ; Cérès couronne les travaux; car la faim est

toujours sur les pas du paresseux ; les dieux s*en indignent; il ressembla au limaçon, qui consomme, sans bouger, le miel des abeilles. Pour toi, ne fais rien que de convenable, et tu rempliras tes greniers.

• L'homme laborieux devient opulent ; il en est plus cher aux immortels, car ils haïssent fort les lâches. Le travail honore; la paresse est une honte ; si tu travailla , Persa , tu seras en exemplç; la vertu et la gloire accompagnent la richesse ainsi acquise, et tu seras semblable aux dieux. Travaille, ne t'occupe pas d autrui, et, comme je te l'ordonne, songe k te procurer des vivres.

« La timidité qui sert et nuit tant aux hommes, sert mal le pauvre ; avec de la hardiesse, on devient riche ; pourtant il ne faut rien ravir. Les dieux ont doué les femmes de beaucoup de pudeur.

« Celui qui devient riche par violence ou par de méchans discours, comme on en voit tant aujourd'hui, et qui, séduit par les attraits de la richesse, a préféré Timpudeur à la pudeur, les dieux le punissent, sa famille diminye , et il n'est riche que pour un temps.

« C'est un crime de maltraiter un étranger ou un pauvre, d'usurper le lit de son frère.

de moditcr un adultère, de tromper des orphctiDS, d'offcQser son père : Jupiter punit de tels crimes.

K Mais toi, chasse ces criminelles pensées de ton esprit; fais des sacrifices âux dieux selon tes moyens; sois juste et pur, quand tu feras brûler les cuisses de tes victimes ; fais des libations; répands des parfums le soir quand tu te couches et le matin quand tu te lèves, afin que ton cœur et ton esprit soient calmes; te conduisant ainsi, tu pourras acheter le champ d'un autre, et ne jamais vendre le tien,

" Invite des amis et jamais des ennemis; préfère ton proche voisin pour ces invitations, car quand il survient un accident, les bons voisins accourent sans s'habiller, tandis que les parens perdent leur temps à mettre leur ceinture; autant un bon voisin est précieux, autant un mauvais est fâcheux; ton bœuf ne périra jamais que par un mauvais voisin. Sers-toi toujours d'une bonne mesure, quand tu vends à tes voisins, ajoute même à la mesure, si tu le peux. Ne cherche point des gains honteux, ils sont toqjours préjudiciables. Aime ceux qui t'aiment, et ne recherche point l'homme qui te porte envie.

Donne exclusivement à ceux qui te donnent; ce n'est pas l'usage : celui qui donne de bon cœur se réjouit, mais celui qui ravit par impudeur, telle modique que soit la chose, livre son esprit aux remords. En ajoutant souvent de petites choses à ton avoir, tu deviendras riche, et tu ne sentiras jamais les horreurs de la faim ; ce qu'on a chez soi n'inquiète plus , tandis qu'on peut perdre ce qui est dehors. Il est sage de s'occuper du présent ; on se tourmente pour les choses qu'on n'a pas : réfléchis bien à toutes ces choses.

« Sois toujours juste envers un ami, observe-toi quand tu joues, même avec ton frère, La crédulité et la défiance sont également nuisibles; défie-toi des agaceries de ta femme, quand tu t'habilles, car s'abandonner ainsi à la femme , c'est comme si on se confiait à un voleur.

« Un fils unique doit être préposé à la garde de la maison paternelle ; l'opulence y naîtra; et vieux encore, le père aiu"a des enfans. Jupiter se plaît à enrichir les nombreuses familles : si tu désires des richesses, conduis-toi ainsi.

" Auleverdes pleïades, comraenceà moissonner; quand elles se couchent, il fau! la-

bourer; elles disparaissent pendant quaranic jours et quarante nuits. Quand l'année est révolue, prépare tes outils: c'est la loi du laboureur, comme elle est celle des raarîns qui partent pour les pays lointains.

« Sois nu quand tu sèmes, quand tu laboures et quand tu moissonnes, si tu veux faire accomplir les dons de Cérès ; veille à la maturité de chaque chose, pour ne pas t'exposer à aller emprunter chez les autres : crains les reproches. Travaille donc, ô Persa! les dieux l'ordonnent, de peur d'être forcé d'aller mendier avec ta femme et tes enfans ; tu pourras obtenir une ou deux fois; mais si tu reviens, attends-toi à des refus, malgré tes belles paroles. Je t'ordonne donc de payer tes dettes et d'éviter la faim. Il faut d'abord te pourvoir de bœufs de labour, et l'attacher une femme non mariée poursuivre les bœufs. Prépare à la maison tous tes outils, et ne l'expose pas à recourir pour cela à (on voisin. Le temps passe vite ; n'attends pas au lendemain , car qui fuit le travail, ne remplit jamais son grenier; l'activité, au contraire, accroît la richesse. Le temporiseur est toujours pauvre.

n Lorsque le soleil est à son déclin, Jupî-

ter agite le corps humain, qui est plus à Taise, parce que le soleil n'échaHffé que par intervalle; mais on est plus souffrant dans la nuit.

■f Quand la terre se couvre de la feuille des forêts, souviens-toi que c'pst la saison de couper des bois pour les harnois ; tout ce qui se coupe alors est moins sujet à se gâter. Coupe un mortier de trois pieds et un manche de trois coudées : un essieu de sept pieds , c'est la juste mesure; s'il a huit pieds, tu y prendras le maillet. Pour un chariot de dix palmes, il faut des jantes de roues longues de trois : coupe en outre plusieurs pièces qui soient courbes. Quand tu auras trouvé un chêne qui t'offre tout disposé le soc et le manche de la charrue, hâte-toi de l'emporter à la maison; ce bois résiste mieux à la force du bœuf, surtout si le laboureur fixe la dentille au timon par une cheville de bois d'olivier. Aie toujours deux bois de charrue disposés, afin que si l'une vient à se briser, tu en trouves une autre de suite ; le manche doit être de bois d'orme ou de laurier, et la dentille de chêne , la partie inférieure d'yeuse.

« Les bœufs de labour doivent avoir neuf

Agtitul. iei Grtc, )4

ans; ils sont. plus forts, mieux exerces, et iU ne se battent plus dans le sillon.

« Le laboureur doit avoir quarante ans; quil trace des sillons bien égaux; il est propre, en outre, à bien ensemencer, afin de ne pas semer deux foi« : c'est un désir qui occupe la jeunesse. .

« Observe bien le passage et la voix des grues : elles annoncen^t la saison du labour et les pluies de Tautomne. L!ho«nme qui n*a pa& de bœufis.de labour, gémit dans son cœur; toi^ soigne bien les tiens; il est aisé de dire : Préiez^-moi des hmùfs, mais on peut les refuser.

« L*bomme opulent dédaigne ces précautions ; rinsensé ! il ne sait donc paa qa*ij jr a cent sortes de bois à faire des chars et des charrue$.

« Dès que la saison du labour est vernie, il faut que toi-même et tes* serviteurs,^ vous vous mettieaj tous à. l'œuvre; le la'bdur du matin est propice ; défriche au printemps. 3i tur.e^ends tes sillpns, à latKomne tu rempliras tes greniers, Si )a surface d'uq^ novaie est qn pQU3sièjre, Xie crains pas les imprécations, ni la faim pour tes enfans; adresse ta prière à Pluton, à Cérès^ en mettant la n^in

à la charrue. Qu*un jeune serviteur s'occupe à chasser Jies oiseaux, les blés en seront plus be^ux.

« Songe alors à ôter Tes toiles d araignées de tes vases ; tu seras joyeux.de les remplir. Riebç, tuarrîverasaihsrjusquau printemps.

Le labour d'hiver donne peu de gerbes ; peu envieront ton sort en les voyant porter. Jupiter aura détourné ses regards de ton champ ; mais si tu sèmes tard, il en sera tout autrement.

« Lorsque le coucou vient réjouir la terre, Jupiter alors verse d abondantes pluies.-

« Que. le labour ne cache pas la corne du pied du bœuf;. le second labour en sera plus égal. Observe bien toutes ces choses, et le cours du printemps et des pluies des saisons. Quand le rigoureux hiver retient Thomme , laisse libres las forges et les ttivernes ; alors Thomme prévoyant augmente ses richesses.

Evite la pauvreté et les infirmité^. En vain le paresseux se nourrit d'espéraaces ; il souffre de la faim; il se tourmente, et trame de mauvaises actionfi.

« Au milieu de Tété , dis k tes serviteurs : Faites -'^ous des toits, car Fêté ne dure pas long ^ temps. Il y a des jours funestes aux

bœufs. Crains les frimas <]ue Burée ramène de la Thrace. La terre et les forêts en sont 'opprimées; il arrache les plus grands arbres; toute la forêt répète son bruit horrible, les bétes tcroces mêmes sont épovivantées : elles serrent leurs queues entre les jambes, le poil et la peau la plus épaisse ne les garantissent pas des traits de Borée. La brebis seule , par son épaisse toison . lui résiste. Le vieillard en marche courbé; mais son soufAe ne peut aUeiniire la jeune fille liiergc, qui habite avec sa mère, et ijui ignore les œuvres deVénus ; son tendre corps, toujours propre par les bains et assoupli par l'huile, hii fait braver le plus rigoureux hiver, dans la maison la plus froide et dans les plus trisies réduite.

u il n'y a plus alors de pâturages , le soleil n'éclaire que l'Ethiopie, et il ne fait que se montrer à la Grèce. Partout les bête? k cornes, pour éviter la neige, s'enfuient en grinçant des dents dans les bois. Bans cette saison, toi-même porte un manteau et une longue tunique, et fais passer dans le tissu de longs (ils de laine.

" M els' des chaussures qui soient faites d'un cuir de t)œuFloml)é par le fer. Pour te pré-

server de la pluie, réunis plusieurs lanières de cuirs de taureau, de peaux de chevreaux des premiers nés. Couvre-toi la tête d*une cape, pour garantir roreiile du froid , car sous le souffle de Borée, l'aurore est très-froide. L'air du matin réjouit les champs , * le vent se charge de l'eau des fleuves, et il pleut souvent sous le souffle de Borée ; préviens les intempéries, rentre à ta maison, crains d'être inondé par un orage.

« Ce mois est funeste aux bêtes à laine comme aux hommes ; on consomme davantage^ Les longues nuits viennent au secours des uns et des autres ; règle-toi toute l'année sur la longueur des jours et des nuits , et jus- <iu'à ce que la terre annonce ses fruits. Après soixante jours du retour du soleil, tu verras sortir l'ourse des eaux sacrées de l'Océan , et éclairer l'horizon du soir. La fille de Pandion alors vient annoncer le retour du priti- . temps : taille alors la vigne; c'est le meilleur temps.

« Quand le limaçon quitte la terre pour 'fiQonler aux plantes et que les pléiades se cachent, cesse de travailler à la vigne, aiguise ta faucille, et dispose tes serviteurs à faire moisson.

" Evite de dormir à l'ombre des arbres, dans le temps de la moisson; le soleil alors épuise trop les corps. Hâte-toi de faire tes re'coltes et de les déposer dans ta maison; commence au point du jour, le tiers de l'onvragedoitètre fait à l'aurore: l'aurore avance la marche du voyageur etle travail de l'homme des champs. L'aurore fait mctlre en route un très-grand nombre d'hommes : c'est à l'aurore qu'on impose les jougs aux bœufs.

« Quand le chardon fleurit, et que la cigale par ses ailes fait entendre un doux bruit, les chèvres sont grasses, le vin est excellent, les femmes sont plus amoureuses, les hommes sont infmiment moins forts; les grandes chaleurs dessèchent la tête et les genoux. Il importe alors d'avoir en provision du vin de Biblos, des gâteaux de lait, du lait de chèvres qui ont cesse de ncnirrir, et de la viande de génisse nourrie avec des feuilles, et de celle de chevreau : préfère Je . vin rouge.

" Assis à l'ombre, place-toi de manière à sentir directement le zéphyr; recherche unp \ source limpide; prends y trois mesures d'eau | que lu mêleras avec une de Vin.

« A la première apparition d'Orion, fais

battre tes grains sur une aire bien unie , exposée au vent ; mesure tes grains et tnets-^Ies dans des vases : tout cela étant fait, occupe-* toi de louer un serviteur qui n'ait pas de toit à lui, et une servante qui n'ait pas d^enfans; elles sont ordinairement fâcheuses.

« Nourris bien tes chiens , pour mie le voleur ne profite pas de ton sommeil: Fais provision de paille et de foin pour tes bœufs et pour tes mulets. Laisse ensuite tes domestiques se divertir et tes bœufs errer en liberté.

« Quand Orion et Sirius occuperont le milieu do ciel, et quand Taurore Signalera le retour de Fourse, fais alors, ô Persa! coupertes grappes de raisin ; laisse^les exposées à Tair pendant dix jours et dix nuits; place ta vendange ensuite' dans un lieu sombre et frais : six jours après , verse le moût dans des vases.

« Après la disparition des pléiades et des hyades, souviens-toi de la saison du labour. L'année agricole ainsi &cra bien disposée.

« Si tu désires faire une longue navigation, attends que les pléiades aient fui le fougueux Orion. Crains les luttes des vents ; ne t'expose ^lus à rester en mer, et reprends les occupations que je t'ai prescrites pour la

terre. Amarre ton navire à des pierres sur la plage; prépare les divers agrès de navigation ; suspends le gouvernail à la cheminée. Attends la saison favorable pour remettre ton navire à flot; alors charge-le de marchandises du commerce. Ainsi, mon père et le licD, insensé Persa, manquant du nécessaire, s'emharqua pour chercher un meilleur sort et abandonna l'Elide, ne fuyant ni l'indigence ni l'opulence, mais la honteuse pauvreté que Jupiter inflige. Il se fixa dans le bourg d'Ascra , près de l'Uélicon, et dans un misérable village où l'hiver est violent, l'été insupportable, et où l'on n'est jamais bien. Mais toi, ô Persa! pour tes travaux comme pour ta navigation, choisis toujours un temps propice; préfère une barque à un navire. On met plus de choses dans un grand vaisseau; mais il y a plus de bénéfice avec un petit, quand les vents sont favorables.

• Quand tu voudras faire le commerce, pour fuir les créanciers et la faim , je te donnerai des conseils pour ta navigation , quoique je n'aie jamais fait de longs trajets sutmer et que je n'aie pas construit de vaisseaux; si ce n'est pour aller de l'Eubée en Aulide , où les Grecs autrefois réunirent une

(=■7) si grande armée devant Troie, célèbre par SCS belles femmes.

■ J'assistai au combat du valeureux Amphydamas, dans la Chalcide; l'élite de la jeunesse y proclama des prix; je me félicite d'y avoir emporté celui d'un trépied d'or que je consacrai aux muses de l'Hélicon, qui m'avaient inspiré.

" Cinquante jours après le retour du soleil, la navigation est heureuse, si Jupiter et Neptune sont favorables; car ils peuvent le bien et le mal. Les vents alors laissent la mer tranquille. Empresse-toi de mettre ton navire en mer et de le charger, pour être plus tôt de retour; n'attends pas surtout l'époque de la vendange et les pluies de l'aulomoe ni la première atteinte de l'hiver. Le nottis rend aussi la mer dangereuse.

■ Il y a d'autres indices pour la navigation ; c'est quand la corneille fait de la poussière en se promenant sur ta plage ; c'est encore quand les premières feuilles paraissent aux branches du figuier.

• Je n'approuve pas cependant les trajets en mer, parce que les malheurs y sont trop fréquens; mais l'homme brave tout pour la richesse : il est triste de mourir dans les flots.

« Réfl(?chis bien à ces choses; ne inels point toutes tes ressources dans le navire; fais des réserves chez toi ; car il serait malheureux de perdre sa cargaison, comme de voir rompre l'essieu d'un char plein de denrées. Il y a un juste milieu en tout: ohserve-le bien. « Dans ce temps, fais choii d'une épouse qui ait au moins trente ans; le mariage alors a une heureuse issue.

« La femme doit passer quatre années en puberté; à la cinquième on peut épouser; c'est lemoyen de conserver de bonnes mœurs. Prcière une femme qui demeure près de toi ; prends des informations, pour n'être pas le jouet de tes voisins; car rien n'est meilleur ou pire qu'une femme qui sans feux consume un époux robuste, et le livre promptement à la triste vieillesse.

» Sois respcctueuK envers les dieux ; on ne doit pas traiter un ami comme un frère; mais si on le fait, il n'est plus permis de l'offenser. « Ne ments jamais; si c'est ton ami qui commence, ou s'il se montre ingrat, sonviens-toi de l'en avertir deux fois; s'il se repcnt, pardonne; car le malheur est sacré pour im ami; que ton visage soit toujours serein pour lui.

" Ne te prodigue point pour aller chez les autres. Ne reçois pas trop d'bôtes à la fois ; évite la compagnie desméchans; ne dis jainais de mal des bons; ne souffre pas qu'on reproche à un malheureux sa misère. Le talent de la parole est un grand trésor pour l'homme ; mais combien il faut s'observer ! Si tu parles mal de quelqu'un, tu pourras entendre pire sur ton compte. Sois joyeux dans un festin d'amis, et pour lequel il doit y avoir plus de gaieté que de dépense.

« Ne fais jamais de libations à Jupiter, avec du vin noir, sans t'être lavé les mains; ta prière serait rejetée.

« Garde-toi d'uriner au soleil, si ce n'est après son coucher. Pour cela ne t'arrête pas en voyage; ne marche point le corps nu; car les dieux se sont réservé la nuit pour errer sur la terre. L'homme sage et respectueux envers les dieux, pour faire autre chose, s'arrête dans une cour bien fermée tout autour. Assis auprès du foyer, gardetoi de montrer la moindre souillure. Ne fréquente point ta femme en sortant dun festin funéraire ; tu le peux, si tu sors d'un festin en l'honneur des difCux.

•' Ne passe jamais à pied une rivière lim-

pide , sans avoir invoqué les eaux et sans j avoir fait une ablution ; celui iqui ne le ferait pas serait puni.

« Quand tu es dans un festin sacré, ne coupe point avec le fer, un bois sec , après un bois vert. Ne pose jamais sur la coupe à boire , le vase qui sert à puiser le vin ; il en arriverait malheur.

« Ne prête point sur un immeuble ; cela Ti*est pas bien.

« Ne te baigne point dans une eau d*0H sort une femme; tu dois également " interdire ce bain à Fenfant qui a douze ans révolus, comme à celui tfai a douze mois; car il en serait énervé, et tu pourrais t'en repentir.

« Dans les sacrifices, n argumente pomt contre les rites et les mystères : les dieux ne le souffrent pas.

« N'urine jamais dans un fleuve ni dans une fontaine; garde-toi encore d'y rien faire de pire : c'est offenser les dieux.

« Evite une mauvaise renomntée ; ceHe qui vient rapidement est difficile à garder. La renommée que font les peuples, ne périt jamais : elle est celle niéme que foiit les dieux, n

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