‹ Histoire de l'agriculture ancienne des GrecsChapitre 6 sur 32 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Homérè était essentiellement relî^eux et moral. — Il ëtait en otf-* ti« nn babile observateur pour toat ce qui avait rapport à l*a->

. gricultttre. — Erreurs de Lycurgue et de Solon. — Pittacus, loî de Lesbos, bonore et constitue Tagriculture. —La Grèce soumise au régime pastoralt^Les premières cultures céréales,

~ causes, exceptions. — Lef|premières clôtures, époques. — Les ffùs grecs dotés en biens-fonds. — Etat des contrées qu'Homère signale par des productions agricoles et industrielles. — Homère prend ses grandes inspirat^ns poétiques dans l'ordre physique de la nature. «^ Toute la Grèce, était persiiadée des bienfaits et des influences de Tagricultnre.

mmâ ■

Ok ne peut presque pas douter que les cultes à Cérès et à Bacchus ne fussent organisés au. temps d*Homère; mais, comme il ne les décrit pas dans ses œuvres, il convient d'attendre Tépoque où la description en sera généralement connue, et où toute la Grèce participera à de telles solennités. Expliquonsnous maintenant sur Tagriculture de la GrècCi telle qu^elle était au temps d^Homère. Pour le faire avec plus de succès, il importe de

citer les autorités les plus positives, et de rappeler des faits, afin de laisser à notre jeunesse de plus justes idées sur les origines de l'agriculture, et de prouver en outre, à nos savans, à nos lettrés et à nos poètes, que le premier ou le prince de tous les poêles de la terre, a été un grand agro,nonie.

Une telle opinion excitera infailliblement le rire sardonique de certains lettrés parisiens, jetés par leur goût exquis d^ns quetque& élysées romantiques, et pour lesquels l'agriculture est, plus fortement que jamais, une choçe indigne de leur style et de leur poésie.

Cettf- déclaration de ma part, sur Homère, n'qnt point nouvelle;, car je l'ai faite à haute voix, lorsque je faisais, en 1819, un cours à l'Athénée de Paris, sur l'agriculture des anciens. Elle étonna d'abord quelques auditeurs, ccus-mâmes qui étaient le plus faiHiliers avec les études grecques, et qui n'avaient jamais pensé à faire honneur à Homère de ce genre de connaissances. Un journal qui a perdu son nom à la bataille de la censure contre la liberté de la presse , donnant quelques éloges à l'utilité de mes leçons, brocha, à travers ses éloges, une critique ridicule, sur

Jc t'ait qu'Homère avait été agronome!. Ottc petite mécréance, ainsi publiée, me porta à prier ceux des hellénistes qui suivaient ifton cours, de vouloir bien faire attention aux d^' veloppemens que j'allais donner à ma déclaration sur Homère. Je ne hasardai rien; car, contre l'usage à rAthénée, je fis des citations faciles à vérifier, et j'ai eu la satisfaction d'entendre dire, même à des membres de l'Institut, que j'avais donné une face toote nouvelle à une des belles parties des <£uvrQfi d'Homère.

Si la guerre n'est pas la fille de Satan, e!!» est du moins celle de l'homme ; car elle suit imperturbablement toutes les générafioM ; elle prend toutes les formes que la pei^fersite, les flatteries et le despotisme peuvent inventer, modifier on mobiliser : l'histoire est là pour attester cette fatale vérité; mais elle a laissé échapper une considération, ^e je me fais un devoir d'exposer. Depuis qu'il y a des républiques, tous leurs chefs d'armées, et tous les rois, Xercès, Alexandre, Auguste ou Constantin, et tous le rois chrév tiens mêmes, ont fondé leurs espérances et leurs succès, dans la guerre, sur les ressources qu'ils trouveraient dans les pays en-

tiemîs (i) ; et on ne pourrait ï)â^ dtW Utt scîlfl Etaft oâ OU ait petisé t\\fiè, potïtMtt lai gtiem tet âssùf^ier Isi victoire, it faillait^bi^kiiiént fkvùtistVi pr^té^et et encôttrdger isbn agW^ ctiltui-e propre ♦, il ftr*y ^ pas on seiil roi tj^îi se sioit dit que pd\ir faire Wleh dëfetidre *»6» pays , il fallait se fcrëer une patHe, et là'fâir^ flirter; afin d avoir des homnies fôHà « dévoués. •'

Lé fils dé PhiKppc n'feût pas erivàfeiilà Thefssàlîe , ila l^el^^ et rÂsiëV'yi i^h p«yj^« Ti'èbssem pâ>s ^été des esttâve^ tjniîori ttrfseitth Maît iitï fiitoietà là riiftirfV>ét îsi «ohatftte 'Chef 4^

ïaBfiiné ap|)élé à eombâitrfe le Màeédonieû^j kv^it'^ âi ééfe^ï'e ^s péiiâ^es, fifa.Sàïïiilfëi ses tfeawps^^t sëî th^peëû^^^

Les tégislWétii^^ li*bnt pas' été plti^^^ges que les rois et les tyrans. Ly'^tti»gtie ;■ ^^sk ê'^ Mpg royal, mettait i^ti premier vâng des Verttts civiques le ^our*ge etTadress«ià £aiire la ^rre ; et ; pàreeqli'it voulkit àfi^surér

. (i) « Qfi trouTiÇfOQ^nnouS:, disaient J|e9: sages lieu^enans de Xercès y de quoi faire vivre une si grande masse 4*l^>mmes, de femmes et denfans? —Tranquillisez-vous, leur Oit le roiy^nous anoiis dans un pays qui est ncne, &. cultrvfi^iack^fàb.»

sa domination personnelle, il faisait tenir la jeunesse de Sparte sous les armes ; il la livrait continuellement à des exercices rudes et pénibles. Pour entretenir et animer sans cesse cette éducation martiale, il avait permis et honoré le rapt, ou par les armes ou par la ruse. Le caractère léger et entreprenant des Athéniens, d'autre part, l'importunait. Pour se mettre en contraste avec leur civilisation, déjà renommée, il organisa un système de liberté farouche. Il lui arriva cependant après son voyage, purement politique, de dire en place publique qu'il avait vu avec plaisir des blés superbes en Laconie. Il lui échappa même de faire observer que cet étal de l'agriculture était dû à la sagesse de ses lois; mais il était plus vrai qu'on le devait à son absence.

Solon, qui n'ignorait pas la haine publique des Lacédémoniens contre Lycurgue, adopta des principes tout contraires ; mais ils ne purent assez prévaloir chez un peuple qui aimait la guerre, qui ordonnait l'esclavage, et qui recherchait avec ardeur les plaisirs des théâtres et les disputes des écoles.

Pittacus, contemporain de Solon, fait une exception si rare dans toute l'histoire de la

( '5 ) Grèce, qu'elle mérite d'être rappelée en lête d'une histoire de Tagricuiture de cette contrée. Après avoir triomphé glorieusement d'Athènes et de son tyran, il se détermina à déolarer libres tous les hommes et tontes les familles de Lesbos : il en fit des propriétaires et des agriculteurs; et cette petite île devint, en peu de temps, un boulevard inattaquable. Digne apôtre de Cérès, il donna le premier l'exemple, en s'adonnant lui-même à l'agriculture; il ne dédaignait pas de tenir la charrue; chez lui, on le trouvait souvent occupé à tourner la meule. C'est à cette occasion qu'on répétait, en Grèce, une chanson qui consolait les esclaves condamnés à ce fatal métier. Les flatteurs des Denys et de tous les tywns ont fait surnommer Pitlacus le roi meunier.

Au temps d'Homère encore , les divers territoires de la Grèce, comme ceux des Gaules, étaient soumis au régime pastoral : cet ordre de chose était commandé pour suffire aux besoins de la viande, qui composait les quinze-vingtièmes de leur nourriture habituelle; il était nécessaire encore pour satisfaire aux hécatombes oukiliombes ordonnées par les dieux ou par les rois.

. La ;gralide colonie , des . Egyptièm y arait iait..c^nBt^îUfe ^H ést.vrdil la ciiliufè du frâ-** ment et de Toxge; znaisiËllûiy.'fiitlQDgrteiripi Irédiiite âùk ritiés. des saanfièei-^ poér ;lë^-i> quels : H ^iétak .de. iàgaâ ur U e : j e terN de lorgë iw là VÊle des Tidtimiss.Iié& Grées,, sains d^ipte; B^étaiént pas dés niangeun^ de chair^ comiiiv Jes Scythes, les Phrygiens etles Paphlâgô^ riienâ;.ihais, cômitiehou^Ie.verroii'sbiciritâ^i eU^ Gom|xosatt.encare ^ ^au. temps dê^la guerre de Trdie, la grande eu mb'jeure ^Ttijs deé •viirres hâbitoeis. . ;> * '

'^X/Attiqué et les pays mtmtuetix se. sont ooofanés les premiers à là iéùlttire désicët^êrles et de la Vigtt^.^eslfai-in^s'ettè9'¥itis ^i^aièlft déjà, dailièurs, %iiiie» h^ai^ié^ke ^iVetfeîôh «i«it ress6ûtces des immoliaiidflÀ. lia "fiéce^itë <it changer les habitudes : les rois et les saxîer^ docês f4ii*ent les premier^ âl oh^rôher des "iri^res stippléttietitaifes ^^an^i la c^t^ë ^eë :ci^rëa!es., Les.^^ceptkygys Ml régWàte no»tqder.des4roupeâ»ui, danl» 1^4 p^ragéd co^m^ lÎMins^ )n?avaieM dabdrdf été ied^nféré^^ ^d'^Ux sa<:ërdDce>s^ dôni^ lie» terres , d;E«M les \ïeû% kfs plus riches^ et 1^ plus ifertilefe; eomi^osavent ct& 4|tt'otinommaîi| 1^^ éomàîMèOtrâvhk cause première fttt te l><?Soin d« Torge pôU^

les sad*ifioe6 ; '1h setcmê^fàiéè ^Sm^^^tet^ glëeisrâe$ pottiDifé lie tèFr9iki^q(i*^iiiiuitrt«it

éës McicAiieÈ^j h^rhA^M men itiéthé Idée dléûi et idfe la patrie. ' >' ' ^' : ;?

foUiiî?, bilèdlJW? ttp^èfe; t«è»tt*ilcOt» 4 4*: toi «fbtft'^

itigriùH ïQQiObmÛK^'M j 'tfè^ une ptk^hi^^û émxûktiùn ^<ô%i?crttlv0r tevïgtte i tcfe ftit'^«si

autour des domaines des rois et d^^irigttèl

qui fot pne^iso^tèr^dd véfotbti^iyt^xibri» ^cagi^l-^ tol^kte deB'Gt'ëc&.^'-'i"'^- ;: '•!» 'f^-î "-• '>^J'''- ' Batiisi la pkrs >faaut<; imtiq6ité,'^^4ei$ peu|>lès dôfkiiàlheilt à lëors i^^^liit dof^atiïe^f^rali lié^ ^ëtûiétÈ Fraiiti où Sicartibif îîi^ ^ti bht fait

Mt&tit; et Oê ti*e^t 'qix^^h dit^ritSUViènlê'Sièd>é

que te ^bbse et le m6t s'efl ^ffot^toitit da«ii^ rk&ltlé ytf^tâiré r <:ê< dohiaiiie iléVâk l^uffine à chaque itiV^rec: ^: des'dircohstdnee^extt^di^ liBiialMs néeèttfit^iént pliiS; àe^t^penses^, mi farisait sur le pefupi^iiiiis réf&rtâiion par téfce : ce qiiiK^ fit >Alb;rrifij^i péNih;!cduvrir' les dé^

penses qull avait faites en recevant Ulysse.

Dans les pays de plaines, nt^anmoins, dans toutes les contrées fertiles et herbeuses, la loi nationale sur le pâturage commun était rigoureusement observée; les sacerdoces et les magistrats avaient grand soin de la maintenir ; il y avait mémo des lois pour conserver incultes des parties du domaine sacré : c'est la transgression de cette loi spéciale qui causa la guerre longue et terrible que firent les Thessaiiens aux Phocéens, qui avaient défriché une partie du domaine sacré : cet usage a été commun aux Gaulois et aux Hébreux.

On doit croire facilement à une grande dépopulation en hommes et en troupeaux, à la suite de tant de guerres, d'exterminations et de ravages. Au temps même du siège de Troie, les chefs des nations étaient obligés, pour faire vivre l'armée, d'aller enlever au loin des troupeaux. Ces enlèvemens étaient considérés comme des victoires : Nestor luimême se vantait d'en avoir fait. Il est impossible, sans doute, de préciser l'époque où les Grecs se sont adonnés généralement à la culture des céréales : je dois donc me borner à coDsidérer l'étal de l'agriculture, selon et

d'après les œuvres d'Homère; mais les preuves que j'y trouverai se confirmeront dans la suite des temps, et d'âge en âge.

Je ne peux mieux commencer l'histoire de l'agriculture des Grecs, selon Homère, qu'en mettant sous les yeux du lecteur les mentions relatives que ce chantre a faites dans ïl/iade et l'Odyssée. Je le fais ainsi, i° parce qu'on dit et répète, dans les collèges et dans le moïide, qu'Homère était aveugle, quand nul mortel n'a mieux, vu et observe tout ce qu'il décrit; 2° parce que des fatrassiers ont nié son existence, afin de faire hommage de ses deux poëmes aux rapsodes du temps ; il est pénible de faire observer que cette imputation a eu pour partisans des érudits d'académie ; 3" parce que le tableau suivant prouve manifestement qu'on peut être grand ou sublime poète, et descendre en même temps à des observations qui tiennent à l'agriculture et à tous ses rapports; 4° parce qu'enfin il est une preuve que toute la Grèce antique tirait sa force et son indépendance des choses qui constituent une véritable agriculture.

La Phthie, patrie d'Adiiile, prwiuit des géniïses, de» chevaux, du fromenl, des fruits. {Ilind., 1. i et 9.)

La Phry^de donnée à C^rèai oar Jupiter, à cause de sa fertilité. (Id.],/

' Ittoque , pk^s i^, ^iùgràt 'et liooDtiiMx. ('iUJ) ' ' IViècîe, esèèâenté uttiiinîcé'pdBr k» 'jeunes* ^etaiiR;

L^qe, opulente par ses cbapipfQUJitiT^. (/iç^.^ L 6içt;i6») Thèbes THypoplacienne, couverte de forets. (/rf«, 1. 6.) Lemnos, abondante en vins. (Id., 1. 7.) Hîre, ilièrbeuse. (/i., L 9.) Anthëey renommëe par ses p^fon<ie8'j[irairiës. (i/^f.y Vithoi, hf^rÂaBâs.tb ffochecs épurs. ^Id.) ÇyîÇ6y«»bjçn|içuse. (/<<,) :.,..., .

. liQsbos, l'industrieuse* (/û(.} Mëonie, célèbre par l'art de combattis à obevaL (Id.,^

Page 1