‹ Histoire de l'alchimie, XIVme siècleChapitre 11 sur 50 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Flamel reconstitue sa fortune. — Don mutuel. — Edification d une arcade au Charnier des Innocents. — Le petit portail de S. Jacques de la Boucherie. — La Croix d'or hermétique. — Mort et testament de Pernelle. — Son mausolée.

Flamel étant parvenu à préparer la Pierre philosophale, n'avait plus rien à désirer. Nous avons vu qu'il

NICOLAS FLAMEL

ne cherchait que la science, maintenant il la possède, peu lui importe le reste. Sa passion pour l'alchimie est tellement modérée par sa piété qu'il ne fit que trois fois la transmutation dans sa vie, outre les deux premières qui n'étaient que de simples essais, et encore, l'or obtenu sera employé en fondations pieuses, à peine si Flamel placera des rentes sur quelques maisons pour pouvoir vivre à son aise le restant de ses jours sans être obligé de recourir à de nouvelles transmutations. Car sa fortune avait été fortement ébranlée par ses recherches hermétiques, les produits nécessaires s' extrayant de l'or et de l'argent (voir : Théories ei Symboles des Alchimistes) comme d'autre part on perdait toujours en essayant de régénérer les métaux employés dans les manipulations, si nous ajoutons à ces dépenses fondamentales l'achat des manuscrits, des appareils de verre, du combustible, des fourneaux, etc., on comprendra que de telles dépenses, continuées pendant vingt-quatre ans, avaient dû endommager la fortune de Flamel. Aussi s'étant marié sous le régime dotal et sa fortune personnelle étant près d'être épuisée, il s'était adressé à Pernelle, et celle-ci par amour pour lui, confiante dans le succès de ses recherches, voulut bien mettre ses biens en commun avec ceux de son mari, mesure dont Flamel

NICOLAS FLAMEL

seul profitait. Cet acte est daté du 7 avril 1572 avc.nt Pâques. Il est rapporté tout au long dans VHisloire de l'abbé Villain, accompagné de beaucoup d'autres dont le texte nous intéresse généralement fort peu. Il nous suffit de savoir que l'acte a eu lieu, et le lecteur reste froid devant cette kyrielle d'actes par devant notaire, écrits en quelle langue ! L'abbé n'en a pas moins cru devoir en remplir cent pages de petit texte. C'est en vérité fort réjouissant.

Ce don mutuel fut renouvelé le 10 septembre 1386. Une clause de ce renouvellement nous intéresse, en ce qu'elle montre combien était grande la piété des deux époux : « Et oultre ce, vouldrent, ordenerent et accordèrent les dicts mariés, l'un à l'autre, que le dict seurvivant dernier morant(i), puisse donner, aumosner et dis- ^ tribuer, sain ou enferme (2), par son testament ou autrement en son vivant comme il lui plaira, toute la partie et portion dudit premier morant, de tous les dis biens meubles et conquès immeubles à telles personnes, Religieux, Eglises, povres et misérables personnes, conjointement ou en à part, ou convertir à faire célébrer messes, ou autres

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