FAITS ET RENSEIGNEMENTS DIVERS
Nous avons réuni sous ce titre divers objets spéciaux, soit sur Tétai général de ia colonie, soit sur les notions usuelles des choses pratiques, que pour ne pas scinder la relation des faits, rous avons ou effleurés à peine, ou passés inaperçus dans le cours de l'histoire de TAfrique-Francaise.
Tarif des moimaies de F Algérie comparies à cdla de Fnnoa*
Le sultan d'Alger (monnaie d'or), vaut 8 fr. 40 cent.
Le zond-boudjou ou piastre d'Alger (monnaie d'argent), vaut 3 fr. 80 cent.
Le rial-boudjou , unité monétaire, pesant terme moyen 10 grammes, vaut 1 fr. 86 cent.
Le bouc^jou de Tunis 90 cent. ; à Tunis il n'en vaut que 75.
Le realdram 70 cent.
Le pataque-chique ou piécette ancienne, 62 ce::f .
Le rebiah d'Alger 50 cent. •
Le rebiah boudjou (pièce neuve) 46 cent. 50 mîlf.
Le temin-boudjou (demi-pièce neuve) 25 cent.
Le double mouzonne 15 cent. 50 mill.
Le mouzonne (monnaie de compte) 7 cent. 75 mîlL
Le quaroub (billon) 3 cent. 87 miÛ.
La demi-pataque-^hique 31 miil.
Monnaies de Maroc. — Depuis que, par ses frontières, la France touche aux frontières du Rlaroc, la monnaie de cet empire se répand dans les possessions françaises. En ifoici le rapport exact avec celle de France et celle d'Espagne :
Le bandqui d'or vaut 2 duros ou 10 fr.
Le bandqui d'argent 13 réaux de veillon ou 2 fr. 1 cent.
Le flous de cuivre 4 maravedis, 8 deniers.
Il ^ a en outre au Maroc des monnaies imaginaires, comme le blandquio qui vaut 12 maravedis, 10 cent., et le demiblanquio qui en vaut 6 maravedis, 5 cent^
voidff et Mftsaredi.
Mesures de capacité. — Le sàa de biè vaut i 06 kil, (enviou 60 litres).
Le saà d'orge 80 kil.
Le saà de sel 135 kil.
Le kolla pour l'huile, 12 litreb.
Poids d'épicerie et menues denrées. — Le rotl-^tlarî vaut 530 grammes.
Le rotl-kheddaier, pour viande, légumes, pain, 1 kil. 5i0 grammes.
Le rotl-saari , poids pour l'or, l'argeut^ les monnaies^ 600 grammes.
Mesure de longueur. — Le pic turc vaut 636 mètres. Le pic arabe 500 mètres.
Le rob est le huitième du pic.
Friz des denrées et objets usuels^
Pain, 1 kil., 40 cent. —Id. 2« qualité, 30 cent.— Pom^ mes de terre, 100 kil., il à 12 fr. — Riz, 100 kil., 49 fr, 37 cent. — Haricots, 54 kil., 14 à 20 fr. — Viande, le kiL^ 80 cent. — Sucre, irf., 1 fr. à 1 10 cent. — Café, id.^ 1 fir^ 20 à 1 fr. 40 cent. — Vin, la bordelaise de 220 litres, 60 tu
— Sel marin, 100 kil., 7 fr. — Œufs, le cent, 10 à 12 fr.— Lard, 100 kil., 65 à 70 fr. — Morue, 54 kil. 18 à 20 fr. — Graisse, irf., 68 à 73 fr. — Huile d'olive comestible, le litre, 1 fr. 40 cent à 1 fr. 60 cent. — Le beurre est fort cher et d% mauvaise qualité. — Huile à brûler, le litre, 80 c. à 1 fr. — Porc salé, 100 kil., 70 fr. — Fromage de Hollande, trf., 75 f;
— Fromage de Gruyère, irf., 65 à 70 fr. — Bois à brûler, 100 kîl., 4 fr. — Charbon de bois, te/., 12 fr. — CharboBi de terre, irf., 5 fr. 60 cent. — Tabac, id., 167 fr. — Fers, irf., depuis 22 fr. jusqu'à 55 fr. — Savon ordinaire, 54 kil., 34 fr. 50 cent. — Savon noir, id., 32 fr. 75 cent. — Cire, l6 kil., 3 fr. 40 cent.
Prix de coastracUon d*ti0 b&timMf ffilStploitailûn [1]* Bâtiments nécessaires, — Les usages reçus pour battre et
t) Ces reDseignemcnU, flur rexactitndo rtf^sqitHf of^ r^^t
serrer le grain et la paille dispensent de grange ; les étables - peuvent être écartées momentanément du moins, tu le climat et les habitudes des bestiaux ; mais il faut une cour bien close pour les y enserrer la nuit : le long des murs on pourra leur ménager des abris ou hangars si on le juge convenable. Il faut de plus une maison ou Ton puisse loger le directeur et les gens de l'exploitation, et emmagasiner les denrées, les produits, etc. Nous calculerons donc pour le strict nécessaire des premières années : une cour de 50 pieds sur chaque face, fermée de trois côtés par des murs de 10 pieds de haut y compris les fondations, et de l'autre par une maison à rezde-chaussée occupant toute cette longueur et de 15 pieds de profondeur; on aurait ainsi largement de quoi commencer, et les murs d'enceinte sont assez haut, non-seulement pour protéger, mais pour élever des appentis quand on le juge à propos.
Prix des matériaux. — Toutes ces constructions comportent 181 mètres cubes de maçonnerie, et 10 stères 8 de charpente. L'extraction de la pierre coûte, aux environs d'Alger, 2 fr. 50 cent, à 3 fr. le mètre cube. Cela peut s'élever si l'on s'éloigne et s'il y a un découvert considérable à exécuter; dans l'incertitude de la localité nous prendrons le prix le plus élevé, 4 fr. par mètre cube. La chaux prise sur place vaut, au plus, 30 fr. le mètre cube, et dans plusieurs endroits on la vend à 28 fr. La terre rouge dont on se sert au lieu de sable pour le mortier, ne peut revenir pour l'extraction qu'à 50 c. le mètre cube. La brique vaut 35 fr. le mille ; le bois de charpente en sapin vaut 50 fr. le stère, mais il augmente un peu quand on choisit des pièces de longueur comme une poutre, par exemple ; le cent de planches de 4 mètres de long vaut 150 à 160 fr. La tuile vaut 70 fr. le mille : ce sont des tuiles rondes qui se posent sans lattes. Voilà pour les matériaux.
Prix de la main-d'œuvre. — En calculant la journée du maçon à 6 fr. à cause de l'éloigneraent , on peut placer le orix du mètre cube de maçonnerie à 5 fr. ou 5 fr. 50 c. de
façon. La façon de la charpente vaut 30 fr. le stère. Un four vaut 100 fr. de façon : les croisées et les portes avec leurs cadres coûtent 10 à 12 fr. le mètre carré, bois et façon compris, etc., etc.,
Prix du mètre cube de maçonnerie. — Il est facile main« tenant d'établir à quel prix revient le mètre cube de maçon* nerie ; tout compris, il faut :
'Jn mètre cube de pierre. ..•.*... 4 fr. «« c*
1/2 mètre cube de terre rouge a 25
1/16 mètre cube de chaux 1 85
Façon de maçons 5 50
Chaux et terre pour recrépir ï SO
Transport de la pierre, chaux terre rou^, par* tie par les voitures de l'établissement, partie par d'autres . . . . • 4 90
Total du mètre cube de maçonnerie . . 18 fr. «« c. Cette somme de 18 fr. est supérieure aux évaluations faites par l'administration qui, dans ses devis, ne porte qu'à 15 fr. le mètre aibe de maçonnerie. Nous avons dit plus haut qu'il fallait 181 mètres cubes de maçonnerie : à 18 fr. l'un, ils forment une somme de 3,258 fr. pour toute la construction.
Prix de la charpente. — Chaque stère de charpente à 50 f. d'achat et 30 fr. de façon, vaut 8o fr., soit pour 10 stères 8 que nous avons consignés, 864 fr. Mais il faut ajouter à cette somme : 1® Pour le transport qu'on ne pourrait exécuter avec ses seules voitures, nous mettrons 10 fr. par stère, tant pour le bois que nous ferons transporter que pour celui que nous mènerons nous-mêmes, l'un cmpensant l'autre; 2® pour le débit des petits chevrons en biseau destinés à supporter les tuiles ; 3® pour quelques pièces de charpente qui coûteront plus de 50 fr. le stère et les déchets. Nons mettons donc pour la charpente une somme totale de 1 , 1 00 fr.
Toiture. — Pour 160 mètres carrés de couverture, il faut
«ntiron 6,5(H> tiules qui, à TO fr. le minier, feilt 455., phn pour le transport des tuiles , les fie^tières, etc. , 133 fr.
Avec ]$. pose, à 50 cent, le mètre, 685 ftr« ) Total pour la toiture, 688.
Pour planchéier le grenier de 70 mètres carrés, fl faut 90 planches qui, avec leur pose et transport, ooAtoront 100 fr« Voici maintenant le résumé de ces déprasess
Tctatdêlaconstruction.
Maçonnerie •••••• v v v 7 v v v •• S^CSS fi.
Charpente •^•«. i,100
Toiture • 668
Planche. ; . • • . • 800
Total pour les b&thnents tout net, y compris wu* lement les divisions intérieures • « • 5^470 fré
Arrangement intérieur. — A cette somme nous ajouterom 3)530 tCé pour les arrangements intérieurs, tels que cheminées, fours, carrelages, portes, fenêtres, ferrements, etc., pour dépenses imprévues, insulBsance de devis et accidents. Os arrive ainsi à un total de 0,000 fr. pour la construction en* tière d'un grand établissement. On peut avec ces données^ faire un devis spécial pour les constructions moindres.
Construction en toiles ou en pisé. — Si on se trouvait dans l'impossibilité d'avoir de la pierre à portée, ce qui arriye asiei fréquemment dans la Metidja, on aurait plusieurs ressourœsi soit au moyen des tobleS, qui sont formées avec de la terif mêlée de paille hachée et détrempée d'eau de chaux ^ le tout moulé par cubes' et employé ensuite pour bâtir, soit au moye» du pisé , pour lequel on trouve très souvent dans la Metkya un sable excellent, et avec lequel il acquiert la plus grands dureté. En tout cas ces différents modes de constructio% moins soUdes sans doute que la pierre, sont aussi maiiiaoo4** teux.
Acquisition d'immeubles. — On peut acquérir, soit on ofe»
tenant tme concession du gouyemement, «oit en achetant à des particuliers. Toute acquisition dans le massif ne peut guère s'opérer que par achat et ainsi à titre onéreux ; mais^ dans la plaine y quoique déjà les Européens y possèdent de oombreuses propriétés, et que beaucoup d'anciens Maures ou Arabes y aient conservé leurs héritages, on peut néanmoiuê encore espérer y obtenir du gouvernement, à titre de concession gratuite, des propriétés même assez étendues.
Main^iTœuvre. — La main d'œuvre couvre à peu près le double des prix de France pour les manœuvres et le triple pour les ouvriers d'état.
Maçons, charpentiers. — Les maçons, (ailleurs de pierre, charpei)tiers,*etc., etc., sont payés de 5 à 6 fr. par jour : leurs prix les plus modérés sont pour les ouvrages de ville: leurs prix les plus élevés quand ils vont travailler à la campagne, surtout lorsque c'est un peu loin. Presque tous ces ouvriers viennent du nord de l'Italie et du Tessin.
Charretiers f maîtres, valets. — Les charretiers sont divers sèment payés aux environs immédiats d'Alger. Le commun des charretiers reçoit 30 fr. par mois, la nourriture et le lo^ gement, ou bien simplement une somme de 70 fr. Mais ceux qui ont quelque surveillance à exercer, ou qui sont chargés de transport de roulage, reçoivent un peu plus, comme 40 à 45 fr. par mois et nourris, ou seulement 100 fr. par mois. Le commun des charretiers était alors payé de 80 à 90 francs par mois. Maintenant on emploie indistinctement comme charretiers des indigènes ou des Européens, sans différence de prix.
MmiiûBUPres europêem. — Il n*en est pas de même pouf les manœuvres, terrassiers et autres; les indigènes sont payés beaucoup moins cher oue les Européens. Voyons d'abord ceci : le prix i * turopérâ est tombé
maintenant à 2 fr. 50 c, sans noumture. Dans le fort de Fouvrage, surtout au moment des foins, ces prix diangefll complètement Un faucheur dans le massif demande enom 5fr. par jour, et dans la plaine on lui donne ces 5 fr., on le nourrit et l'abreuve à discrétion ; car, en tout espèce tf Ofrtrage, plus on s'éloigne du centre , plus il devient cher
Uanœuvres indigènes. -— Quant aux manœuvres anbe^ on les paye depuis i fir. jusqu'à 1 fr. 50 c, et de plus, co tout cas, on lui donne chaque jour un pain de munitim de 30 c. ; mais cette différence de prix est généralement coupensée par la différence d'ouvrage, car ils sont fort paresseux, et surtout par la différence d'intelligence et d'habitude dam les travaux ; il est même certaines choses auxquelles on ne peut les employer, comme par exemple à faucher; ^s n'co avaient jamais eu la notion avant nous et n'ont pas encore pi s'y former. Ils sont, par exemple, bons moissonneurs et a* oellents p&tres; un pâtre kabyle se paye 1 fr. par jour, {dusk pain de munition.
Coût delà nourriture d*un ouvrier par four. — La nou^ riture d'un ouvrier par jour coûte 1 fr. à 1 fr. 25 c. En voici le détail, à quatre repas par jour. Déjeûner : 2/3 de livre de pain, 1/3 de litre de vin. — Dîner: 1 livre de pain, 1/3 de livre de viande, 1/2 litre de vin. — Goûter : 2/3 de livre de pain, 1/3 de litre de vin. — Souper : 1 livre de pain, 1/3 de livre de viande, 1/2 litre de vin. En tout, 3 livres 1/3 de pain à 15 c,, 2/3 de livre de viande à 40 c, 1 litre 2/3 de vin à 15c., ou bien l'équivalent, ce qui vaut*l fr. 5 c.; en ajoiH tant Tapprôt et accessoires, cela revient au plus à 1 fr. 25 c.
Conditions d'admission dans les villages construits par le
gouvernement.
Arrcié du gouvemeur-générai — Considérant que les con-
ditioDs d'admission dans les villages construits et à construire par les condamnés militaires ou par l'armée devant être essentiellement difTérentes de concessions faites jusqu'à ce jour dan^ les autres centres de population, il importe de les déterminer d'une manière précise et de faire connaître aux intéressés les avantages qui les attendent et les obligations qui leur seront imposées dans ces nouveaux villages.
Art. l*'. Dans les diverses localités qui seront établies d'après ce système, chaque concession se compose ou se composera :
1^ D'une maison de 60 à 64 mètres de superficie, bâtie en bons moellons, avec les encoignures et ouvertures en pierres de taille, parfaitement recrépie à l'intérieur et à l'extérieur, couverte en tuiles courbes et comprenant deux pièces au rezde-chaussée et deux au premier étage, (cette partie de la concession représente une valeur de 4,500 fr. au nioins).
2^ De 12 hectares (36 arpents) de terre cultivable, dont 4 hectares défrichés.
3® D'un certain nombre d'arbres plantés.
Art. 2. Une église affectée au culte catholique desservira les centres de population.
Art. 3. Le prix de chaque concession est fixé à 1 ,500 fir. Le concessionnaire aura le choix de se libérer en un seul payement, dès son entrée en jouissance, ou en trois termes égaux de 500 fr. chacun, dans un délai de dix-huit mois. Le premier sera exigible le jour de l'installation de la famille.
Art. 4. Dans le premier cas, il sera propriétaire incommutable dès le jour du payement; dans le second, il ne recevra le titre de propriétaire qu'après s'être libéré entièrement.
Si ce dernier terme n'était pas payé dans les délais voulus, le concessionnaire pourrait être évincé, sans aucun recours de sa part pour la première somme versée par lui.
Art. 5. Dans l'un et l'autre cas, le colon ne pourra aliéner tout ou partie de sa concession qu'après trois ans de jouissance, à moins qu'il n'en reçoive aupara\ant l'autorisation gouverneur-général, le conseil d'administration consulté.
Art. 7. Indépendamment du prix de laconcesâon-
JKK) ALGÉRIE:.
fikmUIedeYra justifier d'un avoir personnel de i ,500 ft. comM garantie d'une bonne exploitation.
Art, 7. U pourra être accv dé des concessions pluscomidérables en terres aux personnes qui justifieront de ressource! fuffisantes. Ces dernières concessions devront être préalablement soumises à l'approbation de M« le ministre de li guerre.
Art. 8. Les colons seront tenus de dore dans Tannée leur cour et jardin attenant à la maison, d'un mur, d'une pali^" sadc ou d'une haie vive ou sèche. Les alignements pour rétablissement de ces clôtures seront délivrée san$ retord sur leur demande.
Art. 9. Les récoltes pendantes par racines qm se trouveroat exister à l'époque de l'entrée en jouissance des colons s^poot partagées entre eux au prorata de l'étendue de leurs concessions, moyennant le remboursement du prix de culture et di semences.
Art. 10. Chaque colon sera tenu de planter trois cents arbres sur sa propriété, dans le délai de trois ans après son Mtrée en jouissance.
Art. 1 1 . Dans le cas où les colons le demanderaient, il sera construit, par les ouvriers militaires, contre leurs maisons, un appentis en bois pour loger leurs bestiaux, dont ils rembourseront le prix à la caisse coloniale, d'après le taux de la dépense efTecluée qui ne dépassera pas 150 fr. Ils y gagneront la différence notable entre le prix de la main-d'œuvre l^r les ouvriers militaires et de la main-d'œuvre par les ouvriers civils.
Art. 12. Les maisons devront être blanchies à la chaux une fois chaque année, dans le moment du moiç de septembre?
Ordonnance pour la navigation à vapixsr entre la Fjranee et l'Algérie.
Art* 1". Afin de faciliter les relations commerciales entre U Franco ot lus possessions d'Âiriquc, il sera réservé à bord
de chaque b&timent un certain nombre de places pour les par-> ticuliers voyageant à leyrs frais*
Service de Toulon à Alger. — Le service comprend trois lignes directes :
1® Le service de Toulon à Alger et retour; 2® La ligne d'Alger à Bone et retour ; 3<> La ligne d'Alger à Oran et retour.
Art. 2. Départs de Toulon. -^ Les départs des bâtiments auront lieu de Toulon trois fois par mois, le 10, le %0 et le dernier jour de diaquemois, à huit heures du matin*
Départs d^AlgeTf -^ Ces bâtiments partiront d'Aller pour Toulon le 5, le 15 et le 25 de chaque mois, à huit heurts du matin.
Art. 3. — Le service sw la ligne d'Alger à Bonç sera décadère.
Les départs d'Alger auront lien le JO, le 20 et le dernier jour de chaque mois à midi : ceux de Bone, le 4, le 14 et le 24 de chaque mois à huit heures du soir.
Art. 4. — Les bâtiments partant d'Alger pour Bone relâcheront à Bougie, Gigelly et Stora ; ils séjourneront trois heu-> res seulement sur chacun de ces points.
Leur marche sera réglée de manière à arriver :
A Bougie, le 1^', le 11 et le 21 à six heures du matin;
A Gigelly, le 1", le 1 1 et le 21 à 3 heures après midi;
A Stora, le 2, le 12 et le 2^ à 8 heures du soir.
Us toucheront aussi, à leur retour, à Stora, Gigelly et BoQ* gie : leur passage sur chacun de ces points aura lieu, savoir :
A Stora, les 5, 15 et 25 au matin ;
A Gigelly, les 5, 15 et 25 à 6 heures du soir j
A Bougie, les 6, 16 et 26 au matin ;
A Alger, les 7, 17 et 27 à quatre henw» '^-
Art. 5. — Le service sur '' quement sera hebdomidi
Les départs d'Alger auront lieu le mardi de diaque semaine^ à huit heures du soir; ceux d'Orau, le samedi à pareille heure.
Les bâtiments qui partiront d'Alger pour Oran relâcheront à Cherchell, où ils séjourneront deux heures ; à Mostaganem, où ils resteront trois heures et enfin à Arzeu, où ils ne séjour^ nëront qu'une heure.
On fera en sorte d'arriver sur ces points aux jours et heures ci-après :
A Gherchell, le mercredi à 5 heures du matin ;
A Mostaganem, le jeudi matin à la pointe du jour;
A Arzeu, le jeudi à une heure après midi ;
A Oran, le jeudi à 8 heures du soir.
En retournant à Alger, ces navires toucheront à Àrzeo, Mostaganem et Gherchell.
Ds devront arriver :
A Arzeu, le dimanche à 4 heures du matin;
AMostaganem, le dimanche à 8 heures et 1/2 du matin;
A Gherchell, le lundi matin au jour ;
A Alger, le lundi à quatre heures de l'après-midi.
Art. 6. — Huit bâtiments à vapeur seront exclusivement affectés au service des communications.
Art. 7. Les passagers seront divisés en trois classes: la première composée des officiers supérieurs ; la 2e des officiers ordinaires et des voyageurs ayant couchette ; la 3® des sous-officiers et soldats, et des passagers civils de l'avant.
Art. 8. — Ces passagers auront leur nourriture aux frais de l'État. Les passagers voyageante leurs frais, devront pourvoir eux-mêmes à leur nourriture»
Prix du passage. — Le prix du passage, non compris la nourriture, à bord des bâtiments à vapeur de l'État, est établi d'après le tarif ci-après :
De Toulon à Alger et réciproquement. 2* classe. 100 f. 3® classe 70 f.
D'Alger à Bone 56 y?
ALGÉRIE. ses
D'Alger à Oran. 2* classe. .. . 48 Dr. 3* classe. 32 fr.
D'Alger à Bougie 22 15
DeBougieàBone. ...... 33 22
Art. 9. — Chaque passager sera admis à embarquer les effets à son usage, dont, toutefois, le poids ne devra pas excéder 100 kil.
Art. 10. — Tout transport de marchandises, même sous forme de bagage, est formellement interdit, et les malles seront visitées par le capitaine d'armes.
Art. 11. — La perception du prix de passage, augmentée de la rétribution allouée au pourvoyeur, sera faite avant Tem* barquement par le directeur de l'administration des postes.
Cfmtrm de popolafloii de la provlnea d'Alsir ouMrbi à la calonbation (!)•
c Voici la situation des divers centres de population telle qu'elle m'est apparue, non seulement sur le rapport sanitaire^ mais encore sur le rapport agricole et colonial.
El'Biary situé derrière le fort de l'Empereur, à la porte d'Alger, fleurit sur les ruines de maisons mauresques élégamment reconstruites; il est entouré de beaux jardins et de sites enchanteurs : là ne règne pas la misère ; je ne m'en occuperai donc point sous le rapport hygiénique.
c Dety-Ibrahim^ créé en 1832, compte 65 maisons bien construites^ 2 à 300 habitants* le site est élevé et salubre;
(f) Les détails qui suivent sont chargé, par le ministre de la villages, et de proposer les T. U.
370 ALGÉRIB.
Veau y e$t abondante ; le sol est très propice à la mHiR. mais encore peu cultivé^ parce que les colons se lirrent àdiYe^ ses industries, alimentées par le passage continuel des fojageurs qui vont à Douera et à Blidah. Dans les premiers! «nnées, la mortalité a été considérable à Dely^IbrahiiHy mais dk a diminué. Les influences locales, telles que le mauirais ètil des maisons, les défrichements pénibles, etc. ont diqMini.Le bien-être a succédé aux privations, et cependant, cette an» née encore, quelques personnes ont succombé par suite de h fièvre des marais, dont les effluves viennent de la plains de Staoueli et de la Metidja. Il est juste de dire que le plus grand nombre des personnes atteintes avaient été occupées à bm les foins dans la plaine. Ce village peut marcher aujourd'îmi par ses seules forces. Les pauvres trouvent à travailler dam de grandes fermes voismes au nrix de 3 et 4 fr. par jour. La route de Blidah, en traversant le village^ lui procure des ressources.
<f Cfieraga, construit il y a dix-bnit mois, réunît aujourdlmi
65 familles et à peu près autant de maisons, dont plusieurs ne sont pas encore entièrement construites. Ce village est sur un sol élevé et salubre, et cependant les personnes ont été malades pendant Tcté et 3 ont succombé. C'est à l'influence des marais de Staoueli (i) qu'il faut, je pense, attribuer cette insalu* brité.
« N'étant pas, comme Dely-Ibrahîm, traversé par une grande voix de communication, Cheraga n'a d'autres moyens d'existence que ceux qu'il demande au sol, et j'ai pu me convaincre que ses ressources lui suffisaient. Il n'y a pas de mendiants ; ceux qui ont quelque argent travaillent pour leur compte ; ceux qui ne peuvent faire des avances à la terre, cultivent dans les grandes termes voisines. Les villages où n'eiis-
(I) On doit faire ohscrver, à propos des marais de Staoueli, dont te iia revient fréquemment clans ce rapport, que par suite des travaux entreprise 1844 at continués en 1845, leur influence sera désormais moins fltcheuse.
tant pas de grands propriétaires sont dans des conditions moins heureuses.
« Ce village repose sur 500 hectares environ, dont une partie est défrichée. On a cultivé le blé, l'oi^, mais dans une saison trop avancée et la récolte a manqué en partie. D'ailleurs, la main-d'œuvre est si élevée (3 à 4 fr. par jour) que cette culture est, pour le moment, une spéculation peu avantageuse, surtout avec la concurrence des indigènes et celle plus redoutable encore des blés de la mer Noire et de la Grèce.
cDe même que la plupart des villages dont nous avons à 'parler, Cheraga n'^t pas réduit à la culture des céréales : il ist entouré de nombreux coteaux boisés où l'herbe croit en abondance. Ces coteaux conviennent à l'éducation des bestiaux qu'il faut de plus en plus encourager*
« On y a essayé sur une petite échelle la culture du coton avec beaucoup de succès. La terre rouge sans engrais a donné déplus beaux produits que la terre bien cultivée et fumée; j'ai vu des tiges portant 80 à 82 fleurons. Une tuilerie en pleine activité vient de s'élever dans le village : elle occupe des bras et donne de l'ouvrage à qui en manque.
t VAôhôur a deux ans et demi d'existence, 45 maisons 'construites, une belle fontaine, d'excellente eau et 130 habitants. Ce village repose sur tin plateau élevé, d'une superficie d*environ 15 hectares de terre parfaite pour la culture. De plus, 800 hectares dépendent de la commune ; mais le sol à fond argileux est très tourmenté, privé d'eau, déboisé. De tous les villages du Sahel, TAchour est dans les moins bonnes conditions de prospérité matérielle par suite des ressources restreuites dont disposaient les familles appelées à le peupler. fin revanche, l'état sanitaire y est parfait, les miasmes de la jllaine de Staoueli n'y arrivent pas : ceux de la Metidja y ont peu d'accès. Il y a eu peu de malades cette année et ptâ morts*
c Drariah a trois ans d'existence et comptf^ m
comp<Manf ensemble 160 habitants. H y a 550 hectares, dont 50 affectées au terrain communal. Un tiers est défriché et offre beaucoup de plantations de platanes et de mûriers : ces espèces, ainsi que l'olivier, réussissent parfaitement en Algérie. On ne saurait trop encourager la culture, celle du mûrier surtout, dont les semis donnent, après quatre et cinq ans, des arbres en plein rapport.
a U y a beaucoup d'aisance à Drariah ; les principales ressources consistent dans la culture des céréales, des pommes de terre et dans l'éducation des bestiaux. Il existe une belle fontaine dans ce village, et il suffit de creuser à quelques mètres pour trouver dé l'eau en abondance. L'établissement de puits à roue permettra d'arroser de grandes surfaces et, avec de l'eau, le sol donnera les plus riches produits, surtout en jardinage.
a La position de ce village sur un site élevé est des pfos salubres. L'influence des marais de la Metidja s'y fait néan-* moins sentir encore; àDrariah, comme presque partout, il y est mort quelques enfants à la mamelle. La cause princîpak m'a paru être celle-ci : les nourrices qui ne sont pas acdima« tées contractent pendant Tété, des diarrhées rebelles qui tarissent leur lait, il faut sevrer l'enfant; le lait de vache manque parfois pour remplacer celui de la mère : l'enfant dépérit rapidement et succombe. Avec l'acdimatement des nourrices, ces causes passagères doivent disparaître. En somme, Drariah est ;an fort beau village, en grande voie de prospérité.
a Baha-Bassen n'a que dix-huit mois d'existence; 37 maisons actuellement construites contiennent 135 habitants; 550 hectares ont été distribuées aux colons, 50 hectares sont défrichées. La culture consiste en orge, blé, ponunes de terre pour les besoins du village. Les essais de tabac ont été heureux ; le tabac réussit généralement très bien en Algérie. Cette plante qui, dans le nord de la France exige beaucoup de cu^ ture et 4 à 500 fr. d'engrais par hectare, vient avec un bon labour dans la plaine de la Metidja. La fièvre intermittente a atteint un certain nombre d'habitants*
Ouled-'Payet a deux ans d'existence, 60 familles et à peu près autant de maisons. Sur les 600 hectares distribués aux colons, un tiers est défriché ; le sol est excellent pour la cul-> ture. Pas de paui^res à Ouled-Fayet, tout le monde trouve du travail chez les grands propriétaires du voisinage. Quelques personnes ont éprouvé la fièvre intermittente : tous ont succombé.
c Birkradem est l'un des sites les plus beaux et les plus riches des environs d'Alger. Le sol, couvert de belles campagnes mauresques, est entrecoupé de superbes jardins et d'excellentes terres de labour.
« Le village occupe sur la route de la Ferme-Modèle le centre de la localité. On y remarque, ombragée par de magnifiques saules pleureurs, une fontaine en marbre dont l'eau jaillit en abondance. La végétation y est luxuriante : les planr> tations d'oliviers et de mûriers ont réussi au-de là de toute e^ pérance. Il y a dix ans, à l'époque de la ^éation du villagfy les effluves marécageuses de la Metidja y portaient la désolation ; aujourd'hui, grâce aux travaux de dessèchement entre* pris près de la Ferme-Modèle, ces influences se sont beaucoup amoindries et la fièvre intermittente se montre beaucoup plus rare et plus bénigne. La commune, y compris le village et les maisons de la campagne, contient environ 700 habitants; partout de l'aisance et de la prospérité. Les colons qui n'ont pas d'argent pour cultiver, trouvent de l'ouvrage chez leurs voisins riches propriétaires.
aKouba, création de 1832, ne compte que 22 maisons, composées d'un seul rez-de-chaussée, couvertes en chaume, et qui ont été construites aux frais de l'administration pour y placer des colons à qui l'on a donné 2, 4, 6, hectares de tcr« rain selon la qualité du sol. Pendant longtemps les colons ont végété et les fièvres ont sévi sur eux : cet état de choses a cessé ^puisque des travaux de dessèchement ont été entrepris. Ce n est qu'en 184S que ce village a pris un dessèchement sen-
374 ÂLGC3UIL
sible : dans ses alentours prospèrent tnjourd^hui 40 petites fermes en pleins rapports, appartenant à des Européens aisés. Près du camp, une vingtaine de maisons en pierre ont été construites aux frais des particuliers. Tout prospère à Kouba, le sol est partout sollicité avec activité ; les colons, qui cultiirent bien et qui fument leurs terres, ont retiré 20 pour i det céréales : les plantations sont nombreuses et réussissent tvèt bien. Ce village possède une école fréquentée par 100 enfants. La chapelle appartient à un particulier qui lapréteèHiwein- Dey pour y dire la messe. La conmiune contient 70Q 4 800 habitants.
c Saoula est situé sur la lisière de la riclie campagne des environs d'Alger. Ce village où tout respire rabondan)oe et le bien«étre ne compte encore que huit ans d'existence. Il t deux belles fontaines, 130 habitants et 35 maisons en pierre. Tandis que la plupart des villages qui ont été construits avee prime ont été placés sur des sites élevés, en sacrifiant même quelquefois à la sécurité et à la défense les intérêts de la cul* ture, Saoula a {été établi au contraire dans un ba^fond très fertile. Ce village a 500 hectares de bonne terre ; la sahiH brité y manque seule pour en faire un des villages les ploa prospères.
« Douera date de 1835. Le camp a eu, dès cette époque, une grande importance ; mais le village n'a pris réellement Textension extraordinaire qui lui donne aujourd'hui Tair d'une ville que depuis 1842. Deux cents maisons, dont plusieurs à deux et trois étages, renferment 1100 habitants. Le sol est très propice à la culture. On a craint longtemps d'être privé d'eau, mais on a découvert qu'à Douera, comme dans tous les villages du Sahel, il suflit de creuser à quelques mètrei de profondeur pour en obtenir. Quelques personnes, profitant de cette heureuse découverte, ont établi des puits à roues, auxiliaires indispensables du jardinage pendant la satsoa 4'èté.
« Douera est la première station de la route d'Alger à Blidah. Chaque jour, 20 à 30 diligences et 100 à 150 voitures de transport le traversent et y portent la vie et le mouvement. Avec le bien-être général, l'état sanitaire s'est complètement amélioré. Le site élevé de Douera a fait coulidérer à juste titre cette localité comme salubre ; elle n'est cependant pas encore complètement à l'abri des influences des marais de la Metidja.
« Ouled-Mendit n'est qu'un hameau situé sur le versant sud de la Metidja. Ses ressources principales consistent dans la récolte des foins de cette plaine où les faucheurs payent annuellement leur tribut à la lièvre intermittente.
« Creseia n'a qu'un an d'existence. Trente maisons envW ron renferment cinquante-une familles. Le sol y est cxcelcent : 500 hectares sont affectés à la commune ; un tiers est défriché. L'Oued-el-Kerma, dont les eaux croupissantes dégagent des miasmes méphitiques, coule dans un ravin. Il y t a beaucoup de malades et une assez forte mortalité. Crescit ne sera par&itement salubre qu'après le dessèchement des marais.
« SaînUCharles et Saînt-Jules sont deux villages bâtis par des colons en-dehors de l'action administrative. Tous deux sont à l'entrée de la plaine de la Metidja. Saint-Jules représente un hameau d'une dixaine de maisons en pierre. Quant à Saint-Charles, il se compose d'une vingtaine de cabanes en joncs. Parmi les habitants attirés dans ces localités par It beauté et l'abondance des foires, il en est peu qui échappent à la fièvre intermittente,
« Les Quattê-'CkeminB constituent un hameau dans le genre de Saint-J** ^ " "entrée de la plaine et^
comme liii« e: H faut attendre
le dessèchement, pour q;u'jl accpiière la salubrité qui hi manque encore»
d Saint^Ferdinandj asàs sur un j^teau éle^ë, est salubre par lui-même ; mais il n'est pas complètement à l'abri des miasmes de Staoueli et de la Metidja. U y a du reste peu de malades et fort peu de mortalité. 45 maisons solidement construites en pierre et couvertes en tuiles ont été bâties pir les soldats disciplinaires. 1200 hectares, y compris une beUe ferme voisine, dite la Consulaire, dépendent de cette commune où prospèrent 56 familles. On y cultive des céréales avec un succès remarquable. Un grain de blé a donné 45 épis, et sur un épi de maïs on a compté 723 grains. Il n'est pas rare de trouver 130 épis sur un pied d'orge, comme on peut le voir sur des échantillons déposés au comité agricole d'Alger.
« Les terres non défrichées sont couvertes d'arbustes précieux sous plus d'un rapport, ne fût-ce que pour assainir Tair et opérer ainsi une heureuse influence sur la santé. Ces terrains qu'il ne faudrait défricher qu'au fur et à mesure des besoins de la culture sont surtout très propices au pâturage. Un petit troupeau acheté en août dernier par un colon était demandé avec un bénéfice de 100 7o en octobre suivant. On ne saurait trop encourager l'éducation des bestiaux à Saint- Ferdinand ; la terre, en effet, ne doinera pas toujours pour rien, et il faudra bien un jour lui restituer de l'engrais.
a STarabout-d'Aumale est un hameau composé de quelques maisons, peu distantes de Saint-Ferdinand, Ce que j'ai dit de Saint-Ferdinand, s'applique en tout point à ce hameau.
'a Saînte^Âméliej village bâti par les condamnés militaires, comme Saint-Ferdinand, n'a qu'une année d'existence et compte 53 familles logées dans à peu près autant d'habitations. U est placé sur la crête d'un beau ravin couvert d'ar-
brcs de haute futaie, le peuplier blanc. Ce ravin avec ses fontaines, avec l'abondance de ses eaiix si propices au jardinage, sera une source de richesses, mais il aboutit aux marais de la plaine de Staoueli dont il dirige les miasmes sur Saintes- Amélie et cause des fièvres intermittentes dont presque tous les habitants de cette commune ont été atteints. On s'occupe avec activité de dessécher les marais de SCaoueli qui nuisent aussi à l'établissement des Trappistes.
a Maelma. Cette localité se compose du camp et du village de ce nom dont la construction a eu lieu en six mois par les soldats discipUnaires. Ce beau village, véritable place A% guerre, se compose de 48 belles maisons en pierre, couvertes en tuiles. Il est entouré d'un lai^e fossé flanqué à ses angles de tourelles destinées à sa défense. Les fontaines sont fort belles et peuvent arroser plusieurs hectares de jardin âge. I n'y a pas de malades dans ce village dont la position est sa* lubre. Le défrichement du sol généralement couvert d'arbustes est fort coûteux. Ce sol convient à l'éducation des bestiaux; aussi l'administration des vivres entretient-elle à Maelma un troupeau considérable.
« Koleah est occupé depuis 1840 par les colons, *dont le chiffre est de 450. Cette localité a conservé son cachet indigène, et parait peu en progrès si on la compare à Blidah. On y fait peu de culture.
« Les malades des villages voisins sont évacués sur l'hdpital militaire de Koleah , où ils reçoivent des soins empressés et bien entendus. Les femmes et les enfants malades sont dans un lieu séparé de celui des hommes. Une femme infirmière est près d'eux. Koleah est sous l'influence des marais du Ifazafran. Aussi des fièvres intermittentes y r^ent-elles.
Douaouda ne date que 1843. 900 hectares, appartiennent à la commune, y sont affectés. Quelo" élèvent des habitations remarquables pAr Imir
dans respoir que Douaouda sera traversé bientôt par h ronte projetée de GhercheU à Alger. Le sol des environs est couvert d'une végétation luxuriante et de m^nifîqucs oliviers. Ce village possède de belles fontaines. On trouve de Teau à quatre mètres de profondeur. On y a installé des fours à chaux qui fonctionnent avec activité. La vallée du Mazafran , d'oii 8*élè« (rent en été des miasmes délétères, circonscrit une portion du territoire, et, malgré son élévation, ce village a été visité par la fièvre intermittente.
€ Fauka n'a été créé qu'en 1841 par Tautorité militaire qui a fiiit construire 17 maisons à double corps-de-iogis pour abriter deux fistmilies par habitation. Ce village a 800 hectares, dont 250 appartiennent à la commune. Des fontaines abondantes arrosent de grands potagers; les céréales, T éducation des bestiaux réussissent très bien. On pourrait tirer parti d'un petit port où les pécheurs viennent se réfugier quand la mer m leur permet pas de retourner à Alger.
« Bouffarik. Ce village, créé en 1835, a végété pendant plusieurs années. Ce n'est que depuis roccupation de Blidah que cette localité, assise au milieu des marais de la plaine, a pris un très grand développement malgré la mortalité qui y a régné. Rendez-vous des faucheurs de la plaine, Bouffarik sert de station pour le transit d'Alger à Blidah. Le sol humide de ce village est d'une prodigieuse fertilité. Les plantations de mûrier y croissent avec une rapidité incroyable. Cette locarhté, par sa position et par son sol, devra prendre une très grande extension, quand une fois l'influence des marais aura disparu. On y compte déjà plus de 1,500 habitants. On y a établi des étangs de sangsues dont les produits pourront bientôt suffire aux besoins de l'Algérie. La cherté des sangsues en France conseille d'encourager cette spéculation. On y élève aussi des abeilles pour le compte de l'administration mihtaire. Cent ruches ont produit, en 1844, 1,400 kil. de miel. Cette exploitation peut encore être une source de richesses facile à créer.
€ BllJali. Cette yillc, située au pied de TAtlas avec ses fo* rets d'orangers, l'abondance de ses cours d'eau, la richesse de son sol, semble la grande oasis de TAlgérie, et parait destinée à être un des entrepôts du commerce des Européens avec les indigènes. On porte à 4 ou 5,000 le chiffre de la population à laquelle chaque jour apporte un nouveau contingent. L'aspect de cette cité a totalement changé depuis le jour où les Français en ont pris possession. Des quartiers entiers ont subi une complète métamorphose : d'élégantes maisons françaises s'élèyent sur les ruines des constructions mauresques. Depuis le tremblement de terre survenu il y a une vingtaine d'années , les habitations nouvelles ne se composaient plus que d'un seul rez-de-chaussée. Les Européens qui bâtissent à deux étages ne semblent pas assez tenir compte des leçons dy passé.
a La salubrité de Blidah, eu égard aux influences de la localité, est parfaite. Mais cette ville n'est pas complètement à l'abri des influences de la plaine. Il règne pendant l'été quelques fièvres intermittentes, dont triomphe le sulfate de quinine à petites doses.
« Joinvittej viUage créé en vertu d'un arrêté du 5 juillet 1843, repose sur l'ancien grand camp. Des travaux impor** tants en assurent la défense. On y compte 42 maisons construites et 132 habitants. 60 hectares cultivés , en 1844, en blé, orge, pommes de terre ont donné d'abondantes récoltes. On y remarque de belles fontaines, un lavoir, un abreuvoiri de belles plantations récentes. Le sol y est d'une rare fer^ tilité.
« MontpensieTy cré|| par arrêté du 23 juin 1843, est situe à 1 ,500 mètres de Bliuah : 20 maisons renferment une popu* lation de 100 individus. 70 hectares ont été ap 1844 : il y en aura le double en 1845. On i plantations de platanes , d'ormes et de ^ Montpensier comme à Joinville , que tentes sont dues aux marécages de la \
c Benû-Mêfeâp créé le 15 octobre 1843^ cmnpte emrnm S2 famflles et autant de maisons construites en pierre. Situé sur la route de Bouffarik à Uidah , et intermédiaire entre cet deux grandes localités, Mered repose sur un sol excellent, arrosé par un cours d'eau qui ne tarit jamais. Il est éle?é et exempt des influence des marécages. Les cultures 7 sont belles e^ abradantesj
% Dalmaàê est de création toute récente au pied de F At- Iasiur un sol élevé, et arrosé par des cours d'eau qui ne tarissent jamais. Ce village se développe avec une grande rapifité de même que les autres établissements situa au pied de TAtlas. Là les miasmes sont moins redoutables, et le sol est d'une fertilité extrême ; ce sera une terre des plus riches quaud las marais auront diq^. s^
.Élève dn bètaB.
Les colons ont su se créer et possèdent en bestiaux et autres animaux domestiques des ressources déjà importantes. Toutefois ces animaux laissent encore à désirer sous le rapport de la taille et de Tengraissement. Le prix de la viande de boucherie encore un peu élevé aux environs d'Alger, excite entre les bouchers et les cultivateurs une concurrence qui ne permet ^ guère à ces derniers d'acheter ou de conserver les plus beaux taureaux, des bœufs et vaches amenés sur les marchés, et nuil ainsi à la prompte amélioration de l'espèce. Néanmoins les résultats déjà obtenus démontrent qu'avec des soins bien entendus, et un système d'aUmentation bien dirigé, il sera pos-> sible de régénérer, en quelque sorte, entièrement la race bovine en Algérie.
Les moutons et brebis sont généralement supérieurs, comme espèce^ au gros bétail; ils sont grands et robustes et àouaent
paribrs destoîsmn de dioîx qui font espérer les plos beaux résultats aux élereun qui Toudront leur donner la soins nécessaires.
Les brebis portent généralement deux fois dans Tannée. L'agneau éleré dans la saison des pâturages, est généralement beau et d'une défaite aTantageuse : cehii qui naît dans une mauvaise saison meurt ou reste chétif.
L'éducation des porcs est la plusproductÎTe. Jnsqu'i présent ces animaux n'atteignent jamais une forte taille, quoiqu'ils s'engraissent vite et bien. Les porcs d'Espagne sont réputés les meilleurs.
Les bétes de somme et de trait, chetaux, juments, mulets et ânes appartenant aux colons, étaient au 31 jufllet lM4an nombre de 596, et représentaient un capital de 128,070 fr.
Enfin les Tolaîlles et animaux de basse cour, avaient me nleurde 19,049 francs. (1).
?<piniireS| cultures de natnraUsaHosM
Par suite de dévastations qu'on peut appeler provenant de l'agriculture pastorale, telle quela pratiquentlsi Arabes, l'Algérie se trouve actuellement, sauf certaines pai^ des en montagnes ou dans les environs des tilles, presque entièrement déboisée. Cependant, ainsi que le prouvée la vi» goureuse végétation des massifs, qui ont été pays n'est plus susceptible d'une silviculture i variée et féconde en résultats rapides. On voit, en outre par la vigueur et la beauté des arbres dans les terres andennement cultivées, que les cultures arborescentes sont appelées 4 prenez } Tableau des établissements français en Algérie,
9li ALGeniBi
été une titefl^Mide pboe dans ragriculture eoloniak et 'fw la fertilisaliondu 8ol aigérifinae ferasurtout par dea planta tiens.
Le gou^ememeat se préoccupa alors des moyens àprendre peur oiettre à la portée de radnûnistratîoQ et des ooions, des nasses d'arbres choisis parmi les essences les plus apprcypriées au climat et au sol.
Indépendamment des arbres, U était une foule de végétaux «Hks qu'il était essentid de multiplier avec des^p^raînea et dei plantes obtenues dans le pays môme, sans être obligé de x^ courir à la métropole ou à l'étranger. A cet effet il fut créé sur ^usieurs points du pays, des pépinières ;qui existent aofseUementau nombre de 16.
Voiai une partie des résultats obtenus:
A la fin de 1845, la pépinière pourrait fournir de f M^MO à 2OO9OOO pieds d'arbre annuellement. Le mûrier dont le bel avenir parait certain, doit figurer pour les 0,33 deslivraisons. Les autres essences sont les peupliers Suisses et d'Italie, les triacbantos, les platanes, lesacacias blancs, lesormesy-chènes, rouvres, sterculiers, catalpa, saules pleureurs, savoniers panieulés, micocouliers, melia'azedarach ^ aylantus gtandulosa^ diopsiros kaki, metia semper virenSf sophora japonica^ les principaux conifères de grande culture, les pistachiers, les goyaviers, orangers, grenadiers, jujubiérô et carftubiers, plus spécialement appropriés au climat de l'Algérie.
Quant à la culture des plantes exotiques en général, on a j^ constater les résultats suivants.
Coton. ^^ Des essais comparatifs ont été faits sur la culture du cotonnier avec et sans arrosage. U en résulte que si les irrigations tavorisent la végétation, elles peuvent aussi retarda la , fructification au point de compromettre la récolte. H ccmvient I donc, quand on emploie l'arrosage, de ne planter que des variétés hâtives : celle qui a réussi le mieux jusqu'à présent est la variété Fernarabouc.
Mais on peut très bien se passer d'arrosage. C'est ainsi qne
ALGËRI& 883
du coton ^ semé en 1842, au mois d'awil,6*est âevë^deun mètre à un mètre 20 centimètres, et a été récolté dans le courant de décembre. Il avait les capsules en pleine maturité, alors que le coton arrosé était à peine en fleurs.
Certaines variétés de cotonnier pourraient donc être culti-* vées dans les terrains secs et en pente, notamment dans le Sahel d'Alger, surtout dans les expositions soumises à Tinfluence des vents de mer et des émanations salines.
Des échantillons des cotons obtenus à la pépinière centrale, et provenant de variétés longue soie, ont été soumis àFexamen des Chambres du commerce de Rouen, de Lille et de Saint- Quentin. Us ont pu être filés aux numéros 140 et même lÔO: ils ont été reconnus supérieurs aux cotons Louisiane, bonne marchandise, et égaux aux Fernambouc,et Surinam, première qualité, a C'est avec la plus grande satisfaction, ditla Cham- ;« bre de commerce de Lille dans son procès-verbal, que nous « proclamons, que le coton soumis à notre examen est de ùac ture t prendre un des premiers rangs dans Téchelle 4e8 « produits cotonniers. »
Les essais comparatifs de culture portent déjà sur neuf Variétés qui sont : le Fernambouc, la Guyane, le Castellaman blanc et rouge, le Nankin ou Siam, le Macédoine, le Viitfo^ Hum et le ReUgiosum d'Egypte, le coton-arbre de Mostâga* nem.
Sésame. — Ce végétal paraît destiné à se placer an rang des principales cultures de l'Algérie. Les essais tentés à la pépinière centrale, ont été couronnés d'un succès complet : ils portent le produit d'un hectare de terre cultivé en sésame ài,475kiL
Cette quantité, à 50 f. les 100 kilog., donne une valeur
brute de 737 f. 50c.
d'oti déduisant pour frais de culture. 259 00 on a pour produit neL 478 50
Tabac. — Dos essais ont été faits sur 36 variétés •
3ôe ALGlîlïIE,
parmi celles d'Europe, d'Amérique, d'Asie qui ont le plus de réputation.
Les 10,000 plants, en 1843, ont donné une belle et complète végétation^ ainsi que des feuilles plus abondantes en sécrétions aromatiques que celles récoltées en Europe. Des semis considérables sont faits chaque années, et ils permettent de distribuer des plants en grande quantité aux cultiya* teurs qui trouvent également des graines à la pépinière.
Indépendamment de ces essais, un agent supérieur de l'administration des tabacs a été chargé, par le département de la guerre, d'étudier les ressources que l'Algérie offre, en ces divers pomts, à ce précieux végétal, de répandre, parmi les colons et les indigènes, les bonnes méthodes de plantation, de récolte et de séchage, afin de rechercher quelles sont les va^ riétésqui conviennent le mieux au sol et au climat de l'Algérie.
Les variétés, qui, jusqu'à présent, on paru rentrer dans cette catégorie, sont une variété propre à l'Algérie et déjà cultivée par les indigènes dans la Metidja, la variété du Levant et la variété dite Philippin.
Des échantillons de ces tabacs ont été examinés à la manufacture centrale en 1843 et 1844. Us ont été trouvés de bonne qualité, susceptible de soutenir la concurrence avec plusieurs des tabacs venus de l'étranger, et de concourir ainsi, pour une forte part, aux approvisionnements de la métropole. M. le ministre des finances a décidé que les achats seraient faits en Algérie tant des indigènes que des Européens.
En 1844, ces achats se sont élevés à 25,138 kilog.
Canne à sucre. —11 existe une plantation de 5,000 pieds. On examinera d'abord si elles peuvent venir à maturité, ce qui est possible, et si, dans ce cas, elle contiennent assez de sucre cristallisable pour en rendre l'entretien avantageux. Quoi qu'il en soit, on pourra en extraire du rhum ou de Tal* cool, ainsi que le prouvaient des essais déjà faits.
Indigo. — On a expérimenté les variétés d'in'îîgo da
royaume de Naples, d'Egypte et de la Martinique : les essais n'ont pas encore donné des résultais définitifs ; on les continue.
Riz. — On a essayé le riz sec ou mutique. Il a parfaitement réussi; mais, s'il n'exige pas un sol entièrement submergé, comme le riz ordinaire, il lui faut un terrain tenu suffisamment humide par des arri^crgc^ donnés de deux en deux jours. Semé dans les derniers jours d'avril, il peut être moissonné dans les premiers jours d'août. Il a produit quatorze fois la semence malgré les dévastations commises par le moineau franc et le rat de Barbarie qui en ^nt très friands.
Phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande. — H en existe une plantation de cent et quelques pieds qui se sont développés avec une vigueur remarquable. Ce végétal qui produit des filaments d'une extrême ténacité et très recherchée, est appelé à bien réussir en Algérie. On en a semé une grande quantité.
Patate. — Les tubercules du convolvulus batalas réussissent parfaitement. Cette plante est appelée à devenir une 1res grande ressource pour la colonie, attendu qu'elle s'accommode de la chaleur et des terrains secs, qu'elle donne une nourriture très agréable et abondante, et que les ruminants en recherchent avidement les fanes.
Bananier. — Ce végétal peut être considéré comme introduit et vulgarisé en Algérie. Il en existait 3,954 plants à la fin de 1844. On en voit, à la pépinière centrale, une collection remarquable par la beauté de sa végétation et de ses fruits, qui sont succulents et salubres. Outre le bananier ordinaire {musa parasidiaca)^ la pépinière possède le bananier ilf* l:i Chine {musa sinenm) qui croît rapidement sans rit^passtr 1 met. 20c,, ce qui le préserve des vnnU, et quillunnijïli'slnjiliî i
plus abondants et plus heau\ h i riilliv^^ oiiiu U [ r
kcordes [musa textilis) ([u\ ïoixriid ni
3^8 AtxaÉÉl
jEBl)ricati[oD des cordages. Cest une variété qu'on sTéibcbël multiplier autant que possible»
Ananas. — îi^ananas peut être cultivé à t>eù de frais et ai pleine terre : il suffit de l'abriter en hiver sousdw chflasis wih biles, La pépinière centrale en ^Kissède tingt-trtnft variéHI formant un total de cent plants et jH^
Caféier. — Plusieurs localités sembléràîeiif lâl ébittnâ& en Algérie. Jusqu'à présent les essais n'onl pas f^iissi^ attênflil qu'ils ont été faits avec des graines qui sont arrnrées I la )iè^ pinière dans m\ état à peu près complet de deasicGation. Qp renouvelera les essais avec des graines fratiiies. '
Goyavier. — La pépinière en possède un nombre ooosidè^ rable de plants provenant de graines récoltées sur des ini|eii de l'établissement même. D donne en abondaiicè des froill ; qui font d'excellentes confitures. C'est un arbre acquis à TAt .
gérie^
Autres végétaux exotu/ues. — Parmi les v^étaux exotiques dont le succès paraît assuré, on doit citer le ficus elastica et rubiginosa qui se couvrent d'un beau feuillage toujours vert; le laurus barbonica^ bel arbre de haute taiUe aux Antilles et dont le bois est précieux pour l'ébénisterie; déjà il a donné des graines fécondes.
Le casuarina equiseti folio, qui crott très bien et dont le bov& est propre aux constructions navales.
Les casuarina de la pépinière qui viennent à merveille ont déjà fourni des graines; le quadrivalvis notamment se développe plus rapidement qu'aucune autre espèce
Le pin défi Canaries qui atteint une hauteur clouole de celTi des pins d*Âlep répandus dans le nays; le ^in à ion^d