LIVRE SIXIÈME
dres de son souverain et non pour les altérer etles affaiblir, Cette déclaration sévère fut accompagnée de tout ce qui pouvait la rendre plus intolérable, beaucoup de hauteur dans sa conduite, de l’arrogance, un ton tranchant dans toutes ses discussions, et cette insolence du pouvoir si choquante pour des hommes qui n’étaient pas même accoutumés à accorder à l'autorité civile le respect qui lui est dû. Toute tentative qui avait pour objet de suspendre ou de mitiger les nouvelles lois fut regardée par le viceroi comme suggérée par l'esprit de mécontentement et de rébellion. Il fit arrêter plusieurs personnes considérables, et d’autres furent mises à mort sans forme de procès. Vaca de Castro lui-même, sans égard pour le rang qu’il venait d'occuper et pour le service qu’il venait de rendre en prévenant une révolte générale dans la colonie, fut chargé de chaînes et jeté en prison comme un criminel',
Mais, quelque générale que fût l’indignation qu’a- Les mécontents choisis- , or : É sent Gonzalez l'autorité aurait eu encore assez de force pour l’em- pizarre pour
vaient inspirée de tels procédés, ilest probable que
pêcher d’éclater avec violence , si les mécontents chef:
n’eussent pas trouvé un chef capable par son crédit et son rang de réunir et de diriger leurs efforts. Depuis que les lois nouvelles avaient été connues au Pérou, tous les Espagnols avaient jeté les yeux
(1) Zarate, Gb. IV, cap. 23, 24, 25. Gomara, cap. 153, 155. Vega, p.2, lib. IF, cap. 4, 5. Fernandez, Gb. 1, cap. 6-10.
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sur Gonzalez Pizarre, comme sur le seul horime capable de détourner les malheurs qui menaçaient la colonie. Il recevait de tous côtés des lettres et des députations par lesquelles on le pressait de se déclarer le protecteur des colons, qui le soutiendraient au péril de leur vie et de leur fortune. Gonzalez, avec moins de talent que ses frères, avait autant d’ambition et de courage. L’ingratitude de la cour envers sa famille était sans cesse présente à son esprit. Ferdinand était prisonnier d'état en Europe. Les enfants de François, confiés à la garde du nouveau vice-roi , étaient retenus à bord de sa flotte. Lui-même se trouvait réduit à la condition de simple citoyen dans un pays que les Pizarre avaient découvert et conquis pour la monarchie. Ces pensées le poussaient à la vengeance et l’excitaient à défendre les droits de sa famille, dont il se regardait comme le dépositaire et l'héritier. Mais comme un Espagnol se dépouille diffcilement de ce respect pour son souverain qui lui est comme naturel, la seule idée de prendre les armes contre les troupes royales lui faisait horreur. Il hésita long-temps , et il restait encore irrésolu, lorsque les violences du vice-roi, le vœu général de ses compatriotes et la certitude de se voir bientôt lui-même victime de la sévérité des lois nouvelles le déterminèrent à quitter Chuquisaca-de-la-Plata, lieu où il faisait sa résidence, pour se rendre à
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