LIVRE SEPTIÈME
a même par la force des armes, on a figuré un bouclier cou-
dû faire vert de flèches placé entre ce souverain et les villes 4 re, aller qu’il a conquises. On ne trouve cependant dans leurs il symbole peintures qu’un seul exemple de tentative pour ex- } itraires, ’ primer des idées d’objets qui n’ont aucune forme f (4) capable sensible : c’est dans leur manière de désigner les À ons em- nombres. Ils avaient inventé pour cela des caractères {\ eintures ou signes de pure convention, dont ils se servaient À bservant pour compter les années des règnes de leurs rois et À on y re- le montant des sommes payées au trésor royal. La d l’hiéro- figure du cercle représente l'unité; elle se répète W ipale de pour exprimer les petits nombres. Des marques par- é e du su- ticulières expriment les nombres plus grands, et il Dans les y en a pour désigner tous les nombres cardinaux, F] les villes depuis vingt jusqu’à huit mille‘. La courte durée 11 ent re- de l’empire des Mexicains ne leur a pas permis L e gros- d'avancer plus loin dans cette route qui conduit M: es villes les hommes de la peinture si laborieuse et si comtue s’é- pliquée des objets réels à la simplicité et à la fa- li iblèmes cilité de l’écriture alphabétique. Quoiqu’on décou- 0 , d’au- vre dans l’emploi de ces moyens quelques idées qui À île des pouvaient les conduire à l'écriture, on ne peut ce-
ne voit pendant y voir rien de plus qu’une écriture en ta-
e, mais bleaux, assez améliorée pour prouver leur supé-
eurs on riorité sur les tribus sauvages de l'Amérique, mais k age de | qui est encore assez défectueuse pour n’appartenir °
Pour qu’au premier période du progrès que doit avoir fait
maine (r) Voyez la note 46.
une nation, pour être mise au rang des peuples civilisés *.
CR . Leur manière de mesurer le temps est une preuve
mesurer le Moins équivoque de leur industrie, Ils divisaient
temps. l’année en dix-huit mois, chacun de vingt jours, qui, tous ensemble, faisaient trois cent soixante jours. Mais comme ils avaient observé que le soleil ne faisait pas sa révolution tout entière dans cette période, ils avaient ajouté cinq jours à l’année. Ces cinq jours intercalaires étaient appelés d’un nom synonyme de surruméraire où perdu, et, comme ils n’appartenaient à aucun mois, pendant toute leur durée il ne se faisait aucun travail ni aucune cérémonie religieuse; on les passait dans les plaisirs et dans les fêtes *. Une différence si peu considérable
entre l’année des Mexicains et l’année vraie prouve que ces peuples avaient porté quelque attention à des recherches et des spéculations sur lesquelles les hommes ne tournent jamais leurs pensées tant qu’ils sont dans l’état de barbarie’.
Faits qui Tels sont, dans les mœurs et le gouvernement des
indiquent un
état impar-
fait de civili- ! LE
sn\lon (x) Voyez la note 47 et celle que nous avons mise à la suite d’après M. de Humboldt. (D. L. R.)
(2) Acosta, Lib, VI, cap. 2.
(3) On trouve des renseignements curieux sur le calendrier Aztèque dans les Vues pitt. des Cordillères et monuments des peup. indig. de l'Am.,1. 1, p. 338 et suiv. ett. IL,p. + et suiv.
Mexicains, les traits les plus frappants qui peuvent
s peuples
ne preuve divisaient ngt jours, t soixante ue le soleil dans cette année. Ces un noM Sycomme ils toute leur cune céréplaisirs et nsidérable aie prouve attention à squelles les
tant qu’ils
ement des ui peuvent
la suite d’après
drier Aztèque sup. indig. de
LIVRE SEPTIÈME. 203 les faire regarder comme un peuple très civilisé, tandis que d’autres circonstances peuvent fairecroire que, par leur caractère et plusieurs de leurs institutions, ils ne différaient pas beaucoup des autres habitants de l'Amérique.
Les Mexicains, comme les tribus sauvages quiles Leurs guer-
environnaient, étaient sans cesse en guerre, et les motifs qui les y poussaient semblent avoir été les mêmes : ils combattaient pour satisfaire leur vengeance, en versant le sang de leurs ennemis. Dans les combats, ils cherchaient principalement à faire des prisonniers , et la victoire était d’autant plus éclatante qu’ils en faisaient davantage. On ne rendait jamais de captifs : tous étaient égorgés sans miséricorde, et les vainqueurs les dévoraient avec la joie barbare des sauvages les plus féroces. En quelques occasions la cruauté était portée à des excès encore plus monstrueux. Leurs principaux guerriers se couvraient quelquefois. de la peau sanglante des malheureuses victimes qui avaient succombé sous leurs coups, et allaient dansant dans les rues, célébrant leur propre valeur et insultant à leurs ennemis". Jusque dans leurs institutions civiles on trouve des traces de cette barbarie que leur système de guerre leur inspirait. Les quatre principaux conseillers de l'empire étaient distingués par des titres atroces, qui n’avaient pu être imaginés que chez
(r) Herrera, Decad. ILE, lib. IL, cap. 15. Gomara, Cron. cap, ar7.
ur. 19
une nation qui se plaît dans le carnage et dans le sang'. Cette férocité de caractère se trouve chez toutes les nations de la Nouvelle-Espagne. Les Tlascalans, le peuple du Mechoacan, et d’autres états ennemis des Mexicains, étaient aussi sans cesse en guerre, et traitaient leurs ennemis avec la même cruauté. À mesure que les hommes s'unissent en société et vivent sous l’empire des lois et d’une police régulière, leurs mœurs s’adoucissent, les sentiments d'humanité naissent en eux ; les droits et les devoirs sont mieux connus; la férocité des guerres s’affaiblit, et, même au milieu des combats, les hommes se souviennent de ce qu’ils se doivent les uns aux autres. Le sauvage combat pour détruire, le citoyen pour conquérir. Le premier est inaccessible, à toute
pitié et n’épargne personne; le dernier a acquis une sensibilité qui adoucit ses fureurs. Cette sensibilité paraît avoir été entièrement étrangère aux Mexicains. La barbarie avec laquelle ils faisaient la guerre était telle qu’on ne peut s'empêcher d’en conclure qu’ils étaient bien imparfaitement civilisés.
Leurs céré Leurs cérémonies funèbres n’étaient pas moins
monies funè-
es, sanglantes que celles des tribus les plus sauvages.
À la mort des grands, et surtout lorsque l’empereur cessait de vivre, un certain nombre de ses domestiques étaient choisis pour l’accompagner dans l’autre monde, et ces malheureuses victimes
(1) Voyez la note 48.
et dans le uve chez Les Tlasitres états s cesse en la même ent en sone police entiments es devoirs es s’affai- ; hommes UNS aux le citoyen le, à toute cquis une ensibilité ux Mexila guerre conclure
as moins sauvages.
que l’embre de apagner victimes