‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 163 sur 184 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

de notre continent y arrivent à une parfaite maturité, Les animaux de notre hémisphère s’y multiplient , et leurs races s’y perfectionnent. Les bêtes à cornes y sont plus belles qu’en Espagne. Les chevaux du Chili sont plus beaux et ont plus de vivacité que les fameux andaloux dont ils descendent. La nature ne s’y est pas bornée à enrichir la surface de la terre; elle a caché des trésors dans ses entrailles. On a découvert en différents endroits des mines très riches d’or, d'argent, de cuivre et de plomb.

Il semble qu’un pays si favorisé de la nature aurait dû être un établissement préféré et l’objet particulier des soins du gouvernement espagnol : le contraire est arrivé. Une grande partie du Chili est restée déserte. Il n’y a pas en tout plus de quatre-vingt mille blancs et environ trois fois autant de nègres et de métis *, Le sol le plus fertile de l'Amérique demeure sans culture, et ses mines les plus riches ne sont

(1) Il y a aussi des mines de fer dans les provinces de Coquimbo, de Copiapo , d’Aconcagua et de Huilquiléma, et des mines de charbon de terre à Talcahuano. M. de Humboldt porte le produit annuel des mines d’or et d’argent du Chili, tel qu’il était au commencement du 19° siècle, à 2,807 kilog. d’or, et à 6,827 kilogr. d'argent, dont la valeur totale était de 10,300,000 fr. En 18ar, don Mannuel de Salas, cité par M. Caldcleugh , n’évaluait ce produit annuel qu’à 7,500,000 f. Suivant un dicton du pays rapporté par le capitaine Basill Hall, on s’enrichit parles mines decuivre, tandis qu’on s’appauvrit par les mines d’or, et qu’on se tire à peu près d’affaire par les mines d’argent. (L.L.R.)

(2) Suivant M. Miers, le Chili, contrée longue et étroite , aurait aujourdhui 560,000 habitants sur une superficie de 66,960 milles carrés. D'après le Dictionnaire géographique universel, le Chili, en y com-

Causes qui ont fait négliger le Chili par les Espagnols.

35a HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.

point exploitées. Quelque étrange que cette négligence puisse paraître, on peut en assigner les causes. Tout le commerce de l'Espagne avec ses colonies de la mer du Sud ne s’est fait pendant deux siècles que par ia flotte qui se rend annuellement à Porto-Bello. Toutes les productions des colonies étaient embarquées dans les ports de Callao ou d’Arica au Pérou, et envoyées à Panama, d’où elles étaient transportées par terre au travers de l’isthme. Toutes les marchandises qu’elles recevaient de la métropole leur étaient portées de Panama, et débarquées dans les mêmes ports du Pérou. Ainsi les importations au Chili, de même que les exportations de ce pays, passaient par les mains des commerçants du Pérou. Ceux-ci faisaient un double profit, et dans les deux cas les habitants du Chili étaient dans

leur dépendance, sans commerce direct avec l’Espagne, et à la merci d’une autre colonie pour fournir à leurs besoins aussi bien que pour vendre leurs

prenant tout le pays des Araucaniens, (les Æraucos de Robertson) quoique le peuple ne reconaût pas la domination de l’Espagne, et l'archipel de Chiloé, aurait vingt-un mille trois cents lieues carrées de superficie, tandis qu’il n’auraituue quinze milledeux cents lieues, en en retranchant le pays des Araucaniens et en le bornant au Biobio vers 370 de latitude. Sa largeur varie; mais elle est généralement de cinquante lieues. La population du Chili, proprement dit, +1 évaluée de 600,000 à 800,000 habitants par M. Caldcleugh. Suivant Schmidt Meyer, elle ne serait que de 400,000 habitants; enfin M. de Humboldt, Foy. aux régions équinox, t. IX, liv. IX, p. 64, donne à ce pays une superficie de 12,400 lieues carrées de 20 au degré, et une population de r,000,000 habitants. (D. L.R.)

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