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Note 1, page 8.
Hennena et Solis croient que Velasquez fut :
ragé à former cet armement contre Cortez, pu apports qu'il recut d'Espagne, touchant la réception des agents envoyés par la colonie de la Vera-Cruz, et par la chaleur avec laquelle Fonseca, évêque de Burÿos, avait épousé ses intérêts et condamné les procédés de Cortez. Herrera, Decad, ?, lib. AX, cap. 18. De Solis, lib. 1V, cap. 5. Mais l'ordre chronologique des événements réfute cette supposition. Portocarrero et Montejo mirent à la voile de la Vera-Cruz le 26 juillet 1519. Herrera, Decad. ?, lib. N, cap. 4. Ms débarquèrent à San-Lucar, en octobre, suivant Herrere, tbid. Mais P. Martyr, qui se trouvait à la cour dans ce temps-là, et qui communiquait jour par jour tous les événements de quelque importance àses correspondants, parle pour la première fois le 1* décembre de l'arrivée de ces agents, comme d'un événement récent, £pist. 650, Tous les historiens s'accordent à dire que les agents de Cortez eurent leur première audience de l'empereur à Tordésillas, lorsqu'ilse rendit dans cette ville pour y voir sa mère, en allant à Saint-Jacques de Compostelle, Herrera, De-
cad, ?, lib. NV, cap. 4. De Solis, lib. 1N, cap. 5. Mais l'empereur partit de Valladolid pour aller à Tordésillas le 11 mars 1520, et P. Martyr dit avoir vu alors les présents faits à Charles-Quint, Epist. 1, 665. L’armement commandé par Narvaez partit de Cuba en avril 1520. 1l est donc clair que Velasquez n’a pu recevoir aucune nouvelle de ce qui s'était passé à cette entrevue à Tordésillas, avant ses préparatifs hostiles contre Cortez. Ses vrais motifs paraissent avoir été ceux dont j'ai parlé. La patente qui le nomme adelantado de la Nouvelle-Espagne , avec des pouvoirs aussi étendus , est datée du 13 novembre 1519. Herrera, Decad. 2, lib. Vi, cap. 11. Il a pu la recevoir vers le comaencement de janvier. Gomara remarque que du moment qu’il eut reçu sa patente, il commença à équiper une flotte et à lever des troupes. Cron. cap. 96.
Note 11, page 11.
Solis prétend que, comme Narvaez n’avait point d’interprètes, il ne pouvait avoir aucune communication avec les peuples des provinces , niconverser avec eux que par le moyen des signes, et qu'il lui était également impossible d’avoir quelque commerce avec Montézuma , 46. IV, cap. 7. Mais c’est d'après l’autorité de Cortez même que je rapporte toutes les particularités de la correspondance de Narvaez avec Montézuma , et avec ses sujets dans les provinces maritimes. Relat. Ramus. WI, 244, AC. Cortez assure qu’il ÿ avait une espèce de correspondance établie entre Narvaez et les Mexicains ; mais il n'explique point de
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quelle manière elle se faisait. B. Diaz supplée à ce défaut, en disant que les trois déserteurs qui avaient
joint Narvaez lui servaient d'interprètes, étant assez
instruits de la langue du pays, cap. 110. 11 rapporte avec son exactitude ordinaire leurs noms ct leurs caractères, et parle, chap. 122, de la manière dont ils furent punis de leur perfidie. Il y avait alors un an que les Espagnols demeuraient avec les Mexicains ; il n’était donc pas surprenant que quelques-uns d’entre eux eussent appris à parler la langue du pays, comme il y a lieu de le croire. Herrera, Decad. ?, lib. X, cap. 1. B. Diaz, qui en futle témoin, et Herrera, le plus exact et le plus instruit des auteurs espagnols, s'accordent avec le récit que donne Cortez de la correspondance secrète avec Montézuma, Decad. ?, lib. IX, cap. 18, 19. Solis semble regarder comme un déshonneur pour Coriez, son héros, que Montézuma ait voulu s’engager dansune correspondance avec Narvaez. Il prétend que ce monarque avait pris une telle amitié pour les Espagnols, qu’il ne desirait point de les voir partir. Cette affection parait peu croyable quand on pense à la manière indigne dont il avait été traité, et Solis même est obligé d'avouer qu’on doit la regarder comme un des miracles que Dieu a opérés pour faciliter la conquête du Nouveau-Monde, 46. IV, cap. 1. Ce qu'il ya de vrai, c’est que, malgré la crainte que Montézuma avait des Espagnols, il n’était pas moins impatient de recouvrer sa liberté,
368 NOTES Note ir, page 29.
J'ai pris ces mots de l’histoire anonyme de l'établissement des Européens en Amérique , publiée par Dodsley, en ? vol. i##-8°, ouvrage d’un mérite si reconnu, que je ne crois pas qu'aucun écrivain de ce siècle puisse rougir de s’en avouer l’auteur.
Note 1v, page 37.
Les historiens contemporains diffèrent considérablement sur le nombre des hommes que les Espagnols perdirent en cette occasion. Cortez, dans sa seconde lettre àl’'empereur, ditqu'’il n’y eut que cent cinquante hommes tués. Relat. apud Ramus. I, pag. 249, À. Mais son intérêt exigeait alors qu'il laissât ignorer à la cour d'Espagne toute la perte qu’il avait faite. Solis , toujours attentif à diminuer les échecs qu’essuyaient ses compatriotes, évalue cette perte à deux cents hommes, 46. IV, cap. 19.B.Diaze : qu'ils perdirent huit cent soixante-dix homm , -t que quatre cent quarante seulement s'échappèrent de Mexico, cap. 123, pag. 108; B. Palufox, évêque de Los Angelès, qui paraît avoir porté un œil attentif sur les événements arrivés à ses compatriotes dans la Nouvelle-Espagne, confirme le récit que B. Diaz fait de la grandeur de leur perte. Virtudes del Indio, pag. 22. Gomara évalue cette perte à quatre cent cinquante hommes, Cron. cap. 109. Quelques mois après, Cortez, ayant reçu plusieurs renforts , fit la revue de ses troupes, et trouva qu’elles montaient seulement à cinq cent quatre-vingt-dix hommes. Relat. ap. Ramus,
ET ECLAIRCISSEMENTS. 369 IN, pag. 255, E. Comme Narvaez avait amené huit cent quatre-vingtshommes dans la Nouvelle-Espagne, et qu'alors environ quatre cents soldats de Cortez vivaient encore, il est évident que sa perte, à la retraite de Mexico, doit avoir été beaucoup plus considérable qu’il ne le dit. B. Diaz, toujours porté à exagérer les dangers et les fatigues auxquels ses compagnons et lui avaient été exposés, peut avoir exagéré le nombre des morts ; mais je crois qu’on ne peut pas l’estimer à moins de six cents hommes.
Note v, page 61.
On voit encore quelques restes de ce grand ouvrage, et l’on montre aux étrangers l'endroit où l’on conduisit et lanca à l’eau les brigantins. Torquemada les a vus. Monarq. Indiana, vol. 1, pag. 531.
Note vi, page 71.
Le poste d'Alvarado, sur la chaussée de Tacuba, était le plus voisin de la ville. Cortez dit qu'ils pouvaient observer distinctement de là tout ce qui se passait lorsque leurs compagnons furent sacrifiés, Relat. ap. Ramus. NL, pag. 213, E. B. Diaz, qui était de la division d’Alvarado, rapporte ce qu’il a vu de ses yeux , cap. 152, pag. 148, B. 149, 4. Il décrit avec son ingénuité ordinaire l'impression que lui fit ce spectacle , et sa franchise est celle d’un homme dont le courage était trop connu pour être suspect. « Avant « que j'eusse vu, dit-il, la poitrine de mes compagnons « ouverte, leurs cœurs palpitants offerts à une affreuse
« idole, etleur chair dévorée par nos cruels ennemis, « j'étais accoutumé à marcher au combat, non-seule- « ment sans crainte, mais avec une grande intrépi- « dité ; mais, depuis ce moment-là, je ne m’approchai « jamais des Mexicains pour les combattre sans une « secrète horreur et sans anxiété; je frémissais en « pensant à la mort cruelle que mes amis avaient su- « bie en ma présence. » 1l a soin d'ajouter que cette crainte cessait aussitôt que le combat était engagé , et sa valeur reconnue en toute occasion ne peut laisser aucun doute sur son récit. B. Diaz, cap, 156, pag. 157, À.
Note vu, page 78.
Une circonstance de ce siége mérite de fixer notre attention. Le récit que les historiens espagnols font des armées nombreuses employées à l'attaque et à la défense de Mexico paraît incroyable. Suivant Cortez mème , il a eu à la fois à son service cent cinquante mille auxiliaires indiens. Relat. ap. Ramus. III, pag. 275, E. Gomara dit qu'il y en avait plus de deux cent mille, Cron. cap. 136. Herrera , auteur d’une plus grande autorité, assure aussi qu'ils étaient au nombre d'environ deux cent mille, Decad. 3, lib. X, cap. 19. Aucun des historiens contemporains ne marque positivement le nombre des personnes qui se trouvèrent au siége de Mexico ; mais Cortez parle souvent des Mexicains qui y furent tués , ou qui périrent faute de nourriture ; et, si l’on peut ajouter foi à ces rapports, il est à croire que plus de deux cent mille Indiens se
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trouvaient renfermés dans la ville. Mais la quantité extraordinaire de vivres nécessaires pour la subsistance d’une si grande multitude assemblée pendant trois mois dans une place, et les soins que les Mexicains auraient dù prendre pour les rassembler, font douter qu’on püt y parvenir dans un pays où l’agriculture était encore si imparfaite, où il n’y avait aucun animal domestique , et dont le peuple n’était pas capable du degré de”prévoyance et d'ordre qu'aurait exigé un plan si compliqué. Les Espagnols, malgré leurs soins et leur attention, furent très mal nourris, etse trouvèrent souvent réduits à la plus affreuse extrémité, faute de vivres. B. Diaz, pag. 142. Cortez, Relat. 271, D. Cortez parle une fois en passant de la subsistance de son armée; et, après avoir avoué qu’il se trouvait souventdans le plus grand besoin, il ajoute qu’il recevait des secours des naturels, qui lui apportaient du poisson et des fruits, auxquels il donne le nom de cerises du pays, ibid. B. Diaz dit-qu'ils avaient des gâteaux de maïs et des cerasas de la tierra , et que quand la saison en était passée , ils avaient d’autres fruits qu’il appelle tunas ; mais leur meilleur aliment était une racine dont les Indiens se nourrissent, et qu'ilnomme quilites, pag. 142. Les Indiens auxiliaires avaient un moven de plus pour se nourrir que les Espagnols; ils mangeaient les Mexicains qu’ils tuaient dans le combat, Cortez, Relat. 116, C. B. Diaz confirme ce récit, et ajoute que , lorsque les Indiens retournèrent de Mexico chez eux, ils emportèrent une grande quantité de chair des Mexicains , salée on sé-
chée, comme un présent fort précieux pour leurs parents, qui auraient le plaisir de se nourrir dans leurs festins du corps de leurs ennemis, pag. 157. Solis, qui paraît craindre qu'on n’impute à ses compagnons d’avoir agi de concert avec des auxiliaires qui se nourrissaient de chair humaine, est très attentif à prouver qu’ils cherchèrent à engager leurs alliés à ne point manger les corps des Mexicains, /6. V, cap. 24: mais il ne peut s'appuyer sur l'autorité d'aucun historien original. Diaz et Cortez lui-même ne paraissent pas avoir eu un pareil scrupule, et en pl'sieurs occasions Cortez parle, sans en témoigner d'horreur, de ces repas indiens, qui leur étaient devenus très familiers. Mais, malgré ce supplément de nourriture pour les Indiens, il ne paraît encore guère possible qu’ils aient pu fournir des vivres pour des armées aussi considérables que celles dont parlent les historiens espagnols. Peut-être que le meilleur moyen de résoudre cette difficulté est d'adopter le sentiment de B. Diaz del Castillo, le plus naïf de tous les Aistoriadores primitivos. « Lorsque Gomara, dit-il, rapporte en quelques « endroits que nous avons eu tant de milliers d’Indiens « pour alliés, et d’un autre côté, qu'il y avait tant de « milliers demaisons dans telle ou telle ville, on ne doit « avoir aucun égard à cette énumération, parce que « son autorité ne peut être d'aucun poids à cet égard, « le nombre des hommes ou des maisons n'étant pas « la cinquième partie de ce qu’il dit. Si l'on addition- « nait les différents nombres qu’il cite, ce pays con- « tiendrait plus de millions d'hommes qu’il n'y en a
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« dans la Castille , » cap. 129. Mais, quoiqu'on puisse rabattre beaucoup des calculs que les Espagnols ont donnés des forces mexicaines, elles doivent cependant avoir été fort considérables, car il n’y avait qu’une très grande supériorité du nombre qui pôt les engager à faire tête à un corps de neuf cents Espagnols, commandé par un général aussi habile que Cortez.
Note vin, page 95.
En parlant des procédés cruels et tyranniques des conquérants de la Nouvelle-Espagne , je n'ai pas pris pour guide Barthélemi de Las Casas , parce que le récitqu'ilen fait, Relat. de la Destruyc., pag. 18, elc., est manifestement exagéré. C’est sur le témoignage de Cortez même et de Gomara, qui écrivit sous ses yeux, que j'ai fondé le récit de la punition infligée aux Panucans, qu'ils rapportent sans y ajouter aucun sentiment d’improbation. B. Diaz, contre sa coutume, n’en parle qu’en des termes généraux, ch. 162. Horrera , attentif à pallier les actions barbares de ::s compatriotes, dit bien que soixante caciques et quatre cents personnes de distinction furent condamnées aux flammes; mais il prétend qu'il n'y en eut que trente de bràlées, et qu’on pardonna aux autres, Decad. 3, lib. V, cap. 1. Mais cela est contraire au témoignage desécrivains originaux, etparticulièrement à celui de Gomara, qu’il paraît avoir consulté , puisqu’on retrouve plusieurs de ses expressions dans ce même passage. Les historiens espagnols les plus au-