‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 170 sur 184 · ILE · texte numérisé non relu

ILE

thentiques parlent de la punition de Guatimosin. Torquemada a extrait d'une histoire de Tezcuco , écrite en langue mexicaine, un récit de ce fait, plus favorable a Guatimosin que ceux des écrivains espagnols, Mon. Indiana, X, 515. Suivant ce récit, Cortez v'avait aucune preuve positive pour justifier un pareil acte de cruauté. Bern. Diaz assure que Guatimosin et ses malheureux compagnons attestèrent leur innocence en rendant le dernier soupir, et que plusieurs soldats condamnèrent l’action de Cortez comme également injuste et inutile, pag. 200, B, 201, 4.

Note 1x, page 98.

Cette expédition avait pour motif de punir Christoval Olid, un de ses officiers, qui s'était révolté contre lui, et qui cherchait à se former une juridiction indépendante. Cette révolte parut à Cortez d’un exemple si dangereux, et il craignait tellement l’expérienceetla popularité d’Olid, qu'ilmarchalui-même à la tête des troupes destinées pour l’apaiser. Suivant Gomara, il fit plus de trois mille milles au travers d’un pays couvert d’épaisses forêts, de montagnes escarpées , de rivières profondes, peu habité et cultivé seulement en quelques endroits. 11 n’y a que les aventures des autres conquérants du Nouveau-Monde qui puissent égaler ce qu'il souffrit par la famine, par les hostilités des naturels du pays, par les rigueurs du climat et par des fatigues de toute espèce. Cortez employa plus de deux ans à cette terrible expédition, qui ne fut marquée par aucun événement d'éclat, mais

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pendant laquelle il donna de plus grandes preuves de son courage, de la force de son esprit, de sa persévérance et de sa patience, que dans aucune autre période de sa vie. Herrera, Decad. 3, lib. VI, VII, VHlet IX. Gomara, Cron. cap. 163-117. B. Diaz, 114-190.

Si l’on avait à écrire la vie de Cortez, cette expédition devrait y occuper une place remarquable ; mais comme elle ne produisit aucune action un peu importante, il suffit d'en faire mention dans une histoire générale de l'Amérique.

Note x, page 100.

Suivant Herrera, le trésor que Cortez apporta avec lui consistait en quinze cents marcs d’argenterie travaillée, deux cent mille pesos d'or fin et dix mille d’un moindre aloi, plusieurs diamants de grand prix, un entre autres valant quarante mille pesos, et plusieurs ornements et bijoux de prix : Decad. 4, lib. III, c. 8; lib. IV, cap. 1. Il s'engagea ensuite à donner en mariage à sa fille cent mille pesos. Gomara, Cron. c. 237. 11 laissa à ses fils une fortune très considérable. Nous avons cependant déjà remarqué que la somme qui fut partagée entre les conquérants à la première réduction de Mexico était fort petite. Il y a donc lieu de croire que les accusations des ennemis de Cortez n'étaient pas tout-à-fait dénuées de fondement. Ils lui reprochaient de s'être approprié injustement une portion exorbitante des dépouilles des Mexicains ; d’avoir caché les trésors de Montézuma et de Guatimosin ; d’avoir distrait le quint du roi, etd’avoir privé

376 NOTES ses compagnons de ce qui leur était dû : errera, Decad, 3, lib. VIN, cap. 15; Decad, 4, lib. WA, cap. 8. Quelques-uns même des conquérants eurent de pareils soupçons, B. Diaz, cap. 151.

Note x1, page 103.

M. de Humboldt (Essai politique sur la Nouvelle- Espagne, tom. Y1, pag. 416 et 417) a trouvé, dans un manuscrit conservé dans les archives de la viceroyauté de Mexico, que la Californie avait été découverte en 1526, sans qu’on fit connaître sur quoi cette assertion était fondée. Il paraît, d'après les extraits, que l’auteur de la Relacion del viage al Estrecho de Fuca a faite des manuscrits précieux conservés à l'académie royale d'histoire de Madrid , que cette province ne fut pas même vue dans l'expédition de Diego Hurtado de Mendoza, en 1532. Les côtes de la Californie furent découvertes par Hernando de Grixalva au mois de février 1534, dans le cours d’une des navigations entreprises aux frais particuliers de Cortez. Celui-ci, mécontent de la lenteur et du peu de succès des découvertes dans la mer du Sud, s’embarqua lui-même en 1535 au port de Chiametlan, longea les deux côtes du golfe que l’on désigna dès lors par le nom de Mer de Cortez, qu’il porte encore à si juste titre. Il poursuivit sans relâche ses découvertes en Californie, et, lorsqu'il fut obligé de revenir à Acapulco, il les fit poursuivre, toujours à ses frais, par Francisco de Ulloa , qui dans le cours d’une navigation de deux ans reconnut les côtes du golfe de Californie jusque vers l'embouchure du Rio Colorado. (D. L. R.)

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ET ÉCLAIRCISSEMENTS, 377 Note xu1, page 105.

En traçant les progrès des armes espagnoles dans la Nouvelle-Espagne , nous avons suivi Cortez luimême comme le guide le plus sûr. Ses lettres à l'empereur contiennent un récit exact de ses opérations; mais le vainqueur ignorant du Pérou n'était pas en état d'écrire lui-même ses propres exploits. Cependant nous avons puisé les faits dans des auteurs contemporains et respectables.

C’est François Xerez, secrétaire de Pizarre , qui nous a donné la première relation de ses exploits au Pérou. C’est un récit simple et naïf, qui ne va que jusqu’à la mort d’Atahualpa en 1533 ; car l’auteur retourna en Espagne en 1534, et fit imprimer immédiatement après son arrivée sa courte histoire de la conquête du Pérou, qu’il dédia à l'empereur.

Don Pedro Sancho, officier qui servit sous Pizarre, écrivit un récit de son expédition, qui füt traduit en italien par Ramusio et inséré dans son précieux recueil, mais qui ne fut jamais publié dans sa langue originale. Sancho retourna en Espagne dans le même temps que Xerez. On peut ajouter la plus grande foi à tout ce que ces deux auteurs ont dit des opérations de Pizarre ; mais les Espagnols étaient restés si peu de temps au Pérou lorsqu'ils quittèrent ce pays, et ils avaient eu si peu de communication avec les habitants, qu'ils n'avaient qu’une connaissance fort bornée des mœurs et des usages des Péruviens.

L'historien contemporain qui vient ensuite est Pierre Cieça de Léon, qui publia sa Chronique du

Pérou à Séville en 1553. S’il avait fini tout ce qu'il se proposait par la division générale de son ouvrage, c’aurait été l’histoire la plus complète qui eût été publiée de quelque partie du Nouveau-Monde que ce fût. Il était très en état de l’exécuter, ayant servi pendant dix-sept ans en Amérique, et ayant parcouru lui-même la plupart des provinces dont il avait à parler. Mais la première partie de sa chronique a seule été publiée ; elle contient une description du Pérou et de plusieurs des provinces adjacentes , et un détail ñistorique des mœurs et des usages des naturels du pays, écrite avec si peu d’aix et avec tant d'apparence de vérité, qu’on ne peut s'empêcher de regretter la perte des autres parties de son ouvrage.

Cette perte est amplement réparée par don Augustin Zarate, qui en 1555 publia son Historia del descubrimiento y conquista de la provincia del Peru. Zarate, homme de condition, avait reçu une bonne éducation et avait été employé au Pérou en qualité de contrôleur général du revenu public. Son histoire , tant par le sujet que par la manière dont elle est écrite, est un livre fort estimable ; et comme il a été à portée d’être bien informé, et qu'il paraît avoir observé avec attention les mœurs et les actions des Péruviens, son témoignage mérite le plus grand crédit.

En 1571, don Diego Fernandès publia son histoire du Pérou, dont le seul objet est de rapporter les divisions et les guerres civiles des Espagnols dans cet empire. Comme il a été employé dans les affaires publiques au Pérou, et qu'il avait une connaissance

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ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 379 exacte du pays et des principaux acteurs dans les scènes singulières qu'il décrit; que d’ailleurs il avait un jugement sain et une grande impartialité, il peut être mis au rang des historiens les plus distingués par l'exactitude de leurs recherches et par leur discernement à juger des événements qu’ils rapportent.

Garcilaso de la Vega, inca, est celui qu’on peut regarder comme le dernier historien contemporain de la conquête du Pérou; car quoique la première partie de son ouvrage, intitulé Commentarios Reales del Origen de los Incas reies del Peru , ne fàt publiée qu’en 1609, soixante-seize ans après la mort d’Atahualpa , le dernier empereur , cependant, comme il était né au Pérou d’un officier de distinction et d'une coya ou femme de la famille royale, ce qui l’autorisait à prendre le titre d’inca; comme d’ailleurs il parlait fort bien la langue des incas, et qu’il était instruit des traditions de ses compatriotes, son autorité est fort estimée et souvent même préférée à celle de tous les autres historiens. Cependant on ne peut regarder son ouvrage que comme un commentaire des écrivains espagnols qui ont traité de l’histoire du Pérou , composé de citations prises des auteurs dont j'ai parlé. C’est l’idée qu’il en donne lui-même , 4.1, cap. 10. Ce n’est pas seulement dans le récit des faits qu'il les suit servilement ; mais il ne paraît pas mieux instruit qu'eux en expliquant les institutions et les cérémonies de ses ancêtres. L’explication qu’il donne des quipos est à peu près la même que celle d’Acosta. Il ne cite aucun exemple de la poésie des Péruviens, si ce n'est

le mauvais morceau qu’il a pris de Blas Valera, un des premiers missionnaires, dont les mémoires n’ont jamais été publiés, 46, II, cap. 15. Au reste, ce serait en vain qu’on chercherait dans les commentaires de l’inca le moindre ordre et le discernement nécessaire pour distinguer ce qui n’est que fabuleux d’avec ce qui est probable ou vrai. Malgré tous ces défauts, son ouvrage peut être utile. On y trouve quelques traditions qui lui ont été communiquées par ses compatriotes. La connaissance qu’il avait de la langue péruvienne l’a mis à portée de corriger quelques erreurs des écrivains espagnols, et il y a inséré des faits curieux qu’il a pris dans les ouvrages de quelques au-

teurs, dont les écrits n’ont jamais été publiés et qui sont perdus maintenant.

Note xu1, page 111.

On pourra se former une idée des peines qu'ils eurent à souffrir, et de l’insalubrité des pays qu'ils parcoururent par la mortalité extraordinaire qui régna parmi eux. Pizarre conduisit avec lui cent douze hommes, et Almagro soixante-dix ; il en mourut cent trente en moins de neuf mois, et peu par l'épée; presque tous périrent de maladie : Xerez, pag. 180.

Note x1v, page 115.

Cette île, dit Herrera, est si désagréabl: par l’insalubrité de son climat, par ses bois impénétrables, ses montagnes escarpées ct la multitude des insectes et des reptiles, que lorsqu'on en parle on se sert ordi-

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nairement de l’épithète d'in/érnale. On y voit rarement le soleil, et il y pleut presque toute l’année, Decad. 3, Lib. X, cap. 3. Dampier, qui toucha à cette île en 1685, n’en rend pas un compte plus favorable, vol. 1, pag. 112. Pendant sa croisière sur cette côte, il visita la plupart des endroits où Pizarre descendit, et la description qu'il en fait jette un grand jour sur les récits des premiers historiens espagnols.

Note xv, page 134.

Les chevaux étaient alors fort multipliés dans les possessions espagnoles sur le continent. Lorsque Cortez commencçason expédition en 1518, il ne put se procurer que seize chevaux, quoique son armement fût plus considérable que celui de Pizarre, et composé de personnes d’un rang supérieur à ceux qui conquirent le Pérou.

Note xvi, page 135.

En 1740 , Don Antoine Ulloa et Don Georges Juan allèrent de Guayaquil à Motupé par la même route que Pizarre avait suivie. On peut se former une idée de la difficulté de sa marche par le récit qu’ils ont fait de leur voyage. Les plaines sablonneuses entre Saint-Michel de Piura et Motupé s'étendent à quatrevingt-dix milles, sans qu’on trouve ni eau, ni arbre, ni plante, ni verdure sur cette horrible étendue de sable brûlant. Voyage , tom. 1, pag. 399, etc.

Note xvu1, page 141.

C'est avec justice que tous les historiens ont cen-

suré le discours extravagant et déplacé de Valverde, Mais , quoiqu'il paraisse avoir été un moine fort ignorant, fort superstitieux , et fort différent du bon Olmedo qui accompagna Cortez, on ne peut cependant luiimputer entièrement son absurde apostrophe à Atahualpa. Sa harangue est évidemment une traduction ou une paraphrase du formulaire concerté en 1509 , par une junte d’ecclésiastiques et de jurisconsultes espagnols , pour démontrer le droit de leur roi à la souveraineté du Nouveau-Monde, et pour servir d'instruction aux employés en Amérique, sur la manière dont ils devaient prendre possession d’un nouveau pays. Voyez vol. 1,note XX VIII. Les sentiments contenus dans la harangue de Valverde ne peuvent ètre attribués à l’imbécille fanatisme d’un seul homme , mais à celui du siècle où il a vécu. On trouve dans Gomara et dans Benzoni un fait qui, s’il est vrai , suffit pour rendre Valverde non-seulement un objet de mépris, mais même d'horreur. Ils disent que pendant toute l’action ce moine ne cessa d’exciter les soldats au carnage , en leur conseillant de frapper l'ennemi , non du tranchant de leurs épées , mais de la pointe : Gomara, Cron. cap. 113 : Benzont, hist. nov. orbis , lib. WI , cap. 3. Cette conduite est bien différente de celle des prêtres catholiques romains dans les autres parties de l'Amérique, où ils ont employé tout leur crédit pour protéger les Indiens, et pour modérer la férocité de leurs compatriotes.

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ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 383 Note xvint, page 142.

11 y a deux sentiments différents touchant la conduite d’Atahualpa. Les historiens espagnols , pour

justifier les violences de leurs compatriotes, préten-

dent «ue les démonstrations d’amitié de l’inca n'’étaient que simulées , et qu’en accordant une entrevue à Pizarre, à Caxamalca, son intention était de se défaire tout d’un coup de lui et de ses compagnons; que c’est pour cette raison qu’il s’avança avec une suite si nombreuse qui avait des armes cachées pour exécuter ce projet. Voilà du moins le sentiment de Xerez et de Zarate , lequel a été adopté par Herrera. Mais si l’inca avait voulu détruire les Espagnols, il n’est pas croyable qu'il les eût laissé passer librement par le désert de Motupé, et qu’il eût négligé de défendre les passages des montagnes où il aurait pu les attaquer avec tant d'avantage. Siles Péruviens en marchant vers Caxamalca avaient eu intention de tomber sur les Espagnols, il est surprenant qu’un corps de troupes aussi considérable, armé pour le combat , n’ait pas cherché à faire la moindre résistance , et se soit au contraire laissé lâchement tuer par un ennemi qu'il s’était préparé à attaquer. La manière dont Atahualpa se rendit à l’entrevue avait l'air d’une procession paisible et non pas d’une entreprise militaire. Lui-même et les personnes de sa suite, vêtus de leurs habits de cérémonie , étaient précédés par des coureurs sans armes. Quoique les peuples sauvages soient souvent faux et rusés , cependant, s’il faut imputer le plan d’une fourberie ou

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d'une irahison , ou à un monarque qui n'avait pas lieu d’être alarmé de Ja visite d'étrangers qui demandaient à être admis en sa présence comme amis, ou à un aventurier aussi hardi et aussi peu scrupuleux que l'était Pizarre , on ne peut guère balancer sur le choix du coupable. Malgré les soins des historiens espagnols pour pallier les procédés de Pizarre , il est facile de s’apercevoir que c'était son intention comme son intérêt de se saisir de l’inca , et qu'il avait pris pour cet effet des mesures avant qu'il eût pu avoir le moindre soupçon des desseins de ce monarque.

Garcilaso de la Vega, très soigneux de justifier les Péruviens ses compatriotes du crime d’avoir voulu massacrer Pizarre et ses compagnons , ne craint pas moins d'accuser les Espagnols d’en avoir mal agi avec l'inca, ce qui lui faitadopter un autresentiment. 11 dit qu’un homme de taille majestueuse , avec une longue barbe et des habits qui descendaient jusqu’à terre, ayant apparu à Viracocha, huitième inca, et lui ayant déclaré qu’il était fils du soleil, ce monarque bâtit un temple en son honneur , et y plaça une image aussi ressemblante qu’il fut possible à la forme singulière sous laquelle il se montrait à ses yeux. C’est dans ce temple qu’on lui rend les honneurs divins sous le nom de Viracocha : Part.1, lib. IV, cap. 21; liv. V, cap. 22. Lorsque les Espagnols parurent pour la première fois au Pérou, la longueur de leur barbe et les habits qu'ils portaient leur donnaient tant de ressemblance avec l’image de Viracocha aux yeux des Péruviens , qu'ils les regardèrent comme des en-

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fants du soleil descendus du ciel sur la terre, Tous conclurent que l'empire du Pérou touchait au terme fatal , et que le trône allait être occupé par de nouveaux maîtres. Atahualpa lui-même, regardant les Espagnols comme des envoyés du ciel , fut si éloigné de chercher à leur résister , qu'il résolut de se soumettre aveuglément à leurs ordres. C'est à ces sentiments qu’on doit attribuer les démonstrations d'amitié et de respect de l’inca, ainsi que la réception amicale qu'il fit à Soto et à Ferdinand Pizarre dans son camp, et la soumission respectueuse avec laquelle il se disposa à visiter le général espagnol dans son quartier; mais, par l'ignorance grossière de l'interprète Phillipilo , la déclaration des Espagnols et la réponse de l’inca furent si mal expliquées , que la difficulté de s'entendre mutuellement fut cause de la catastrophe de Caxamalca et de ses terribles conséquences.

Il paraît singulier qu'on ne trouve aucune trace de cette vénération superstitieuse des Péruviens pour lesEspagnols ni dans Xerez ,nidans Sancho ,ni dans Zarate, historiens antérieurs à l’entrevue de Caxamalca ; cependant les deux premiers servaient alors sous Pizarre , et le dernier se rendit au Pérou peu de temps après la conquête. Si l’inca lui-même ou ses en: voyés avaient adressé aux Espagnols les discours que Garcilaso leur prête , ils doivent avoir été étonnés d'entendre des déclarations si humbles, etils s’en seraient sans doute servis pour exécuter leurs desseins avec plus de facilité. Quoique le récit de la Vega lui-

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même sur la correspondance de l'inca avec les Espagnols , avant la rencontre de Caxamalca, soit fondé sur la supposition que ce monarque les regardait comme des Viracochas ou des êtres divins, Part. 1, Uib.1, cap. 17, etc. cependant son inattention et son inexactitude ordinaires lui font dire dans un autre endroit , que les Péruviens n'avaient remarqué la ressemblance des Espagnols avec le dieu Viracocha qu'après les malheurs qui suivirentle massacre de Caxamalca , et que ce ne fut qu’alors qu'ils commencèrent à les appeler Viracochas, Part. 1, 46.V, cap. 21 ; ce qui se trouve confirmé par Herrera, Decad. 5 , lib. IX, cap. 12. Si l’on en croit les historiens espagnols , leurs compatriotes étaient regardés dans plusieurs parties de l’Amérique comme des êtres descendus du ciel. Mais dans ce cas, comme dans plusieurs autres auxquels peut donner lieu un commerce entre des nations dont les progrès dansla civilisation sont très inégaux, les idées de ceux qui se servent de certaines expressions sont très différentes des idées de ceux qui les entendent ; car tel est l’idiome des langues indiennes , ou telle est plutôt la simplicité de ceux qui les parlent , que lorsqu'ils voient une chose qui leur était inconnue jusqu'alors , et dontils ignorent l’origine , ils disent qu’elle est venue du ciel : Nugnez, Ramus., WI , 327, C.

Le récit que j'ai fait des sentiments et des procédés des Péruviens paraît plus naturelet plus plausible que les deux autres , etse trouve plus conforme aux faits rapportés par les historiens contemporains.

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Suivant Xerez , pag. 200, deux mille Péruviens furent tués. Sancho fait monter le nombre de ceux qui périrent à six ou sept mille. Remus., III, 274, D. La Vega dit qu'il y en eut cinq mille de massacrés, Pant. H, lib. 1, cap. 25. Le nombre moyen que j'ai pris entre les deux extrêmes paraît approcher davantage de la vérité.

Note xx, page 144.

11 n'y a pointde preuves plus frappantes de ce fait, que le voyage de trois Espagnols de Caxamalca à Cusco , dont la distance est de six cents milles. Pendant toute cette longue route ils furent traités avec tous les honneurs que les Péruviens rendaient à leurs souverains et même à leurs divinités. Sous prétexte de | rassembler ce qui manquait encore à la rançon de (fl l'inca , ils demandèrent les plaques d’or dont étaient ornés les murs du temple du soleil à Cusco, et, quoique les prètres ne voulussent pas donner ces ornements sacrés, et que le peuple refusât de violer lademeure de son dieu, les trois Espagnols dépouillèrent de leurs propres mains le temple de la plus grande partie de ses richesses ; et le respect des Péruviens pour eux était si grand, que quoiqu’ils regardassent ce sacrilége avec étonnement, ils ne tentèrent pas de l'empêcher. Zarate, lib. 11, cap. 6. Sancho, ap. Ramus., I, 375, D.

Note xx, page 157.

Herrera dit qu'après avoir pris le quint du roi, le

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