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Grecs et des Romains. La forme de leur gouvernement indiquait qu’ils descendaient d'un peuple qui lui-même avait éprouvé de grandes vicissitudes dans son état social. Mais quelle est la source de cette culture? Quel estle pays d’où sortirent les Toltèques et les Mexicains?
« La tradition et les hiéroglyphes historiques nomment Huchuetlapallan, Tollan et Aztlan, la première demeure de ces peuples voyageurs. Rien n’annonce aujourd’hui une ancienne civihsation de l'espèce humaine au nord de Rio Gila ou dans les régions septentrionales parcourues par Hearne , Fiedler et Mackenzie ; mais sur la côte nord-ouest , entre Nootka et la rivière de Cook, surtout sous le 57° de latitude boréale, dans la baie de Norfolk et dans le canal de Cox, les indigènes montrent un goût décidé pour les peintures hiéroglyphiques . Un savant distingué , M. de Fleurieu, soupçonne que ces peuples pourraient bien ètre les descendans de quelque colonie mexicaine qui, lors de la conquête, se réfugia dans ces régions boréales. Cette opinion ingénieuse paraîtra moins probable , si l’on considère la grande distance que ces colons auraient eu à franchir , et si l'on se rappelle que la culture mexicaine ne s’étendait pas au nord du 20° de latitude. J'incline plutôt à croire que, lors de la migration des
(1) Voyage de Marchand, t. 1, p. 258, 261, 375; Dixon, p. 332. Une harpe représentée dans les peintures hiéroglyphiques des habitants de ia côte nord-ouest de l'Amérique, est un objet au moins aussi re-
marquable que la fameuse harpe figurée sur les parois des tombeaux des rois à Thèbes.
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T'oltèques et des Aztèques vers le Sud , quelques tribus sont restées sur les côtes du Nouveau-Norfolk et de la Nouvelle-Cornouailles , tandis que les autres continuaien: leur marche vers le Sud. On conçoit comment des peuples qui voyageaient en masse, par exemple, les Ostrogoths et les Alains , ont pu parvenir depuis la mer Noire jusqu’en Espagne ; mais croirait-on qu'une portion de ces mêmes peuples aurait pu retourner de l’ouest à l'est, à une époque où d'autres hordes avaient déjà occupé leurs premières demeures vers les rives du Don et du Borysthène ? »
Il ne nous est point permis d’agiter ici le grand problème de l’origine asiatique des Toltèques et des Aztèques : la question générale de la première origine des habitants d’un continent est au-delà des limites prescrites à l’histoire ; peut-être même n’estelle pas une question philosophique. Sans doute il existait déjà d’autres peuples au Mexique, lorsque les Toltèques s’y présentèrent dans leur migration : par conséquent, rechercher si les Toltèques sont une race asiatique , n’est pas demander si tous les Américains sont descendus du haut plateau du Thibet, ou de la Sibérie orientale. De Guignes croit avoir prouvé, par les Annales des Chinois, que ce dernier peuple visitait l’Amérique depuis l’année 458. Horn, dans son ouvrage ingénieux de Originibus Americanis , publié en 1699 , M. Schérer, dans ses Recherches historiques sur le Nouveau-Monde, et des écrivains plus récents , ont rendu très probable que
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d'anciens rapports existaient entre l'Asie et l’Amérique. (D. L. R.)
Note xxxix, page 293.
Les premiers historiens espagnols ont évalué avec tant de précipitation et si peu d’exactitude le nombre des habitantsdes provinceset des villes del Amérique, qu'ilest impossible d'indiquer avec quelque précision même la population de Mexico. Cortez ne parle de l'étendue et de la population de cette capitale que d'une manière vague et générale, qui cependant fait croire qu’elle n’était pas inférieure aux plus grandes villesde l’Europe. Gomara s'explique plus clairement etassure qu'il y avait soixante mille maisons ou familles à Mexico. Cron. cap. 78. Herrera a adopté ce sentiment, Decad. 2, lib. VIX, sap. 13, et la plupartdes auteurs le suivent aveuglément, sans examen et sans scrupule. Suivant ce calcul, il doit y avoir eu environ 300,000 ames à Mexico. Torquemada , avec son penchant ordinaire pour le merveilleux, dit qu'il y avait cent vingt mille maisons ou familles à Mexico , et par conséquent environsix cent mille habitants, 44. 3, cap. 23. Mais, suivant une description fort judicieuse de l’empire du Mexique, faite par un des officiers de Cortez, la population est fixée à 60,000 ames'. ARamus., III, 309, 4. Ainsi d’après cette évaluation qui paraît s'approcher le plus de la vérité, Mexico était une ville considérable.
(x) Nous avons déjà démontré, d’après Clavigero, qu’il y avaitici une
erreur, et que le traducteur italien du conquérant anonyme avait pris le nombre des maisons pour celui des habitants. (D. L. R.)
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L l'Amé- Note xL, page 277.
C'est au P. Torribio de Benavente que je dois cette
remarque curieuse, qui se trouve pleinement confirué avec mée et expliquée par Palafox, évêque de la Puebla nombre Los-Angeles. La langue mexicaine est la seule, dit-il, Il érique, où se trouve une particule qu’on peut ajouter à la fin récision de chaque mot pour marquer différentes nuances de parle de politesse ou de respect. Silavas reverentiales y de corale que tesia. En ajoutant à un mot la syllabe finale zix ou lant fait ain, il devient une expression respectueuse dans la grandes bouche d’un inférieur. Lorsque avec son égal on veut irement se servir du mot père, on dit {a//; mais un inférieur s ou fa- dira tattin. Lorsqu'un prètre parle à un autre prêtre, lopté ce il l'appelle opixque; une personne d’un rang infépart des rieur le nomme teopixcaliin. L'empereur qui régnait
lorsque Cortez conquit le Mexique, se nommait Mon-
et sans , 1 tézuma; mais ses vassaux l’appelaient par respect
Montézumaiin. Torribio, manus. Palaf. Virludes del Indio , pag. 65. Les Mexicains avaient non-seulement des noms de respect, mais même des verbes pour marquer ce sentiment. La manière dont ils étaient formés des verbes ordinaires se trouve expliquée par D. Jos. Aug. Aldama y Guevara dans sa Grammaire mexicaine, n° 188.
Note xLr, page 279.
« Le royaume de Tezcuco ou Acolhuacan , dit Cla- 4 vigero (Stor. ant. del Messico, dissertation VIL), était À borné à l’ouest en partie par le lac de Texcuco, eten "4 partie par ‘l'zompanco, et d’autres états mexicains ; ;
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et à l’est par la république de ! iascala; de sorte qu'il ne pouvait pas s'étendre de l'ouest à l'est au-delà de soixante milles ; vers le sud il était borné par l'état de Chalco appartenant à Mexico; et au nord par l'état indépendant des Huaxtecas. Depuis les frontières de ce pays jusqu'à celles de Chalco, la distance est d’environ deux cents milles , ce qui est l'étendue totale du royaume d’Acolhuacan ; mais ne forme pas la huitième partie de celle des domaines de l'empire mexicain. Les états du petit roi de Tlacopan ou Tacuba étaient si restreints qu'ils ne méritaient pas le nom de royaume; car depuis le lac de Mexico à l’est, jusqu'à la frontière du royaume de Michuacan à l’ouest, il n’y avait pas plus de quatre-vingts milles ; et de la vallée de Tolocan jusqu’au midi, au pays des Otomies au nord, il n’y en avait pas plus de cinquante. Il résulte de ce que je viens de dire , que la comparaison faite par Robertson entre les domaines des rois d’Acolhuacan et de Tacuba et ceux du souverain du Mexique, est inexacte. (D. L. R.)
Note xLn, page 283.
Ce n’était pas seulement par voie d'échange que se faisait le commerce des Mexicains, mais par des achats et des ventes effectives. Ils avaient cinq espèces de monnaies réelles, quoiqu’elles ne fussent pas frappées comme les nôtres ; et comme elles avaient une valeur déterminée , ils s’en servaient pour acheter tout ce dont ils avaient besoin. La première était une espèce de cacao , différent de celui dont ils se ser-
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ET ÉCLAIRCISSEMENTS, 4oi vaient comme boisson journalière; il circulait dans les mains des marchands de Ja même manière que la monnaie le fait parmi nous. Ils comptaient le cacao par æiquepilli, qui équivalait à huit mille noix; et, pour se dispenser de les compter, lorsque la marchandise achetée était d’une certaine valeur, ils avaient des sacs qui contenaient chacun trois æiquepilli ou vingt-quatre mille noix ; la deuxième espèce de monnaie était certains petits morceaux d’étoffe de coton, qu'ils appelaient patol quachtli, et qui étaient destinés seulement à l'achat des marchandises d’un besoin immédiat ; la troisième espèce était de l'or en poudre contenu dans des tuyaux de plumes, dont la transparence laissait apercevoir le précieux métal ; ces tuyaux avaient plus ou moins de valeur suivant leur grosseur; la quatrième espèce, qui ressemblait le plus à nos métaux monnayés, était faite de morceaux de cuivre ayant la forme d’un T, et étaitemployée pour les achats d'objets de peu de valeur ; enfin la cinquième espèce de monnaie était des petites pièces minces d’étain, dont Cortez fait mention dans sa dernière lettre à l'empereur Charles-Quint et voici à quelle occasion.
Cortez manquant de canon et voulant en fabriquer, avait besoin pour cela de cuivre et d’étain; il parvint à se procurer le cuivre qui lui était nécessaire, mais il manquait d’étain. Après avoir acheté tous les plats et tous les pots qu’il put trouver dans les mains des soldats, il fit faire des recherches pour s'assurer si les naturels possédaient de l’étain , et il apprit que