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guerre que celles dont se servaient les Espagnols. Comme la cavalerie était le principal objet de leur terreur, ils cherchaient à la rendre incapable d'agir en lançant-une longue courroie avec une pierre attachée à chaque bout , laquelle en s’entortillant autour du cavalier et du cheval les mettait hors d'état d'agir. Herrera leur attribue cette invention : Decad., 5, l». VII, cap. 4. Mais j'ai déjà fait observer dans le quatrième livre que cette arme est commune à plusieurs peuples sauvages qui habitent l'extrémité de l’Amérique méridionale ; et il est plus probable que les Péruviens, ayant remarqué la dextérité avec laquelle ils s’enservaient à la chasse, l’adoptèrent eux-mêmes en cette occasion. Les Espagnols s’en trouvaient fort incommodés : Herrera, ibid. 11 y a un autre exemple de l'industrie des Péruviens qui mérite d’être rapporté. En détournant une rivière de son lit, ils inondèrent une vallée où se trouvait posté un corps d'Espagnols, et cela avec tant de célérité, qu’ils ne s’échappèrent qu'avec la plus grande difficulté : Herrera, Decad, 5, lib. VIII, cap. 5.
Note xxvi, page 175.
Garcilaso de la Vega, tom. VII, cap. 26, pag. 290 — 296, assure que François Pizarre n’envoya d’abord au secours de ses frères assiégés dans Cusco que tro: cents soldats d’élite, dont ce! vin,;1 cavaliers et cent quatre-vingts fantassins, et qu’il donna à Alonso de Alvarado le commandement de ce corps, qui avait été jusqu’à ce moment sousles ordres de Pedro de Lerma.
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Celui-ci, guerrier aussi brave et aussi expérimenté qu'Alvarado, conçut un vif ressentiment de cette injustice, et Pizarre lui fournit bientôt lui-même les moyens de se venger, en le plaçant à la tête de la cavalerie sous les ordres de son rival. Ils étaient déjà en marche depuis plusieurs jours, lorsqu'ils furent joints par un renfort de deux cents hommes, dont soixantedix à cheval, envoyés par Pizarre et conduits par Gomez de Tordoya de Vargas.
Ce fut à une petite distance de Cusco qu'Alvarado apprit la défaite et l'emprisonnement des frères de Pizarre par Diego d'Almagro, et qu’il reçut des émissaires que celui-ci lui envoyait pour l’entrainer dans son parti. Non-seulement il refusa d'abandonner la cause de Pizarre ; mais il fit arrêter les députés de leur ennemi, malgré l'opposition très prononcée de ses compagnons d'armes. Pedro de Lerma crut l'occasion favorable pour se venger , et il écrivit à Almagro pour lui offrir ses services etceux deses adhérents dont le nombre grossissait tous les jours. 11 ne tarda pas à lever tout-à-fait le masque, et passa publiquement avec plus de cent soldats dans le camp d'Almagro. Cette défection, dont Robertson ne parle pas, fut cependant la cause la plus puissante des succès obtenus par le rival de Pizarre. (D. L. R.)
Note xxvu1, page 184.
Suivant Garcilaso de la Vega (Hist. gener. del Peru,
tom. VW, cap. 1), Almagro n’adressa point de supplication à François Pizarre , puisque celui-ci ne se
trouvait pas à cette époque à Cusco , mais à Ferdinand Pizarreson frère. Celui-ci futinflexible ; et sans égard pour l'intervention de ses compagnons d'armes, qui lui demandaient avec instance la grace du vaincu, il le fit étrangler. La politique l'aurait forcé à commettre cette action barbare, s’il est vrai que des amis d’Almagro eussent annoncé hautement l'intention de lui ouvrir à force ouverte les portes de la prison dans laquelle il était enfermé. Quoi qu'il en soit, la mort d’Almagro fit un très mauvais effet, et Diego de Alvarado surtout en fut tellement indigné qu'il partit t pour l'Espagne, afin de demander à l’empereur la punition des Pizarre. (D. L. R.)
Note xxvin1, page 192.
1 Le récit du voyage d’Orellana par Herrera est le plus détaillé et paraît être le plus exact. Il est probable qu'il l’a pris du journal d’'Orellana même ; mais
les dates ne sont pas marquées distinctement. Il com-
j | mença à descendre le Coca ou Napo dans les premiers jours de février 1541, et il arriva à l’'embou-
chure de cette rivière le 26 d'août, ayant employé
} près de sept mois à faire ce voyage. En 1743 M. de la
| Condamine se rendit en moins de quatre mois de
Cuenca à Para, établissement portugais à l’'embou- L | chure de la rivière , quoique cette navigation soit ï beaucoup plus longue que celle d’Orellana : Voyage, L: pag. 119. Il est vrai que les deux voyageurs étaient bien différemment équipés pour leur voyage. Cette entreprise périlleuse, à laquelle l’ambition a engage
erdinand ns égard mes, qui aincu, il commetdes amis ntion de son dans , la mort vo de Alil partit pereur la
era est le st probame ; mais . Il comles prel'embouemployé M. de la mois de l’emboution soit Voyage, s étaient e. Cette \ engagé
ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 393 Orellana , et l'amour des sciences M. de la Condamine , fut faite en 1769 par madame Godin des Odonais pour aller rejoindre son mari. Il n’y a point d'histoire plus singulière ni plus touchante que celle des fatigues qu’elle souffrit, des dangers auxquels elle fut exposée, et des malheurs qu’elle essuya dans sa route. Sa conduite nous offre une vive peinture de la force qui distingue l’homme unie à la sensibilité et la tendresse qui sont particulières à la femme : Lettre de M. Godin à M. de la Condamine.
Note xxix, page 195.
Herrera a fait une peinture frappante de leur indigence. Douze individus, qui avaient été officiers de distinction sous Almagro , logeaient dans la même maison , n’ayant entre eux qu’un seul manteau qu'ils portaient tour à tour quand ils devaient paraître en public , tandis que les autres étaient obligés de rester chez eux. La crainte de déplaire à Pizarre ne permettait à leurs anciens amis et compagnons ni de les voir ni d'entretenir aucun commerce avec eux. Il est facile de concevoir quels devaient être l’état et l’indignation de ces hommes accoutumés au pouvoir et à l'opulence , lorsqu'ils se virent pauvres et méprisés, sans avoir même un abri pour reposer leur tête, tandis que ceux dont le mérite et les services ne pouvaient être comparés aux leurs, vivaient avec opulence dans des édifices magnifiques : Decad. 6, lib. VIT, cap. 6.
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- Note xxx, page 210.
Herrera, historien connu par son exactitude , affirme que Gonzalez Pizarre possédait des terres dans le voisinage de Chuqueseca de la Plata, qui lui rapportaient annuellement un revenu plus considérable que celui de l’archevèché de Tolède, le plus riche siége épiscopal de l’Europe : Decad. 7, lib. VI, cap. 3.
Note xxx1, page 226.
\ Tous les historiens espagnols décrivent sa marche | ctles embarras des deux partis avec beaucoup d’exac- | titude. Zarate remarque qu’on aura peine à trouver | | rien de comparable darss l’histoire, tant pourlalon-
gueur de la retraite que pour l’ardeur de la poursuite. Suivant son calcul, Pizarre poursuivit le vice-roi près de trois mille milles. Liô. V, cap. 16, 26.
Note xxx11, page 243.
Suivant Fernandez, le plus 'nstruit des historiens
de ce temps, le butin se monta à un million quatre ( } . .
{ cent mille pesos. Lib. IT, cap. 79.
Note xxx, page 245.
| Depuislecommencement, Carvajal avait cherché à Ÿ porter Pizarre à un accommodement avec La Gasca. À : RL Comme il trouvait que Pizarre n’était pas capable de À
| soutenir la démhrche hardie qu’il lui avait inspirée, il 4 j lui conseilla de se soumettre à temps à son souverain, 4 l comme le parti le plus sùr. Lorsque Pizarre reçut À pour la première fois les offres du président, « Par
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I, cap. 8.
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« Notre-Dame, dit Carvajal avec le ton de bouffon- « nerie qui lui était ordinaire, le prêtre donne des « lettres de grace, et il les donne bonnes et à bon « marché ; il faut non-seulement les accepter, mais « même les porter comme des reliques autour denotre « col. » Fernandez, lib. 11, cap. 63.
Note xxxiv, page 250.
Garcilaso de la Vega et les autres historiens qui ont raconté les événements qui se sont passés à cette époque au Pérou, s'accordent à dire que les corps espagnols qui y combattaient étaient composés de cavalerie et d'infanterie ; ce qui prouve, contre l’assertion de Robertson, que le dernier soldat ne se croyait pas déshonoré en combattant à pied. (D.L.R.)
Note xxxv, page 251.
Pendant la révolte de Gonzalez Pizarre, sept cents hommes furent tués sur le champ de bataille, et trois cent quatre-vingts furent pendus ou décapités. Herrera, Decad. 8, lib. XV, cap. 4. Plus de trois cents de ces derniers furent mis à mort par Carvajal. Fernander, lib. NH, cap. 91. Zarate fait monter à cinq cents le nombre de ceux qui furent exécutés. Lib. VII, cap. 1.
Note xxxvi, page 261.
J'ai trouvé de grands éclaireissements sur les mœurs et la politique des Mexicains dans un volumineux manuscrit de Don Alonzo de Corita, l’un des juges de la cour d’audience de Mexico.
Philippe M, voulant connaitre en 1553 le moyen
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d'imposer sur les Indiens un tribut qui fût à la fois le plus avantageux possible pour la couronne etle moins onéreux pour ces peuples , adressa à toutes les cours d'audience de l'Amérique un ordre, par lequelil leur enjoignait de répondre à certaines questions qu'il leur faisait sur l’ancienne forme de gouvernement établie parmi les différentes nations indiennes , et sur la manière dont elles payaient les impôts à leurs rois ou chefs. Cefut en conséquence de cet ordre que Corita, qui avait vécu en Amériquedix-neuf ans, dont il en avait passé quatorze dans la Nouvelle-Espagne, composa l'ouvrage dont j'ai une copie. Il annonce à Philippe II que, durant sa résidence en Amérique, et dans toutes les provinces de cette partie du monde qu'il a visitées, il s’est constamment appliqué à étudier les mœurs et les usages des naturels; que pour cet effet ils'estentretenuavecungrandnombre d'Indiens âgés et intelligents, et a consulté plusieurs ecclésiastiques espagnols qui entendaientles langues de ces peuples, surtout quelques missionnaires arrivés dans la Nouvelle-Espagne immédiatement après qu’on en eut fait la conquête. Il paraît que Corita était assez instruit , et qu'il a mis dans ses recherches tout le soin et toute l'exactitude dont il se fait gloire. Il y a surtout une circonstance qui rend son témoignage plausible : c'est qu'il ne l’a pas donné pour qu’il fût rendu public , ni pour appuyeraucunsystème , mais seulement pour répondre pleinement aux questions qui lui étaient faites officiellement. Quoique Herrera ne le cite pas parni les auteurs qu'il a pris pour guides dans son
à la fois le le moins les cours elil leur ons qu'il rnement s,et sur urs rois que Co- , dont il Ppagne , once à rique, monde étudier et effet ns âgés stiques cuples, a Nouut fait struit , | toute it une c'est blic , pour aient
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histoire , j'ai lieu de conclure de plusieurs faits dont il parle et de plusieurs expressions dont il se sert, que les mémoires de Corita ne lui étaient pas inconnus.
Note xxxvi1, page 266.
«a Ces assertions de Robertson (dit Clavigero dans « sa Notice des écrivains qui ont traité l'ancienne histoire «du Mexique. Stor. ant. del Messico, t. 1.), sont exu trêmement inexactes ; car :
u 1° Les matériaux que nous trouvons dans les écri- « vains espagnols ne sont pas si imparfaits, qu'on ne « puisse en tirer une histoire des Mexicains, sinon «tout-à-fait certaine, du moins très probable ; ce « qui paraîtra évident à toute personne qui voudra «les consulter avec impartialité ; il faut seulement «savoir faire un bon choix.
« 2° Pour écrire cette histoire , il n’est pas même « nécessaire d'employer les matériaux que peuvent « fournir les écrivains espagnols, puisqu'il existe un «grand nombre d'histoires ou de mémoires écrits « par les Américains eux-mêmes, et dont Robertson «n'a pas eu connaissance !.
« 3° Les peintures historiques qui ont échappé aux (1) Nous ne partageons pas complètement l'opinion émise ici par Clavigero ; pour composer une bonne Histoire d'Amérique, le témoignage des écrivains nationaux est certainement d’un grand poids ; mais il ne faut pas les consulter seuls, et la comparaison de ce qu’ils racontent avec ce que les historiens espagnols ont pu apprendre, soit par la tradition, soit par tout autre moyen, doit être infiniment utile pour amener à la découverte de la vérité : c’est du choc des idées que nait la lamiètre. (D. L. R.)
«recherches des premiers missionnaires ne sont pas «si peunombreuses ; à moins que nous comparions « celles qui restent encore avec l'incroyable quantité «de celles qui existaient auparavant; ce qu’on peut « voir aisément dans cette histoire, dans Torquemada «et dans d’autres écrivains.
« 4° Ces peintures ne présentent pas d’ailleurs de « sens douteux, excepté pour Robertson et pour ceux « qui, comme lui, ne comprennent pas les caractères «et les figures des Mexicains, et qui ignorent la mé- « thode qu'ils suivaient pour représenter les choses. « Nos écrits offrent une signification douteuse à ceux « qui n’ont pas appris à les lire. A l’époque où les «missionnaires brülèrent si malheureusement les « peintures mexicaines, il existait un-grand nombre « d’historiens 4colhuans, Mexicains, Tepanecans, Tlas- « calans, elc. qui consacrèrent leurs veilles à réparer « la perte de ces monuments. Ils atteignirent en partie « ce but, en faisant de nouvelles peintures, ou en se «servant de nos caractères qu'ils avaient appris à «connaître , et en initiant verbalement leurs prédi- «cateurs dans l’histoire de leurs antiquités ; c'est en « effet ainsi qu’en ont agi Motolonia , Olmos et Sa- « hagun. 1] est d’ailleurs absolument faux que toute « connaissance des événements les plus reculés fût « complètement perdue. Il est également faux qu’on « n’eût sur le gouvernement politique et sur les an- « ciennes révolutions de l'empire , d’autre trace que « celle qu’on tenait de la tradition. » (D. L. R.)
sont pas parions quantité on peut quemada
leurs de pur ceux actères la méchoses.
> à ceux où les nt les ombre rs, Tlaséparer 1 partie 1 ense ppris à prédi- "est en et Sa- > toute lés fût qu'on les ane que
ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 399 Note xxxvinr, pages 267 et 268.
« En général , dit M. le baron de Humboldt (Essai polit. sur la Nouvelle-Espagne, tom. 1, pag. 310.), depuis le septième jusqu’au treizième siècle, la population paraît avoir continuellement reflué vers le Sud. Des régions situées au nord du Rio Gila sortirent ces nations guerrières qui, les unes après les autres, inondèrent le pays d'Anahuac. Nous ignorons si c'était là leur patrie primitive , ou si, originaires de l’Asie, ils avaient traversé les savanes de Nabajoa et du Moqui pour parvenir au Rio Gila. Les tableaux hiéroglyphiques des Aztèques nous ont transmis la mémoire des époques principales qu'offre la grande migration des peuples américains, Cette migration a quelque analogie avec celle qui, au cinquième siècle, plongea l'Europe dans un état de barbarie dont nous ressentons encore les suites funestes dans plusieurs de nos institutions sociales. Les peuples qui traversèrent le Mexique y laissèrent, au contraire, des traces de culture et de civilisation. Les Toltèques y parurent pour la première fois l’an 648, les Chichimèques en 1170, lesNahualtèquesl’an 1178, les Acolhuesetles Aztèques en 1196. Les Toltèques introduisirent la culture du maïs et du coton , ils construisirent des villes, des chemins , et surtout ces grandes pyramides que nous admirons encore aujourd’hui, et dont les faces sont très exactement orientées. Ils connaissaient l’usage des peintures hiéroglyphiques; ils savaient fondre des métaux et tailler les pierres les plus dures ; ils avaient une année solaire plus parfaite que celle des
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