A CS
association cultivait, pour le service de la couronne, une partie des biens communaux qui lui étaient alloués, et en portait le produit dans les greniers de l'empereur. 5° On prenait pour le service public une certaine partie de tout ce qu’on portait aux marchés publics, soit des fruits de la terre, soit des différentes productionsdesartistesetdes manufactures; etlesmarchands qui payaient cette redevance étaient exempts de toute autre taxe. 6° Les Moyeques, ou adscripti glebæ, étaient tenusde cultiver dans chaque province certainsdistricts, qu’on peut regarder comme domaine de la couronne, et d’en porter les productions dans les magasins publics. Ainsi le souverain recevait une partie de tout ce qu’il y avait d’utile et de précieux dans le pays, soit que ce füt un produit naturel du sol, soit qu’il fût acquis par l’industrie du peuple : ce que chaque particulier payait au gouvernement paraît avoir été peu de chose. Corita, pour répondre à l’une des questions proposées par Philippe II à l’audience de Mexico, a cherché à estimer en argent la valeur de ce que chaque citoyen pouvait être supposé payer,'et il ne le fait monter qu’à trois ou quatre réaux , c’est-à-dire de trente-trois à quarantccinq sols de France par tête.
Note x1iv, page 284.
Cortez , qui paraît avoir été aussi étonné de ces ouvrages que d'aucun autre exemple de l’industrie des Mexicains, en donne une deacription particulière. « Le long de l’une des chaussées, dit-il, par
« lesquelles on entre dansla ville , on a pratiqué deux «conduits, composés d'argile, mélée de mortier, « larges d'environ deux pas, sur six pieds de hauteur. « Par l’un de ces conduits passe un courant d’eau «excellente, du volume du corps d’un homme , qui « va jusqu’au milieu de la ville et fournit abondam- «ment aux besoins de tous les habitants. Le second «conduit n’est destiné qu’à y faire passer l'eau lors- « qu'il est nécessaire de nettoyer ou de réparer le «premier. Comme ces conduits passent le long de «deux ponts aux endroits où il y a des brèches à la «Chaussée par lesquelles coule l’eau salée du lac, «il ya des tuyaux de la grosseur d’un bœuf. L'eau «est portée par des canots dans tous les quartiers «de la ville, pour y être vendue aux habitants. » Relat. ap. Ramus., 241, À.
Note xLv, page 286.
On voit dans l’arsenal du palais royal, à Madrid, une armure complète qu’on dit avoir été celle de Montézuma. Elle est faite de plaques de cuivre fort minces et vernies. Les personnes i"< plus instruites croient que c’est un ouvrage oriental : ce qui parait confirmé par les dragons qu’on voit sur les ornements d'argent qui la couvrent, et dont le travail est infiniment supérieur à tout ce qu’a produit l'art des Mexicains. Il est probable que les Espagnols ont reçu cette armure des iles Philippines. Le seul ouvrage incontestable des Mexicains que je connaisse en Angleterre, est une coupe d’or fin, qu'on
deux rtier , teur.
d’eau e,qui nadamecond u lorsrer le ng de es à la lu lac, L'eau artiers ints. »
adrid, lle de e fort truites ui paes ore traroduit Espaes. Le Be conqu'on
ve roy As
ET ÉCLAIRCGISSEMENTS. 409 dit avoir appartenu à Montézuma. Elle pèse environ cinq onces et un demi-gros. On en présenta trois dessins à la société des antiquaires , le 10 juin 1765. D'un côté on voit la tête d’un homme en face, de l'autre en profil, et du troisième par derrière. On dit que le relief a été fait en frappant d’un poinçon le côté intérieur de la coupe, ce qui a produit la représentation de l’objet sur le côté extérieur. Les traits sont grossiers, cependant passables, mais trop mal dessinés pour être un ouvrage espagnol. Cette coupe fut achetée par Édouard , comte d’Orford, pendant qu'ilse trouvait avec sa flotte dans le port de Cadix, et elle appartient aujourd’hui au lord Archer, son petit-fils. Je dois ce détail à mon respectable et spirituel ami , M. Barrington.
Note xLvi, page 291.
Quant à leurs caractères numériques, dit Clavigero ( Stor. ant. del Messico, lib. VI), on doit remarquer que les Mexicains peignaient autant de points qu’il y a d'unités dans 20. Ce nombre avait son caractère particulier, qu’ils doublaient pendant 20 fois pour représenter 400. Ce caractère était doublé de la même manière, pour représenter 8000, et ils doublaient ensuite le caractère de 8000. Avec ces trois caractères et les points, ils exprimaient tous les nombres qu'ils voulaient, au moins jusqu’à vingt fois 5000 ou 160,000. Mais il est probable que ce dernier nombre avait aussi son caractère particulier. (D.L.R.)
Pr rt REZ cotes Ye S 5
nero que ous La GONE mere a ,
re pe
Ve
410 NOTES Note xLvu, page 292.
Le lecteur instruit s'apercevra facilement que je dois beaucoup, pour cette partie de mon ouvrage, à l’évêque de Gloucester, qui a marqué avec autant d'érudition que de génie les progrès successifs qu'a faits l'esprit humain dans cette route. Il est le premier, à ce que je crois, qui ait formé un système raisonnable et plausible des différentes manières d'écrire des nations, suivant les différents degrés de leurs connaissances. Div. legation of Moses , IX, pag. 69. Le savant et judicieux auteur du Traité de la formation mécanique des langues y a ajouté quelques observations importantes. Tom. 1, pag. 295 , etc.
Comme les peintures des Mexicains sont un des plus curieux monuments des premières méthodes À % d'écriture, il ne sera pas hors de propos de faire connaître par quels moyens on les a préservées de l'oubli | général dans lequel sont tombés tous les ouvrages de l’art en Amérique, et comment elles ont été communiquées au public. C’est à l'attention du curieux ob- è servateur Hakluyt que nous en devons la première et | la plus curieuse collection, publiée par Purchas. É | Don Antoine Mendoza, vice-roi de la Nouvelle-Es- | pagne, ayant jugé que ces peintures étaient dignes d'être présentées à Charles V, les envoya en Espagne; mais le vaisseau qui les portait fat pris par un garde- | côte français, et elles tombèrent entre les mains de
Thevet, géographe du roi ,qui ayant voyagé lui-même dans le Nouveau-Monde et décrit une de ses provinces, recherchait avec soin tout ce qui pouvait jeter
que je vrage, à tant d'éu’a faits mier, à nnable des na- ‘onnais-
savant 1 mécarvations
un des éthodes ire conl'oubli ages de ommuux obnière et urchas.
elle-Esdignes pagne; gardeains de -même )rOvVinit jeter
ET ÉCLAIRCISSEMENTS. qai
un nouveau jour sur les mœurs des Américains. A sa mort, elles furent achetées par Hakluyt', qui alors était chapelain de l'ambassadeur d'Angleterre à la cour de France, ct qui les laissa à Purchas, lequel les publia à la prière du savant antiquaire Henry Spelman. Purchas , tom. il. pag. 1065 *.
Le second monument de l'écriture en tableaux des Mexicains fut publié en deux planches par le médecin Jean-François Gemelli Carreri. La première est une carte ou tableau des progrès des anciens Mexicains lors de leur première arrivée dans le pays, et des différents endroits où ils s’établirent avant de fonder la capitale de leur empire sur le lac de Mexico.La seconde est une roue chronologique, ou un cercle qui représente la manière dont ils calculaient et marquaient leur cycle de cinquante-deux ans. Le premier tableau fut donné à Carreri, dans la ville de la Puebla de Los Angeles, par le Dr. Christoval de Guadalajora, et il reçut le second de Don Carlos de Siguenza y Gor.gorra. Mais comme il paraît que c’est aujourd’hui une opinion reçue, je ne sais sur quelle preuve, que Carreri n’est jamais sorti de l'Italie, et que son fameux Giro del mundo n’est que le récit d’un voyage supposé, je n’ai pas parlé de ces peintures dans Île
(r) Pour vingt couronnes. (D. L. R.)
(2) On ignore absolument ce qu’est devenu ce recueil de peintures mexicaines, que le célèbre Ralegh voulait publier, et que Purchas fit paraitre en 1625; il est curieux #e voir ce qu’en dit M. le baron de Humboldt dans ses Vues des Cordillères, etc., t. 1, p. 219, etc. Suivant cet illustre voyageur, le recueil de Mendoza jette un grand jour sur l’histoire, l’état politique et la vie privée des Mexicains. (D. L. R.)