LIVRE CINQUIÈME
Préparatifs des Mexicains pour leur dé-
cains, à qui appartenait le droit d’élire un empereur, fense.
avaient élevé au trône son frère Quetlavaca*. Sa haine connue et » “tirée pour les Espagnols eût été un titre suffis: x: ::rès d’eux, quand même il eût été moins digne de leur choix par son courage et ses grandes qualités. Il eut immédiatement après son élection une occasion de montrer ses talents, en dirigeant en personne les vives attaques qui avaient forcé les Espagnols à abandonner la capitale. Dès que leur retraite lui donna le temps de respirer, il prit des mesures pour prévenir leur retour à Mexico, avec autant de prudence qu’il en avait mis à les en chasser. La proximité de Tlascala lui donnait la facilité d’être instruit des mouvements et des intentions de Cortez.
(1) Cortez, Relat, p. 255. E.
(2) Relat. 256. À. B. Diaz, chap. 137.
(3) Solis parait le seul écrivain espagnol qui lui donne le nom de Quetlabaca où Quetiavaca, Clavigero et les historiens cités par lui l'appellent Cuitlahuatzin. I] était seigneur d'Iztapalapan, conseiller intime de son frère Montézuma et Tlachcocalcatl ou général de l’armée.
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Il vit } age qui se formait , et se prépara de bonne heure à le repousser. Il réparales parties de la ville que les Espagnols avaient détruites, et y ajouta de nouvelles fortifications, telles que l’art des Mexicains était capable de les élever. Après avoir rempli ses magasins des armes en usage parmi les Indiens, il fit faire de longues piques, armées des épées et des poignards pris sur les Espagnols , dansle dessein de les employer contre la cavalerie. Il exhorta les peuples de toutes les provinces à prendre les armes contre leurs oppresseurs ; et, pour les encourager à une vigoureuse résistance, il leur promit l’exemption de toutes les taxes que ses prédécesseurs avaient imposées ‘.
Mais le principal objet de son attention fut d’enlever aux Espagnols les avantages qu'ils retiraient de l’amitié des Tlascalans. Il tâcha d’engager ces républicains à renoncer à tou‘eliaison avec des hommes ennemis déclarés des dieux des Indiens, et qui ne manqueraient pas de les soumettre eux-mêmes au joug qu’on les aidait si imprudermment à imposer au reste de la nation. Ces raisons étaient frappantes, et elles furent présentées avec tant de force, que Cortez eut besoin de toute son adresse pour effacer les impressions qu’elles avaient faites sur les chefs des Tlascalans?.
(r) Gortez, Relat, p. 253. E, 254.A. B. Diaz, chap. 140. (2) B. Diaz, chap. 129. Herrera, Decad. II, lib. X, cap. 14-19.
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Mais tandis que Quetlavaca préparait sa défense avec une prévoyance rare dans un Américain, il fut emporté par la petite vérole. Cette maladie, qui venait de se montrer dans la Nouvelle-Espagne avec toute sa malignité, était inconnue en Amérique avant que les Européens y eussent pénétré, et doit être regardée comme une des plus grandes calamités que l’ancien monde ait répandues sur le nouveau. Les Mexicains élevèrent au trône Guatimozin ', neveu et gendre de Montézuma, jeune homme d’une si grande réputation pour les talents et la valeur, qu’il fut choisi tout d’une voix dans la circonstance critique où l'empire se trouvait”.