LIVRE CINQUIÈME
gellan de la satisfaction de terminer lui-mêmo sa grande entreprise , ses contemporains rendant justice à sa mémoire et à ses grands talents , lui ont conservé, non-seulement la gloire d’en ave le plan, mais encore celle d’avoir surmont tous les obstacles qui en traversaient l’exc et il est encore aujourd'hui placé au rang des navigateurs les plus habiles et les plus heureux. La gloire des navigateurs espagnols éclipsait à cette époque celle de toutes les autres nations; et, dans le cours d’un petit nombre d'années, ils avaient eu le rare bonheur de découvrir un nouveau continent, presque aussi étendu que l’Ancien-Monde', et ils constatèrent, par l’expérience, la figure et l’étendue du globe terrestre.
Les Espagnols ne se contentaient pas cependant de la gloire d’avoir les premiers fait le tour du
monde. Le journal de Pigafetta, qui en donne la relation, le seul qui ait été rendu public, a été tronqué par le traducteur français Jacques Fabre. Herrera fournit des renseignements plus étendus. On en trouvera de plus circonstanciés encore dans la Collection des voyages et découvertes des Espagnols depuis la fin du XV* siècle, publiée par M. de Navarrete, On y lit avec un vif intérêt les relations originales de Magellan, de del Cano, dont les manuscrits ont été retrouvés par ce savant, (D. L. R.)
(x) Robertson donne ici dans une grande exagération; car l’ancien continent a plus du double d’étendue que le nouveau, et l'Asie toute seule autant d’étendue et même probablement davantage que tout le continent de l'Amérique. Voir l'Zntroduction à la géographie mathématique et critique, etc., de Lacroix, p. 257, et la note 1 dut. IL.
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152, monde; ils prétendaient recueillir de grands avantages pour leur commerce de cet effort hardi de leur habileté dans l’art de la navigation. Les savants parmi eux croyaient que les îles à épiceries, et plusieurs des pays les plus riches de l’est, étaient situés dans les limites de la partie du globe attribuée à la couronne de Castille, par le partage d’Alexandre VI. Les négociants, sans s’embarrasser de cette discussron, s’empressèrent de profiter de tout ce que le commerce avec ces pays nouveaux leur offrait d’avantageux et de séduisant. Les Portugais, alarmés de la concurrence de rivaux si dangereux, adressèrent des plaintes et négocièrent en Europe, tandis qu’ils lestraversaient en Asie, à force ouverte. Charles, peuinstruit de l'importance de cetobjet, ou distrait par ses autres projets et par l'étendue de ses autres opérations, ne donna pas à sescommerçants d’Asie la protection dont ils avaient besoin. Enfin le mauvais état de ses finances, épuisées par ses guerres dans toutes les parties de l’Europe, et la crainte de s’en susciter une nouvelle avec les Portugais, le déterminèrent à céder à ceux-ci toutes, ses prétentions sur les Moluques, pour la somme de trois cent cinquante mille ducats. Il réserva cependant à la couronne de Castille la faculté de faire revivre ses prétentions, en remboursant cette somme. Mais d'autres objets détournèrent toute son attention et celle ‘deses successeurs, et l'Espagne perdit tout-à-fait une