‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 45 sur 184 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

branche de commerce qu’elle avait travaillé si long- 1524

temps à s'ouvrir, et dont elle espérait tirer les plus grands avantages *.

Quoique le commerce avec les Moluques fût abandonné, le voyage de Magellan eut d’abord des suites fort avantageuses pour l'Espagne. Philippe IT, en 1564, soumit à sa couronne les îles découvertes dans l'Océan oriental, et y forma des établissements avec lesquels la Nouvelle-Espagne établit une communication régulière, dont nous parlerons dans la suite, Je reviens à présent à ce qui se passait dans la Nouvelle-Espagne.

Tandis que Cortez acquérait à sa patrie de si Cortez rap-

vastes possessions, et préparait encore d’autres conquêtes, sa destinée singulière était non-seulement d’être privé d’une commission du souverain, qu’il servait avec tant de zèle et de succès, et de n’avoir aucune autorité légale; mais d’être regardé comme un sujet rebelle. Par les intrigues de Fonseca , évêque de Burgos, sa conduite, lorsqu'il prit le gouvernement de la Nouvelle-Espagne, fut déclarée une usurpation irrégulière faite au mépris de

l'autorité royale ; et Christoval de Tapia fut revêtu

d’une commission qui l’autorisait à destituer Cortez, à se saisir de sa personne , à confisquer ses biens, et rechercher tout ce qu’il avait fait jusqu’a-

(r) Herrera, Devad, 111, lib. VII, cap, 5; Decad. IF, lib. F, cap. 7, etc,

go ‘ HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.

154 lors, peur en rendre compte au conseil des Indes, dont l’évêque de Burgos était président. Quelques semaines après la réduction de Mexico, Tapia débarqua à la Vera-Cruz, y portant l’ordre du souverain de dépouiller le conquérant de toute autorité et de le traiter en criminel. Mais Fonseca avait choisi un homme peu propre à seconder son inimitié pour Cortez. Tapia n’avait ni la réputation, ni les talents nécessaires pour exécuter l’impor-

Cortez élude tante commission dont il était chargé. Cortez, en ces ordres. témoignant publiquement le plus grand respect pour l'autorité de l’empereur, prit secrètement des mesures pour rendre inutiles les ordres dont Tapia était chargé. Il entama avec lui une négociation si compliquée, il multiplia tellement les conférences, il employa tour à tour et les menaces et les promesses, et les présents, d’une manière si adroite, qu’il détermina enfin cet homme faible à a * donner un pays qu'il n’était pas digne de , verner”.

1622 Cependant , malgré l'adresse avec laquelle il ve- Il s'adresse __ . ot te PE GT de nouveau à nait de parer ce coup, Cortez était si persuadé qu’il la cour. ne tenait pas son pouvoir d’une autorité légitime et 15% suffisante, qu'il se détermina à envoyer en Espagne des députés pour rendre compte du succès de ses armes, pour y porter des échantillons des produc-

(1) Herrera, Decad, III, lib. III, cap, 16; Decad. 1, cap. 1. Cortez, Relat. 281. E. B. Diaz, chap. 158.

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