LIVRE SIXIÈME
u- fonds que les autres, prit sur lui la plus grande par- 1524 \ a- tie de la fatigue et du danger, en se ‘chargeant de |; es. commander en personne l’armement destiné au pre- |; ti- . mier voyage et à la première découverte. Almagro \ de \ 1 devait conduire les renforts de troupes et de provi- {| er sions dont Pizarre pourrait avoir besoin. Luque de- \ 1 és vait rester à Panama pour traiter avec le gouverneur | se | et veiller aux intérêts communs. L’enthousiasme À les . religieux se trouve encofe ici, comme chez tous les la- aventuriers qui se sont signalés dans le Nouveauet Monde, uni avec la passion des découvertes, union
étrange par laquelle se fortifiaient l’un et l’autre sen- = timents. Cette confédération, formée par l’avidité ns et l'ambition, fut confirmée par les cérémonies les les à plus solennelles de la religion. Luque célébra la de Fr messe, partagea l’hostie en trois parties, dont il
garda une pour lui, et dont il remit les deux autres
n à ses deux associés; et un contrat qui avait pour bn “ objet le pillage et le meurtre fut ratifié au nom du a- Dieu de paix.
a La force de leur premier armement ne répondait Leur pre
le pas à la grandeur de l’entreprise. Pizarre partit de 9" duigui
e Panama * avec un seul vaisseau de peu de port et 14 novembre.
, cent douze hommes ?. Les Espagnols connaissaient ‘l te % + encore si peu les mers de cette partie de l'Amérique,
se (1) Herrera, Decad. 111, lib. VI, cap. 13. Zarate, Gb. I, cap. x.
(a) Suivant Herrera, Pizarre partit de Panama vers le milieu de novembre 1524; et en 1525, suivant Zarate et Garcilaso de la Vega. (D. L. R.) (3) Selon Herrera, le vaisseau de Pizarre avait à son bord quatre-
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4525 que le temps choisi pour le départ se trouva être le moins favorable de toute l’année, les vents réglés
qui soufflaient alors étant directement contraires à
la route qu’ils se proposaient de tenir’. Après avoir louvoyé pendant soixante-dix jours avec beaucoup
de danger et de fatigue, Pizarre n'avait pas fait
plus de chemin vers le sud-est que n’en ferait aujourd’hui un bon navigateur en autant d'heures. Il tou-
cha en beaucoup d’endroits de la côte de la terreferme; mais il trouva partout le pays peu attrayant
que les premiers navigateurs avaient décrit; les terrains bas inondés par les rivières, les plus hauts couverts de bois impénétrables ; peu d'habitants, mais féroces et hostiles. La faim, la fatigue, les combats fréquents avec les naturels du pays, et par-dessus
tout les maladies propres aux pays humides et brû- Suivie de lants, concoururent à affaiblir sa petite armée. Le
peu de suc- courage indomptable du chef soutint quelque temps
cès.
celui de sa troupe, quoiqu’on n’aperçût rien qui pût faire découvrir ces pays abondants en or, où il leur promettait deles conduire. A la fin, il fut obligé d’abandonner cette côte inhospitalière et de se retirer à Chuchama, à l'opposé des îles des Perles, où il espérait recevoir de Panama ua renfort et des provisions.
vingts hommes et quatre chevaux, et 114 hommes, suivant Zarate et
Garcilaso de la Vega. (D. L, R.) (r) Herrera, Decad, IF, lib, II, cap. 8. Xerès, p. 179.
te et
Almagro, de son côté, ayant fait voile de ce port avec soixante-dix hommes, s'était portéen droiture à la partie du continent où il espérait rencontrer son associé. Ne l’y trouvant pas, il avait débarqué ses soldats, qui, en cherchant leurs compagnons, coururent les mêmes dangers etessuyèrent les mêmes souffrances qui avaient forcé la troupe de Pizarre à quitter ce pays. Repoussés à la fin dans un combat opiniâtre avec les Indiens, dans lequel Almagro perdit un œil par un coup de flèche, ils furent aussi obligés de se rembarquer. Le hasard les conduisit au lieu où Pizarre s’était retiré. Ils se consolèrent mutuellement en se contant leurs aventures, et en comparant leurs souffrances. Comme Almagro s’était avancé jusqu’à la rivière de Saint-Jean, dans le Popayan, où l’aspect du pays et des habitants lui avait paru moins décourageant, ce rayon d’espérañce fut suffisant pour déterminer ces hommes ardents à ne pas abandonner leur projet, malgré tout ce qu’ils avaient déjà souffert en voulant en suivre l'exécution".
Almagro retourna à Panama pour y recruter quelques troupes. Mais ce que Pizarre et lui avaient souffert donna à sescompatriotes une si mauvaise opinion de son entreprise; que ce fut avec beaucoup de difficulté qu’il parvint à lever quatre-vingts hommes”.
(1) Herrera, Decad. 111, Gb. VIII, cap. 11, va. Voyez la note 13. (2) Zarate, Gb, T, cap. 1.
“Prague à S Has ” #
24 juin.
Ils reprennent leur ent eprise,
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Panama.
Pizarre est rappelé par le gouverneur de
112 HISTOIRS DE L’AMÉRIQUE.
Tout faible que fût ce renfort, ils n’hésitèrent pas à reprendre leurs opérations. Après avoir essuyé les mêmes calamités que dans leur première expédition, une partie de l’armement toucha à la baie de Saint- Mathieu, sur la côte de Quito, et, débarquant à Tacamez, au sud de la rivière des Émeraudes, ils reconnurent une contrée plus unie et plus fertile qu'aucune de celles qu'ils avaient vues jusque là sur les côtes de la mer du Sud, et trouvèrent les habitants vêtus d’étoffes de laine et de coton, et parés de différents ornements d’or et d’argent.
Cependant, malgré ces apparences favorables, exagérées encare par la vanité de ceux qui en rendaient compte, et par l'imagination de ceux à qui on les présentait, Pizarre et Almagro n’osèrent tenter d’envahir un pays si peuplé avec une poignée d'hommes affaiblis par la fatigue et par les maladies. Ils se retirèrent à la petite île Gallo, où Pizarre demeura avec une partie des troupes, tandis que son associé retourna à Panama dans l’espérance d'en ramener un renfort assez considérable pour prendre possession des riches pays dont l'existence n’était plus douteuse à leurs yeux.
Quelques-uns des aventuriers, moins entreprenants et moins hardis que leurs chefs, avaieni en. voyé secrètement à leurs amis de Panama des relations lamentables de leurs souffrances et de leurs
(:} Xères, 181. Herrera, Decad. HI, Gb. VI, cap. 13.