‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 54 sur 184 · LIVRE SIXIÈME. .107 Ê · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. .107 Ê

caril l’employa dans sa jeunesse à garder les cochons; 1524 mais le jeune Pizarre, dédaignant cette vile occupation, se fit soldat, et, après avoir servi quelques années en Italie, s’embarqua pour l'Amérique, où là une carrière ouverte aux talents attirait tout aventurier ambitieux dont la fortune n’égalait pas les LI desirs. Sur ce théâtre, Pizarre se distingua promp- l'A tement. Né avec un caracière aussi entreprenant Su) que son corps était robuste, il était le premier à tous les dangers, toujours infatigable, et d’une patience à toute épreuve. Quoique ignorant jusqu’à ne savoir pas lire, on le regarda bientôt comme sil un homme né pour commander. Il réussit dans k | toutes les opérations dont il fut chargé, unissant en | sa personne des qualités qui se trouvent rarement ï ensemble, la persévérance et l’ardeur, la hardiesse Al dans la combinaison de ses plans, et la prudence dans leur exécution. En se jetant de bonne heure dans lesaffaires, sans autres moyens que ses talents 4 etsonadresse, et en ne comptant que sur lui-même ‘4 pour se tirer de l’obscurité, il acquit une si grande k connaissance des affaires et des hommes qu’il se rendit bientôt propre à conduire les unes et à gouverner les autres".

La naissance d’Almagro n’était pas plus relevée 1 que celle de Pizarre. Celui-ci était bâtard, l’autre i \

(1) Herrera, Decad. I et LI, passim; Decad. 1F, lib. VI, cap. 107, Gomara, Hist, cap. 144. Zavate, lib. IF, cap. 9.

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1524 était un enfant trouvé. Almagro, élevé dès sa jeunesse dans le métier des armes comme son compagnon, ne lui cédait en aucune des vertus militaires. Il avait comme lui une valeur intrépide, une activité sans relâche, et une constance à l’épreuve de toutes les fatigues que la guerre pouvait entraîner après elle dans le Nouveau-Monde; mais ces qualités

}} dans Almagro étaient accompagnées de la franchise

| | et de la générosité d’un soldat; dans Pizarre, elles

étaient unies avec l’adresse, la ruse, la dissimulation d’un politique, l’art de cacher ses desseins, et - la sagacité qui démêle ceux des autres.

Fernand de Luque était un prêtre, maître d’école à Panama. Par des moyens que les historiens ne nous ont pas fait connaître, fl avait amassé des richesses qui lui firent concevoir l'espérance de s'élever aux plus hauts emplois.

Conditiin Tels étaient les hommes destinés à renverser un ae as- des plus grands empires du monde. Leur association fut autorisée par Pedrarias*, gouverneur de Pana-

ma. Chacun d’eux s’engagea à employer toute sa

fortune pour le succès de l’entreprise. Pizarre, le

moins riche des trois, ne pouvant fournir autant de

(1) Garcilaso de la Vega (Hist. gener. del Peru., t. VI, cap. 1, p. 8.) dit que le plus jeune des trois aventuriers avait à cette époque plus de cinquante ans, et qu’ils étaient l’objet de la dérision générale. On se moquait surtout de Fernand de Luque, qu’on appelait Hernando el loco ou Fernand le fou. (D. L. R.)

(a) Zarate l'appelle Pedru Arias de Avila. (D. L. R.)

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