‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 74 sur 184 · EE · texte numérisé non relu

EE

Tumbès en 1527 pour lui servir d’interprète, Cette fonction mettant Philippillo à portée de voir familièrement et fréquemment le monarque prisonnier, il osa, malgré la bassesse de sa naissance, porter ses vœux jusqu’à une Coya ou fille du soleil, l’une des femmes d’Atahualpa; et, ne voyant aucune espérance de l'obtenir tant que le monarque vivrait, il conçut le projet d’engager les Espagnols à lui ôter la vie, en leur donnant des alarmes sur les desseins secrets de leur prisonnier, et en leur parlant sans cesse des préparatifs qu’il faisait contre eux. Tandis qu’Almagro et ses compagnons demandaient ouvertement la mort de l’incas, et que Philippillo travaillait en secret à le perdre, ce malheureux prince contribuait lui-même imprudemment à hâter sa perte. Durant sa captivité il avait conçu un attachement particulier pour Ferdinand Pizarre et Fernand Soto, qui, ayant reçu une meilleure éducation que les autres aventuriers, se conduisaient à son égard avec plus de décence et d’attention. Adouci par le respect que lui montraient ces officiers d’un rang distingué parmi les Espagnols, il se plaisait dans leur société ; mais en présence du gouverneur il était timide et contraint. A la crainte se joignit bientôt le mépris pour Pizarre. Parmi les arts de l’Europe, celui de lire et d'écrire excitait sa plus grande admiration. Il cherchait depuis long-temps à découvrir si c'était un talent acquis

Page 1