‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 75 sur 184 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

. Cette 4 ou naturel. Pour éclaircir ses doutes, il pria un des 1535 r fami- 4 soldats qui le gardaient d'écrire sur l’ongle de son onnier; { pouce le nom de Dieu. Il montra ensuite ces caporter ractères à différents Espagnols en leur demandant \ 1, l’une ce qu'ils signifiaient ,et, à son grand étonnement, e espé- tous lui firent sans hésiter la même réponse. Pizarre vrait, il - ; entrant un jour chez lui, l’incas lui présenta son ui ôter pouce. Le gouverneur rougit et fut forcé d’avouer À es des- avec quelque confusion son ignorance. Dès ce mo- A parlant \ ment Atahualpa le regarda comme un homme de 'e eux. ; rien, moins instruit que ses soldats, ct il n’eut pas f deman- ; l’adresse de cacher les sentiments que cette décou- 1 ue Phi- |; verte lui avait inspirés. Le général fut si vivement \ nalheu- blessé de se voir l’objet du mépris d’un barbare, à -mment que, son ressentiment se joignant à tous les autres { t conçu motifs, il se détermina à faire périr l’incas ‘. | Pizarre Mais, pour donner quelque apparence de justice à On fuit à L eilleure une action si violente et pour n’en être pas lui seul dors a 4 condui- * responsable aux yeux de son souverain, Pizarre se à ‘atten- b: détermina à faire juger l’incas selon toutes les for- L ient ces a. mes observées en Espagne dans les procès crimi- 4 agnols, nels. Lui-même et Almagro avec deux conseillers À ence du | furent ses juges , avec un pouvoir absolu d’absoudre L crainte ou de condamner. Un procureur général poursui- f armi les vit au nom du roi? On donna à l’acçusé un con- { excitait seil pour sa défense, et des greffiers fürent chargés |

depuis de rédiger les actes du procès. On porta à cet

acquis (x) Herrera, Decad, V, lib. LI, cap. 4. Vega, p. 2, lib. 1, cap. "°.

1585 étrange tribunal des accusations encore plus étranges. Elles consistaient en divers articles. Atahualpa , quoique bâtard, avait usurpé le trône et fait mourir son frère, son légitime souverain. Il était idolâtre, et il avait non-seulement permis, mais même ordonné des sacrifices humains. Il avait un grand nombre de concubines. Depuis son emprisonnenent il avait dissipé et détourné frauduleusement les trésors de l'empire, qui appartenaient aux Espagnols par droit de conquête, et excité ses sujets à prendre les armes contre eux. Parmi ces chefs d'accusation, quelques-uns sont si ridicules, d’autres si absurdes, qu’on ne sait de quoi s’étonner le plus , ou de l’effronterie ou de l’iniquité de Pizarre, qui en faisait le fondement d’une procédure criminelle à laquelle il soumettait le souverain d’un grand empire sur lequel il n’avait aucune juridiction. Sur tous ces articles des témoins furent entendus; mais comme ils faisaient leur déposition dans leur langue, Philippillo, chargé de les interpréter, pouvait y donner toutes les tournures qui favorisaient ses perfides intentions. Ces témoignages parurent convaincants à des juges dont l'opinion était arrêtée d'avance. Ils prononcèrent qu’Atahualpa était

1 est con- coupable, et le condamnèrent à être brûlé vif. Le denes: P. Valverde prostitua ses fonctions sacrées jusqu’à confirmer cette sentence par l'autorité de son mi-

nistère et à en attester la justice par sa signature.

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