LIVRE SIXIÈME
extrême. Le Pérou u’avait aucun autre établissemeñt qui méritât le nom de ville et qui püt déterminer les Espagnols à y fixer leur séjour. Mais, en parcourant le pays, Pizarre avait été frappé de la beauté et de la fertilité de la vallée de Rimac, une des plus étendues et des mieux cultivées du Pérou. Il établit le chef-lieu de son gouvernement sur les bords d’une petite rivière du même nom que la vallée qu’elle arrose et qu’elle enrichit, à six milles de Callao, le hâvre le plus commode de l'Océan Pacifique. Il lui donna le nom de ile des rois, soit parce qu’il en posa la première pierre le jour où l'Église célèbre la fête des trois rois, soit, comme il est plus vraisemblable, en l’honneur de Jeanne et de Charles, souverains de Castille. Ce nom se conserve encore en Espagne dans tous les actes publics; mais la ville est plus connue des étrangers sous celui de Lima, mot corrompu de l’ancien nom de la vallée où elle est située. Par les soins de Pizarre, les bâtiments s’élevèrent avec tant de promptitude qu’elle prit bientôt l’aspect d’une ville qui, par.un palais magnifique qu’il avait fait construire pour lui-même et par les superbes maisons destinées à ses principaux officiers, annonçait dès sonorigine la grandeur à laquelle elle atteindrait un jour.
En conséquence de sa convention avec Pizarre, Invasion du Chili par Al-
18 janvier.
(r) Herrera, Decad. P, lib. VI, cap. 12; lib. VII, cap. 13. Calan- magro.
cho, Cronica. lib. 1, cap. 33. Barnueno, Lima fundata, IT, 294.