‹ Histoire de l'Amérique [microforme]Chapitre 85 sur 184 · LIVRE SIXIÈM · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈM

silence et le secret dont les Américains sont peut- 1556 ! être seuls capables. À L'incas avait déjà fait quelques tentatives infruc- Et ses pro- | tueuses pour s'échapper des mains des Espagnols, ” lorsque Ferdinand Pizarre, étant venu à Cusco, lui accorda la permission d'assister à une grande fête qui devait se célébrer à quelques lieues de la capitale. Sous le prétexte de cette solennité , les hommes les plus considérables de l'empire s'étaient rassemblés. Dès que l’incas les eut joints, l’étendard de la guerre fut déployé, et, en peu de temps ,tous les guerriers de la nation furent en armes, depuis \ les confins de la province de Quito jusqu'aux fron- m tières du Chili. Beaucoup d’Espagnols, qui vivaient tranquilles dans les possessions qu’ils avaient obte- \ nues, furent massacrés. Différents détachements, { marchant sans précaution dans une contrée qui ": paraissait entièrement soumise au joug, furent si exterminés. Une armée de deux cent mille hommes, if si nous en croyons les historiens espagnols, attaqua Cusco. Les trois frères s’y défendirent avec cent pu soixante-dix Espagnols seulement’. Un autre corps (| considérable d’Indiens investit Lima et y tint les il Espagnols étroitement renfermés. Des troupes nom- | breuses de Péruviens répandus dans tout le pays in- 11 terceptaient tous les courriers, etcomme toute communication était interrompue entre Cusco et Lima,

(1) Voyez la note 23. (2) Voyez la note 24.

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1556 les Espagnols, dans l’une et dans l’autre de ces

villes, ignoraient également le sort de leurs compatriotes, et, supposant les événements les plus funestes, se croyaient les seuls échappés à la destruction de leur nation au Pérou.

Ce fut contre Cusco que se fit le plus grand effort

Cusco. des Indiens. L’incas à la tête d’une nombreuse armée

en forma le siége, qui fut suivi pendant neuf mois avec la plus grande ardeur. Les Péruviens n’y déployèrent pas au même degré le courage féroce des guerriers mexicains; mais ils conduisirent quelquesunes de leurs opérations avec plus de sagacité, et montrèrent plus d'aptitude à acquérir les connaissances de l’art militaire. Ils avaient observé l’avantage que les Espagnols retiraient de la discipline et de leurs armes : ils s’efforcèrent d’imiter la première, et ils tournèrent les armes européennes contre leurs ennemis. Ils ar: rent un corps nombreux de leurs plus braves ga rriers avec les épées, les piques et les boucliers qu’ils avaient pris aux Espagnols tués dans les différentes parties du pays. Ils avaient remarqué que les Espagnols combattaient serrés et tiraient de là leur plus grande force dans l’action ; ils s’exercèrent à combattre de la même manière. Quelques-uns osèrent manier les mousquets et acquirent assez d'adresse pour s’en servir.

() Vega, p. à. Gb. II, cap. 28. Zarate, lb: III, cap. 3. Cieça de Leon, cap. 82. Gomara, Hist, cap, 135, Herrera, Decad, P, lib. VIII,

cap. 5,

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