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LIVRE SIXIÈME

filés qu’on trouve dans la branche des Andes qui s'étendait entre eux et la capitale. Almagro, au lieu de suivre le conseil de quelques-uns de ses officiers qui voulaient qu’il essayât de défendre ces passages difficiles, attendit son ennemi dans la plaine de Cusco. Deux raisons semblent l'avoir conduit à prendre cette résolution. Il n'avait guère que cinq cents hommes, et il craignait de s’affaiblir encore en envoyant des détachements dans les montagnes; et, comme sa cavalerie était plus nombreuse et mieux disciplinée que celle des Pizarre, il ne pouvait tirer un grand parti de cet avantage qu’en combattant dans un pays découvert.

Les Pizarre s’avancèrent sans rencontrer d’autres obstacles que ceux qui venaient de la nature des contrées horribles et désertes qu’il fallait traverser. Aussitôt qu’ils furent dans la plaine, les deux partis montrèrent une impatience égale de terminer enfin une querelle qui durait depuis si long-temps. Compatriotes, anciennement amis, sujets du même souverain et marchant chacun sous l’étendard d’Espagne, ils voyaient les montagnes qui environnaient la plaine couvertes d’Indiens assemblés pour jouir du plaisir de les voir s’égorger les uns les autres, et prêts à attaquer ensuite le parti demeuré vainqueur; mais tous ces motifs ne pouvaient l'emporter sur la haine cruelle dont ils étaient animés. Il ne se donna de part ni d’autre aucun conseil de paix;

Son armée marche à Gus- 0,

4558 il re se fit pas une proposition d’accommodement. Malheureusement pour Almagro son âge avancé ne lui permettait plus de supporter les grands travaux, et, dans ce moment critique, épuisé par les fatigues et privé de son activité ordinaire , il fut obligé de confier le commandement de ses troupes à Orgognez, qui, quoique excellent officier, n’était pas aussi aimé des soldats et n’avait pas autant d’ascendant sur leur esprit que le chef qu'ils étaient accoutumés à suivre et à respecter.

26 avril. Le combat fut terrible et se soutint des deux Almagro est 4,7, , ‘

défait, côtés avec un courage égal. Almagro avait un plus

grand nombre de vieux soldats et plus de cavale-

rie; mais ces avantages étaient balancés du côté

de Pizarre par le nombre et par deux compagnies

de inousquetaires bien disciplinés que l’empereur

avait envoyées d’Espagne sur la nouvelle de la ré-

volte des Indiens. L'usage des armes à feu n’était pas

encore très commun en Amérique parmi des aven-

turiers, qui s’équipaient sans beaucoup de soin et

à leurs propres frais”. Cette petite troupe, armée

régulièrement et bien disciplinée, décida la jour-

née. Partout où elle se portait, un feu bien conduit

et bien soutenu renversait tout ce qu’elle trouvait

dévant elle, cavalerie et infanterie. Et Orgognez,

s’efforçant de rallier et de rariimer ses troupes, ayant

(1) Herrera, Decad. VI, lib, III, cap. 8.

(a) Zarate, lib, TIT, cap. 8.

ment.

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s deux in plus cavalelu côté agnies pereur : la rétait pas s avensoin et armée a jouronduit rouvait rognez; s, ayant

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