LIVRE SIXIÈME
qu’il attendait des renforts considérables d'hommes et de provisions , il était aussi important pour lui de gagner du temps et d'éviter un engagement, que pour Almagro de hâter ses opérations et d’en venir à une action décisive. Il eut recours aux artifices qu’il avait déjà employés avec succès, et Almagro fut assez faible pour se laisser amuser par l’espérance de terminer leurs différents à l'amiable. En variant sans cesse ses propositions, en cédant du terrain à propos, en accordant quelquefois tout et rétractant ensuite ce qu'il avait accordé, Pizarre fit traîner la négociation de manière que, quoique chaque jour fût précieux à Almagro, il s’écoula plusieurs mois sans qu’on eût rien arrêté. Tandis qu’Almagro et ses officiers n’étaient occupés qu’à reconnaître et éviter les piéges que leur tendait le gouverneur de Lima, Gonzalès Pizarre et Alvarado trouvèrent le moyen de corrompre leurs gardes, et non-seulement ils échappèrent , mais ils persuadèrent à soixante soldats d’Almagro de fuir avec eux. La fortune ayant ainsi rendu au gouverneur un de ses frères, une perfidie de plus ne lui coûta rien pour délivrer l’autre, Il proposa à Almagro de soumettre leurs contestations au jugement de leur souverain. Jusqu à sa décision chacun demeurerait en possession de ce qu’il occupait actuellement , Ferdinand Pizarre serait mis en liberté et partirait sur-
(1) Zarate, &B, LIT, cap. 8. Mewvera, Decad, PE, Gb, IE, cap. w.
1557 le-champ pour l'Espagne avec les officiers qu’Almagro voudrait envoyer lui-même afin de faire valoir ses droits. Le but de Pizarre dans ces propositions
était manifeste. Almagro avait été déjà souvent trompé par ses artifices, et cependant il compta sur la sincérité de son rival avec une crédulité aveugle et accepta toutes ces conditions ‘.
Ses prépa- Aussitôt que Ferdinand Pizarre fut en liberté, le ratifs pour gouverneur, n'étant plus retenu par la crainte du Fes danger de son frère , cessa de dissimuler. Le traité fut oublié; il ne fut plus question de conciliation. Il déclara ouvertement que c’était désormais les armes à la main qu'il fallait décider qui de lui ou d’Al- 1538 magro demeurerait maître du Pérou. Ses préparatifs se firent avec la célérité que demandait une résolution si hardie. Il eut bientôt sept cents hommes en état de marcher à Cusco. Il en donna le commandement à ses deux frères, en qui il pouvait se confier pour l'exécution des mesures les plus violentes; car ils étaient animés par l'ambition commune aux trois frères et par le souvenir récent de leur captivité et de leurs souffrances. Après avoir tenté sans succès de traverser les montagnes pour arriver par une route directe à Cusco , ils marchèrent au sud le long de la côte jusqu’à Nasca, et alors tournant à gauche ils pénétrèrent dans les dé-
(x) Herrera, Decad. VI, lib. III, cap. 9. ?arate, Gb. LIT, cap. 9. Gomara, Hist. cop, 140. Vega, p. 2, Üb. II, cap. 35.
ma-
loir ions vent sur ugle
é, le e du 'aite on. Il rmes l’'Alratifs 'ÉSO- 1mes omMmait se viocamnt de avoir pour mara, et es dé-
‘ap 9: