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Nouvelles expéditions.
Les Péruviens, au lieu d’exécuter la résolution qu’ils avaient prise d'attaquer les Espagnols, se retirèrent tranquillement après la bataille ; et rien dans l’histoire du Nouveau-Monde ne prouve peutêtre mieux l’ascendant étonnant que les Espagnols avaient pris sur les Américains que de voir ceuxci, témoins de la défaite et de la dispersion d’un des partis, n’avoir pas le courage d’attaquer l’autre affaibli et fatigué par sa victoire même, et n’oser tomber sur leurs oppresseurs lorsque la fortune leur offrait une occasion si favorable de les combattre avec avantage ‘.
Cusco fut pillé par les vainqueurs , qui y trouvèrent un butin considérable formé en partie de ce qui restait des trésors des Indiens et en partie des richesses amassées par leurs adversaires au Pérou et au Chili. Mais ces dépouilles et tout ce que leur chef put y ajouter étaient si fort au-dessous de ce qu’ils croyaient dû à leurs services, que Ferdinand Pizarre, ne pouvant les satisfaire, eut recours au même expédient que son frère avait employé dans une occasion semblable, Il chercha à occuper ces esprits hautains et remuants, afin d'empêcher leurs plaintes de dégénérer en mutinerie. Il encouragea ses officiers les plus actifs à entreprendre de découvrir et de réduire les différentes provinces que les Espagnols n’avaient pas encore soumises. Tous (1) Zarate, Gb. HIT, cap. à. Vega, p. à, lib. II, cap. 38.
lution les chefs qui commandèrent quelqu’une de ces expé- 1538 ls, se ditions furent suivis par beaucoup de volontaires t rien animés d’une ardeur et d’une confiance qu’on ne peut- trouve que dans les aventuriers de ce siècle. Pluignols sieurs des soldats d’Almagro s’enrôlèrent aussi, et ceux- Pizarre eut la satisfaction d’être délivré des imd'un portunités de ses partisans mécontents et de la ‘autre crainte de ses anciens ennemis :.
n'oser Almagro demeura plusieurs mois étroitement On fait le e leur | gardé et livré à toutes les inquiétudes que lui causait vs À At battre l'incertitude de sa situation. Son sort était fixé par | les Pizarre depuis le moment où il était tombé entre OU VÈ- leurs mains; mais la prudence les forçait de difféde ce ; rer leur vengeance jusqu’à ce que les soldats qui ie des \ avaient servi sous Almagro et plusieurs de leurs rou et partisans même, en qui ils ne pouvaient se confier e leur entièrement, fussent éloignés de Cusco. Dès que de ce cet obstacle eut cessé, Almagro fut accusé juridiinand quement pour erime de trahison , jugé avec les forrs au malités ordinaires, et condamné à la peine capitale. 11 ei condans Sa sentence l’étonna, et'quoiqu'il eût souvent bravé "6 r ces | la mort avec la plus grande intrépidité dans les leurs combats, il ne put sans faiblesse la voir approcher agea nn : sous une forme ignominieuse. Il eut recours à des > dé- : supplications basses et indignes de sa gloire. Il cony que jura les Pizarre de se souvenir de leur ancienne
ous (1) Zarate, lib. LIT, cap. 12. Gomara, Hist. cap. 14, Herrera, Decad. PI, lib. IV, cap, 7.
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amitié et des services qu’il avait rendus à leur famille. Il rappela à François l'humanité dont il avait usé envers Ferdinand et Gonzalez, ses prisonniers dont il avait épargné la vie, malgré les remontrances de ses plus fidèles amis. Il le pressa enfin d’avoir pitié de son âge et de ses infirmités et de lui laisser les tristes restes d’une vie qui ne pouvait pas encore être bien longue , pour lui donner le temps d’expier ses péchés et de faire sa paix avec le ciel. Les supplications d’un homme aimé de tous ceux qui avaient servi sous lui, arrachèrent des larmes de tous les yeux et touchèrent les cœurs les plus durs, dit un historien espagnol; mais les Pizarre demeurèrent inflexibles '. Dès qu’Almagro vit que son sort était inévitable, il reprit la dignité et le courage d’un an- Et mis à mort. cien soldat. Il fut étranglé dans sa prison et ensuite publiquement décapité, dans la soixante-quir ne année de son âge. Il laissa un fils qu'ilavaitet . ne femme indienne de Panama, alors prisonnier à Lima et qu’il nomma néanmoins son successeur dans son gouvernement, en vertu du pouvoir qu’il en avait de l’empereur *.
1539 La guerre civile du Pérou suspendant toute com- Délibération munication avec l'Espagne, la nouvelle de ces évé- ARR nements extraordinaires n’y arriva que fort tard. lat du Pérou. Malheureusement pour le parti victorieux , elle y
(x) Voyez la note 27.
(2) Zarate, lib. III, cap. 12. Gomara, Hist, cap. 141, Vega, p. 2, lil. II, cap. 39. Herrera, Decad. VI, lib, IF, cap. 9; lib. 5. cap. 1.
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