‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 105 sur 175 · LIVRE SIXIÈME. 1\ I · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. 1\ I

lois contenant plusieurs dispositions salutaires sur 15*12 la constitution et les pouvoirs du conseil suprême des Indes , sur l'étendue de la juridiction et l'autorité des audiences royales dans les différentes parties de l'Amérique, sur l'administration de la justice et sur l'ordre du gouvernement ecclésiastique et civil. Ces lois furent généralement approuvées ; mais on y joignit les règlements suivants, qui excitèrent une alarme universelle et causèrent les plus violentes agitations.

Les repartimientos, ou concessions de terres, étant excessifs , les audiences royales furent autorisées à les réduire a une étendue modérée. A la mort de chaque aventurier ou planteur, les terres et les Indiens qui lui auraient été accordés ne passeraient plus à sa veuve ou à ses enfants , mais retourneraient à la couronne. Les Indiens seraient désormais exemptés de service personnel et ne seraient obligés ni de porter les bagages des voyageurs, ni de travailler aux mines, ni de plonger pour la pêche des perles. Le tribut dû par eux à leurs seigneurs serait fixé , et ils devaient être payés comme des hommes à gages pour tous les ouvrages qu'ils feraient volontairement. Toute personne qui aurait été ou qui était actuellement dans quelque emploi public, tout ecclésiastique, tous les hôpitaux et monastères, seraient privés des terres et des Indiens dont ils étaient en possession , et les

^5k2 terres seraient réunies à la couronne. Enfin, tout habitant du Pérou impliqué au criminel dans la querelle de Pizarre et d'Almagro serait dépouillé aussi de ses terres et de ses Indiens , que l'on confisquerait au profit du roi '.

Remontran- Tous les ministres espagnols jusqu'alors chargés ces e ses mi- jes affajres (je l'Amérique et les mieux instruits de

nistres contre l

ces régie- l'état du pays , firent des remontrances contre ces ments. règlements, funestes, selon eux, aux colonies nais-

santes. Ils représentèrent que le nombre des Espagnols qui avaient jusqu'à cette époque passé dans le Nouveau-Monde était si extraordinairement petit qu'on ne pouvait rien espérer de leurs efforts pour l'amélioration des vastes régions sur lesquelles ils étaient disséminés , sans le secours des Indiens ; le succès de toute espèce de plan de ce genre dépendait nécessairement du service des naturels , et que l'indolence de ces peuples et leur aversion pour le travail ne pouvaient être surmontées par l'appât du gain et des récompenses; qu'à l'instant où les maîtres n'auraient plus le droit d'imposer une tâche et d'exiger qu'elle fût faite, tout travail cesserait , et que toutes les sources de richesses, qui avaient commencé à couler d'Amérique en Espagne , se fermeraient pour jamais. Mais Charles , attaché dans tous les temps à ses opinions et frappé for-

(i) Herrera, Decad. VII, llb. VI , cap. 5. Fernandez, Hist. lib. I, cap. i, 2.

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