LIVRE SIXIÈME. Il
tendent alors des désordres qui régnaient èii Ame- 45^2 rique , voulut risquer l'application d'un remède même dangereux, et persista dans la résolution de publier ses nouvelles lois. Pour en presser l'exécution avec plus de vigueur , il destina François Tello de Sandoval à passer au Mexique en qualité de visiteur ou surintendant de ce pays, où il serait chargé de se concerter avec le vice-roi Antoine de Mendoza. Blasco Nugnez Yela fut nommé gouver- 45*5
i ^ f i i •■ Vice-roi en
neur du Pérou avec le titre de vice-roi ', et, pour 6 au pé fortifier son administration , on établit une audience rou, royale à Lima, où quatre jurisconsultes estimés devaient présider comme juges \
lie vice-roi et le surintendant partirent en même \%w% temps ; mais les lois qu'ils devaient faire exécuter en E, e,ls ( e ces
1 / L règlements
Amérique y étaient connues avant leur arrivée. L'en- dans la Nou trée de Sandoval à Mexico fut regardée comme le vellc-Espa-
une.
prélude d'une ruine générale. La liberté entière rendue aux Indiens intéressait tous les Espagnols établis en Amérique , et il n'y en avait aucun qui , sous quelque prétexte, ne pût être compris dans les nouveaux règlements et en souffrir. Mais la colonie de la Nouvelle-Espagne s'était depuis si long-temps accoutumée à respecter les lois et l'autorité sous l'ad-
(i) B. N. de Vêla, né à Aviia, était iin grand courtisan» et remplissait à cette époque les fonctions de contrôleur général des gardes de Caslille. Il arriva à Nombre deDios le 10 janvier i544. ( D. L. R. )
(2) Zarate , lib. 111, cap. 24. Gomara , cap. r 5r . Vega , p. 2, Ub. llb cap. 20.
2l4 HISTOIRE DE h AMÉRIQUE.
A*>m ministration prudente et ferme de Mendoza, que, quelque aversion qu'on y eût pour les lois nouvelles et quelques mauvais effets qu'on en craignît, il ne se fit aucune tentative pour en empêcher la publication, ni aucun acte de violence contraire à la soumission due au souverain. Les magistrats et les principaux habitants se contentèrent d'exposer au vice-roi et au surintendant, dans de respectueuses remontrances, les conséquences funestes des nouveaux règlements. Heureusement pour eux, une longue résidence en Amérique avait donné à Mendoza une profonde connaissance de l'état du pays, de ses intérêts et de ses ressources; et Sandoval, quoique nouvellement appelé à l'administration, montra une modération rare parmi ceux qui se trouvent pour la première fois revêtus du pouvoir. Ils s'engagèrent l'un et l'autre à suspendre l'exécution des dispositions qui blessaient le plus les Mexicains ' , et non-seulement ils consentirent à ce que les habitants de la Nouvelle- Espagne envoyassent une députationà ce sujet, mais ils appuyèrent eux-mêmes le vœu de la colonie. Charles , ébranlé par l'opinion de ces hommes que leurs talents et leur intégrité rendaient si capables déjuger avec discernement des objets qui étaientsous leurs yeux, se relâcha assez de la rigueur de ses lois pour rendre à la colonie sa première tranquillité2.
(i) Les nouveaux habitants du Mexique.
(a) Fernandez, Hist. lib. I, cap. 3, 4, 5. Vega,^?. 2, lib. llly cap. at,