‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 126 sur 175 · III · texte numérisé non relu

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étendue , soumis à un seul souverain ; les habitants rassemblés dans des villes , une législation occupée de la subsistance et de la sûreté des citoyens , l'empire des lois établi en quelque sorte , l'autorité d'une religion reconnue , plusieurs des arts nécessaires à la vie portés jusqu'à un certain point de perfection 7 et ceux qui servent à l'embellir commençant à se montrer.

Nations du Mais si l'on compare les Américains avec les nanouveau con- tions de l'ancien continent, l'infériorité des pre- , miers est sensible , et on ne peut plus les placer

meures a cel 7 1 i r

les de l'ancien, parmi les peuples vraiment civilisés; les peuples des deux grands empires de l'Amérique , comme les tribus sauvages qui les environnent , ne connaissaient point les métaux utiles ; et avaient peu étendu le domaine de l'homme sur les animaux. Les seuls que les Mexicains eussent l'art d'apprivoiser et de nourrir étaient les dindons , les canards , les lapins et une espèce de petits chiens '. A la vérité ces faibles essais de leur industrie avaient rendu leur subsistance un peu plus abondante et plus sûre que celle de l'homme qui n'a de ressource pour se nourrir que la chasse ; mais ils n'avaient pas tenté de se soumettre des animaux plus forts , ni de s'en faire aider dans leurs travaux. Parmi les petites espèces, les Péruviens n'avaient rendu domestique que le canard ; mais ils avaient apprivoisé

(1) Herrera, Decad. Il, Ub. VII, cap. 19..

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le llama, animal particulier à leur pays, dont la forme a quelque ressemblance avec le chameau, et dont la taille est un peu au-dessus de celle du mouton. Sous la protection de l'homme cette espèce s'était fort multipliée; sa laine habillait les Péruviens et sa chair les nourrissait. Cet animal était même employé comme bête de charge, et portait un fardeau modique avec beaucoup de patience et de docilité1. Il ne servait pas de bête de trait, et, comme on ne l'élevait que dans les montagnes, on n'en tirait pas de grands secours, si l'on en juge par différentes circonstances que rapportent les premiers historiens du Pérou.

Dans l'histoire des progrès des nations vers la civilisation , on a toujours regardé l'emploi des métaux utiles et l'établissement de l'empire de l'homme sur les animaux comme des pas de la plus grande importance. Dans notre continent, la société a été encore long-temps barbare après ces deux découvertes. L'homme, après avoir acquis cet empire sur la nature, a vu s'écouler encore beaucoup de siècles avant que son industrie fût assez perfectionnée pour rendre sa subsistance assurée, avant que les arts qui fournissent à ses besoins et à ses commodités fussent inventés , et qu'on eût aucune idée des diverses institutions nécessaires pour conserver l'ordre dans la société. Les Mexicains et les

(i) Vega,». t, lib. VIII, cap. 16. Zarate, lib. I, cap. 14.

Péruviens, privés de la connaissance des métaux utiles ' et du secours des animaux domestiques , étaient donc arrêtés par des obstacles puissants, et quoique, au moment de la découverte de l'Amérique , ils fussent arrivés au plus haut point de leurs progrès , ils paraissaient encore à cette époque dans l'enfance de la vie civilisée.

Coup d'œil Après cette observation générale sur la circonsur les msti- Sfance ja plus singulière qui distingue les deux gran-

tutions et les • 1 1, a r • • - • * ,

mœurs des des nations de l'Amérique, je vais tâcher de présen- Mexicaius et ter ja constitution et la police intérieure de l'une et de

des Péruviens. ., , i? \ 1 1

1 autre sous un point de vue d après lequel on pourra déterminer leur rang dans l'échelle politique et leur véritable place entre les peuplades grossières et barbares du Nouveau-Monde et les nations civilisées de l'ancien ; c'est-à-dire estimer de combien elles sont au-dessus de celles-là et au-dessous de celles-ci. L'ancien em- De ces deux empires , le Mexique a été le premier pire du exi"soumis a ]a couronne d'Espagne, mais nous n'en

que mal con- m .

n„. connaissons pas mieux pour cela les coutumes et

les lois. Ce que j'ai dit ailleurs de l'inexactitude des relations qui pouvaient nous donner quelque, connaissance de l'état et des mœurs des tribus sauvages de l'Amérique peut être appliqué à l'empire du Mexique. Cortez et les aventuriers qui l'accompa-

(1) Les Mexicains et les Péruviens connaissaient , outre l'or et l'argent , le cuivre , le plomb et rétain ; Clavigero et M. de Humboldt nous en fournissent des preuves irrécusables. (D. L. R.)

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