LIVRE SEPTIÈME. 2q
les faire regarder comme un peuple très civilisé, taudis que d'autres circonstances peuvent faire croire que , par leur caractère et plusieurs de leurs institutions, ils ne différaient pas beaucoup des autres habitants de l'Amérique.
Les Mexicains , comme les tribus sauvages qui les Leurs guerenvironnaient, étaient sans cesse en guerre, et les fes co"linuel"
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motifs qui les y poussaient semblent avoir été les mêmes : ils combattaient pour satisfaire leur vengeance, en versant le sang de leurs ennemis. Dans les combats, ils cherchaient principalement à faire des prisonniers , et la victoire était d'autant plus éclatante qu'ils en faisaient davantage. On ne rendait jamais de captifs : tous étaient égorgés sans miséricorde , et les vainqueurs les dévoraient avec la joie barbare des sauvages les plus féroces. En quelques occasions la cruauté était portée à des excès encore plus monstrueux. Leurs principaux guerriers se couvraient quelquefois de la peau sanglante des malheureuses victimes qui avaient succombé sous leurs coups , et allaient dansant dans les rues , célébrant leur propre valeur et insultant à leurs ennemis '.Jusque dans leurs institutions civiles on trouve des traces de cette barbarie que leur système de guerre leur inspirait. Les quatre principaux conseillers de l'empire étaient distingués par des titres atroces, qui n'avaient pu être imaginés que chez
(i) Herrera, Dec ad. III, lib. II, cap. i5. Gomara, Cron. cap. 217. III. 19
une nation qui se plaît dans le carnage et clans le sang'. Cette férocité de caractère se trouve chez toutes les nations de la Nouvelle-Espagne. Les Tlascalans, le peuple du Mechoacan, et d'autres états ennemis des Mexicains , étaient, aussi sans cesse en guerre, et traitaient leurs ennemis avec la même cruauté. A mesure que les hommes s'unissent en société et vivent sous l'empire des lois et d'une police régulière, leurs mœurs s'adoucissent, les sentiments d'humanité naissent en eux ; les droits et les devoirs sont mieux connus; la férocité des guerres s'affaiblit, et, même au milieu des combats, les hommes se souviennent de ce qu'ils se doivent les uns aux autres. Le sauvage combat pour détruire, le citoyen pour conquérir. Le premier est inaccessible à toute pitié et n'épargne personne ; le dernier a acquis une sensibilité qui adoucit ses fureurs. Cette sensibilité paraît avoir été entièrement étrangère aux Mexicains. La barbarie avec laquelle ils faisaient la guerre était telle qu'on ne peut s'empêcher d'en conclure qu'ils étaient bien imparfaitement civilisés. Leurs céré- Leurs cérémonies funèbres n'étaient pas moins mômes mne- sanglantes que celles des tribus les plus sauvages. A la mort des grands, et surtout lorsque l'empereur cessait de vivre, un certain nombre de ses domestiques étaient choisis pour l'accompagner dans l'autre monde, et ces malheureuses victimes
(t) Voyez la note 48.