‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 141 sur 175 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

l'ouest de Mexico étaient occupées par les Chiche' mecas et d'autres peuplades de chasseurs. Toutes ces nations ne reconnaissaient point le monarque du Mexique. Même, dans le pays plat et dans l'intérieur, plusieurs villes et provinces n'avaient jamais subi le joug. Tlascala , quoique placée seulement à vingt-une lieues de la capitale de l'empire, était une république indépendante et ennemie ; Cholula , quoique encore plus voisine , n'était soumise que depuis fort peu de temps lors de l'arrivée des Espagnols. Tepeaca, éloignée de trente lieues de Mexico, paraît avoir été un état séparé , gouverné par ses propres lois i ; Meclioacan , dont la frontière n'était qu'à quarante lieues de Mexico , était un royaume puissant , célèbre par son implacable inimitié pour les Mexicains \ Ces puissances ennemies circonscrivaient l'empire de tous les côtés. Nous devons donc rabattre beaucoup des hautes idées que nous donnent de son étendue les descriptions des historiens espagnols 5.

(1) Herrera , Decad. III, lib. X, cap. i5, 21. B. Diaz, cap. i3o-

(2) Herrera, Decad. III, lib. II, cap. 10.

(5) Il semble que Robertson éprouve ici une distraction , car après avoir dit que les historiens espagnols s'accordent à représenter l'empire de Monlézunia , comme s'étendant sur toutes les provinces de la Nouvelle-Espagne depuis la mer du Nord jusqu'à l'Océan Pacifique , il prouve immédiatement le contraire par le témoignage de ces mêmes historiens. L'empire du Mexique ne s'étendait pas à la vérité sur toutes les provinces de la Nouvelle-Espagne , mais il était baigné par les deux mers. Voyez la noie 49. (D. L. II.)

Défaut de Avec cette indépendance des divers états de la communica- Nouvelle-Espagne , il ne pouvait y avoir que peu de

tion entre les . . . A

provinces. communication entre ses diverses provinces. Même dans l'intérieur du pays et à peu de distance de la capitale 9 il n'y avait pas de routes pour faciliter la communication d'un district à l'autre ; et quand les Espagnols voulurent y pénétrer , ils furent obligés de s'ouvrir des chemins au travers des bois et des marais1. Lorsque Cortez ? en 1 5a 5, se hasarda à marcher de Mexico au pays de Honduras , il trouva des difficultés et essuya des fatigues aussi grandes que celles qu'il eût pu rencontrer dans les contrées les moins civilisées des autres parties de l'Amérique. Dans quelques endroits.il put à peine se frayer une route à travers des bois impénétrables ou des plaines couvertes d'eau. Dans d'autres il y avait si peu de culture que ses troupes furent souvent à la veille de périr par la faim. Ces faits bien constants s'accordent mal avec les descriptions pompeuses que les écrivains espagnols nous ont laissées de la police et de l'industrie des Mexicains ? et ne donnent guère de ce pays des idées différentes de celles que nous avons des parties occupées par les tribus du nord de l'Amérique. On trouvait ça et là ce que les sauvages appelaient et ce qu'on appelle encore un sentiez* de commerce ou de guerre pour conduire d'un établissement à un autre ; mais généralement il n'y

fi) B. Diaz, cap. 166, cap. 176.

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