LIVRE SEPTIÈME
paraissait pas de trace de communication établie, peu d'industrie et nul monument des arts ' .
Une preuve non moins frappante de l'imperfection de leurs relations commerciales est le défaut de monnaie ou de tout autre moyen général d'échange et d'évaluation. La découverte d'un semblable étalon est un des pas les plus importants dans les progrès des nations. Jusqu'à ce qu'il soit trouvé, tous les échanges se font si lentement, si difficilement qu'ils ne peuvent être ni nombreux, ni variés. L'invention de ce moyen de commerce est d'une si haute antiquité dans notre hémisphère et remonte si fort au-delà de toutes les époques authentiques de l'histoire, qu'elle semble presque aussi ancienne que la société. Les métaux précieux paraissent avoir été employés de fort bonne heure à cet usage , parce que leur valeur est plus permanente , qu'ils sont plus facilement divisibles et qu'ils ont beaucoup d'autres qualités qui les rendent plus propres à servir de mesure commune que les autres substances que la nature a soumises à l'empire de l'homme. Mais dans le Nouveau-Monde, même dans
(t) Les connaissances que possédaient les Mexicains annoncent un grand développement de l'esprit humain qui ne permet pas de supposer qu'ils n'aient produit aucun monument des arts. Pour prouver que Robertson s'est trompé à ce sujet, il suffît de citer leurs chaussées , leurs aqueducs , leurs ponts et ces édifices -si remarquables par leur forme et leur grandeur dont Clavigero,M. de Humboldl et M. Bulloch, etc,> ont donné des descriptions. (D. L. R.)
Autre preuve de l'état
peu des cains.
avance Mexi
les contrées où l'or et l'argent se trouvent en plus grande abondance on n'y connaissait point cet usage de ces métaux. Ils n'étaient pas encore assez nécessaires aux besoins des peuplades grossières ou des monarchies imparfaitement civilisées de l'Amérique. Tout le commerce était conduit par des échanges en nature. Ce défaut d'un moyen d'échange et d'évaluation, si avantageux et qui apporte tant de commodités dans la vie civile , doit être regardé comme une marque certaine de l'état encore imparfait de la police des Mexicains. Cependant on commençait à sentir dans le Nouveau-Monde l'inconvénient de manquer de l'instrument général du commerce, et l'on faisait quelques efforts pour y suppléer. Au Mexique , ou le commerce était plus étendu qu'en aucune autre partie de l'Amérique, on avait commencé à employer un moyen dont l'usage rendait les petits échanges plus faciles. Comme le chocolat était d'un usage commun à toutes les classes des citoyens , les noix ou amandes de cacao dont il est composé, étaient reçues en échange des marchandises de peu de valeur. On les considéra donc comme l'instrument du commerce; et la valeur de ce que l'acheteur voulait acquérir, et de ce que le vendeur voulait vendre s'estimait par le nombre de noix de cacao qu'on pouvait obtenir en échange de la marchandise achetée ou ven-