‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 145 sur 175 · LIVRE SKPTràlE. 3o · texte numérisé non relu

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par la ressemblance des noms, qu'il lui devient difficile de distinguer les objets tels qu'ils sont réellement. Lorsque les Espagnols abordèrent pour la première fois au Mexique, ils furent si frappés de l'apparence de police et de quelques ouvrages des arts, fort supérieurs à ceux des tribus grossières qu'ils avaient jusque là trouvées en Amérique, qu'ils s'imaginèrent avoir enfin découvert dans le Nouveau-Mon de un peuple civilisé. Dans leurs descriptions ils paraissent ne perdre jamais de vue cette comparaison entre les habitants du Mexique et leurs sauvages voisins. En observant avec admiration la supériorité des Mexicains marquée en plusieurs choses, ils emploient à décrire leur police imparfaite et leurs arts grossiers des termes qui ne sont applicables qu'à des nations infiniment plus avancées dans la civilisation et dans les arts. Ces deux circonstances concourent à diminuer beaucoup la confiance qu'on doit aux descriptions de l'état du Mexique que nous ont laissées les premiers historiens espagnols. En comparant cette nation à d'autres petits peuples sauvages , ils ont laissé leurs idées s'élever beaucoup au-dessus du vrai , et les termes qu'ils ont employés dans leurs descriptions ont encore contribué à augmenter l'exagération. Les écrivains postérieurs ont adopté le style des premiers , et l'ont chargé encore davantage. Solis , en traçant le caractère de Montézuma et en décrivant la splen-

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deur de sa cour, les lois et la police de son empire , emploie les mêmes expressions dont on se servirait pour faire connaître le souverain et les institutions de l'une des nations les plus civilisées.

Mais , quoiqu'il faille reconnaître que la chaleur de l'imagination espagnole a ajouté quelques embellissements à ces descriptions , on n'est pas en droit pour cela de prononcer , avec le ton décidé qu'emploient plusieurs auteurs , que tout ce qu'on a écrit de l'étendue, de la police et des lois du Mexique, n'est qu'un amas de fictions d'hommes qui ont voulu tromper ou qui avaient un grand penchant à croire au merveilleux. Il y a peu de faits historiques qu'on puisse établir sur des témoignages plus incontestables que les faits principaux de l'histoire du Mexique. Ce sont des témoins oculaires qui rapportent ce qu'ils ont vu ; des hommes qui , ayant vécu parmi les Mexicains, avant et après la conquête, décrivent des institutions et des mœurs qui leur étaient familières; enfin, des personnes de professions différentes, militaires, prêtres, jurisconsultes, à qui les objets doivent s'être présentés sous des aspects différents , concourent à rendre le même témoignage. SiCortez s'était hasardé à tromper son souverain en lui faisant un tableau de mœurs imaginaires, il n'eût pas manqué d'ennemis et de rivaux empressés à découvrir sa tromperie et à en tirer parti pour lui nuire. Mais, comme le remarque avec raison un auteur

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