‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 152 sur 175 · LIVRE SEPTIÈME. 3l · texte numérisé non relu

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ornement particulier de l'inca régnant , il devenait le maître de la vie et de la fortune de tous les citoyens.

Il faut regarder comme une autre conséquence Tous les de cette liaison de la religion avec le gouvernement étaient ula peine de mort infligée à tous les crimes. Ce n'é- nisdemort. taientplus des désobéissances à des lois humaines, mais des insultes à la divinité. Les fautes les plus légères, comme les crimes les plus atroces, appelaient la même vengeance sur la tête du coupable, et ne pouvaient être expiées que par son sang. La peine suivait la faute inévitablement, parce qu'une offense envers le ciel ne pouvait en aucun cas être pardonnée '. Parmi des nations déjà corrompues, des maximes si sévères , en conduisant les hommes à la férocité et au désespoir, auraient été plus capables de multiplier les crimes que d'en diminuer le nombre. Mais les Péruviens, avec des mœurs simples et une crédulité aveugle, étaient contenus dans une telle crainte que le nombre de fautes était extrêmement faible. Leur respect pour des monarques éclairés et guidés par la divinité qu'ils adoraient, les maintenait dans le devoir; et la crainte d'une peine qu'ils ' étaient accoutumés à regarder comme un châtiment inévitable de l'offense faite au ciel, les éloignait de toute prévarication.

Le système de superstition sur lequel les incas Douceur de

(i)Vega,M.//,cap. 6. leur religion,

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avaient fondé leur autorité était très différent de celui des Mexicains. Manco Capac avait tourné tout le culte religieux vers les objets de la nature. Le soleil, comme la première source de la lumière , de la fécondité de la terre et du bonheur de ses habitants , était le premier et le principal objet de leur hommage. La lune et les étoiles , secondant le soleil dans ses bienfaisantes opérations ? obtenaient après lui les adorations des Péruviens. Partout où le penchant de l'homme à reconnaître et à adorer une puissance supérieure prend cette direction , et se porte à admirer et à contempler l'ordre et la bienfaisance qui existent réellement dans la nature, l'esprit de superstition est doux ; lorsqu'au contraire des êtres chimériques, ouvrage de l'imagination et de la crainte des hommes , sont supposés conduire l'univers, et deviennent les objets du culte religieux, la superstition prend des formes bizarres et atroces. La première de ces religions était celle des Péruviens , la dernière celle des Mexicains. Les Péruviens, il est vrai, ne s'étaient pas élevés jusqu'à des idées justes de la divinité : on ne trouve même dans leur langue aucun terme, aucun nom donné au pouvoir inconnu et suprême qu'ils adoraient , qui puisse faire conjecturer qu'ils le regardassent comme créateur et gouverneur de l'univers '. Mais les cérémonies du culte décerné à cet

(i) Acosta, lib. V, cap. 3. Voyez la note 58.

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