LIVRE SEPTIÈME
sommation est immense en Europe et forme l'objet d'un très grand commerce. Pendant un long période aucune nation européenne n'a mis le pied dans ces provinces et n'a tenté de partager ce commerce avec les Espagnols. Mais, après la conquête de la Jamaïque par les Anglais, les Espagnols s'aperçurent bientôt qu'ils avaient près d'eux de redoutables voisins. Un des premiers objets qui tentèrent les Anglais fut le grand profit du commerce de bois de teinture et la facilité d'en enlever quelque partie aux Espagnols. Quelques aventuriers de la Jamaïque firent une première tentative au cap Catoche, situé au sud-est ' du Yucatan, et firent un grand profit en y coupant des bois. Lorsque les arbres les plus proches de la cote furent abattus, ils se portèrent à l'île de Trist, dans la baie de Campêclie ; et enfin ils ont placé leur prin- Affaiblissecipal établissement dans la baie de Honduras. Les merce des Es^ Espagnols , alarmés de ces envahissements , essaye- pagnols dans rent d'abord par des négociations, ensuite par des pays" remontrances , et enfin à force ouverte , d'empêcher les Anglais de mettre le pied dans cette partie du continent de l'Amérique; mais, après avoir lutté pendant plus d'un siècle, les revers de l'Espagne, dans la dernière guerre, ont arraché à la coin1 de Madrid un consentement à ce que ces étrangers s'établissent au milieu de ses possessions \ Les Espa
(i) Ce capes! au nord-esl du Yucatan ( D. L. V (2) Traité de Paris, art. XM1Ï
gnols ont ressenti tant de peine à se voir forces de faire cette humiliante concession , qu'ils ont cherché et trouvé un moyen de la rendre inutile aux Anglais , qui leur a mieux réussi que la négociation et la force. Le bois de teinture de la cote occidentale du Yucatan , où le sol est plus sec , est bien supérieur à celui des terrains marécageux où les Anglais sont établis. En encourageant la coupe chez eux et en supprimant les droits que cette matière payait en Espagne1, ils ont donné une si grande activité à cette branche de commerce que le bois que les Anglais portent au marché est tellement tombé de prix, que leur commerce dans la baie de Honduras a déchu graduellement 2 depuis l'époque même où il a reçu une sanction légale par l'accord des deux cours. Il est même probable qu'il sera bientôt abandonné 3 et que les provinces du Yucatan et de Honduras deviendront bientôt des possessions fort importantes pour l'Espagne. Cosia-Puca Plus loin , à l'est4 du pays de Honduras, sont siragua. tu^es }es deux provinces de Costa-Rica et de Veragua , qui dépendent encore de la vice-royauté de la
(i) Real Cedula, Campomanes, III, i45.
(2) Voyez la noie 69.
(3) Ce que prévoyait Robertson n'est pas arrivé , et les Anglais continuent de garder la possession de la partie du Yucatan, située au sud de la rivière Hondoez, qui porte le nom de Yucatan anglais. Ils y ont bâti la ville de Balise, où réside un roi indien titulaire, qui reçoit un brevet de nomination du gouvernement de la Jamaïque ; et ils ont établi de petites colonies dans les îles de Rattan , Turnef et autres du golfe de Honduras. (D. L. R.)
(4) Ces provinces sont au sud-est. (D. L. R.)