‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 165 sur 175 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

Nouvelle-Espagne; mais toutes deux ont été si fort négligées par les Espagnols et paraissent avoir si peu de valeur ' qu'elles ne méritent guère notre attention.

La province la plus importante qui dépende de ijC Chili. la vice -royauté du Pérou est le Chili. Les incas avaient établi leur domination dans quelques-uns de ses districts méridionaux5; mais dans la plus grande partie du pays le courage des naturels les avait maintenus dans l'indépendance. Les Espagnols, attirés par la renommée de son opulence, tentèrent de bonne heure d'en faire la conquête sous les ordres de Diego Almagro. Après sa mort, Pedro de Valdivia reprit ce projet. Ils trouvèrent l'un et l'autre une vigoureuse opposition. Le premier abandonna son entreprise, comme je l'ai dit plus haut5; le dernier, après avoir déployé un grand courage et des talents militaires, périt avec un corps considérable de troupes qui était

(r) La province de Costa-Rica , la plus orientale et en même temps la plus méridionale du Guatimala , est un pays généralement montagneux. Elle n'a pas , il est vrai , de mines très productives , quoiqu'il y en existe d'or, d'argent et de cuivre ; mais elle est riche en superbe bois de construction et en excellents pâturages ; et elle produit du cacao, du tabac, et d'autres denrées des climats chauds. Elle ne mérite cependant pas le nom que les Espagnols de Panama, qui la découvrirent en i52 2 , lui donnèrent à cause des riches présents en or et en argent qu'ils reçurent des indigènes , car c'est la province la moins commerçante, et la plus pauvre du Guatimala. Sa population n'est évaluée qu'à 3o,ooo habitants. La province de Veragua a également de belles forêts et des pâturages. ( D. L. R. )

(2) Les Péruviens avaient conquis la partie septentrionale du Chili , et non les districts méridionaux, ainsi que le dit Robertson. Voyez la note 70. (D. L. R.)

(3)Liv. VI, p. i65.

35o HISTOIRE DE L'AMERIQUE.

sous ses ordres. La bravoure et l'habileté de François de Villagra, son lieutenant, continrent les Indiens, et sauvèrent le reste des Espagnols. Peu à peu toute la plaine le long de la cote fut soumise. Les parties montagneuses sont encore occupées par les Puelches, les Araucoset d'autres tribus indiennes, dont le voisinage est toujours redoutable aux Espagnols, qui, depuis deux siècles , sont obligés de soutenir avec ces peuples une guerre presque continuelle , interrompue seulement par quelques intervalles d'une paix mal assurée. Beauté du La partie du Cliili qui peut être regardée comme

climat et bon- • i » /. j

, , , une province espagnole s étend sur une assez petite largeur le long de la côte , depuis le désert d'Atacamas jusqu'à l'île de Chiloë, sur plus de neuf cents milles de long. Ce climat est le plus délicieux de l'Amérique ; peut-être en est-il peu dans le monde entier qu'on puisse lui comparer. Quoique voisin de la zone torride, on n'y éprouve jamais d'excessives cbaleurs, parce que les Andes lui servent d'abri à Test^ et qu'il est constamment rafraîchi à l'ouest par des brises de mer. La température de l'air y «st si douce et si égale que les Espagnols la préfèrent à celle des provinces du midi de l'Espagne. La fertilité du sol répond à la douceur du climat, et le rend propre à recevoir et à nourrir toutes les productions de l'Europe. Les plus précieuses , celles qui donnent le blé , le vin et l'huile, abondent au Chili comme si elles y étaient naturelles. Tous les fruits qu'on y a portés

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