‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 172 sur 175 · L1VHE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

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par cette raison les employer dans les mines d'argent , ils sont plus capables des autres espèces de travaux que les Américains. Les naturels du nouveau royaume de Grenade, se trouvant exempts de ce service pénible, qui a détruit si rapidement leur race dans les autres parties de l'Amérique , se sont fort multipliés. Quelques districts fournissent l'or avec une profusion non moins étonnante que la vallée de Cineguilla , dont j'ai parlé plus haut, et on le trouve souvent en pepitas ou en gros grains, ce qui prouve manifestement son extrême abondance. Sur une hauteur voisine de Pampelune , on a vu tel travailleur en recueillir en un jour la valeur de mille pesos1. Le dernier gouverneur de Santa-Fé a rapporté en Espagne un morceau d'or vierge massif estimé environ dix-huit mille cinq cents livres tournois. Ce morceau , peut-être le plus gros et le plus précieux qu'on ait jamais trouvé dans le Nouveau-Monde, est déposé en ce moment au cabinet royal de Madrid. Mais sans établir aucun calcul sur ces exemples extraordinaires , il est certain que la quantité d'or recueillie annuellement dans ce pays, particulièrement dans les provinces de Popayan et de Ghoco , est très considérable. Les villes du nouveau royaume de Grenade sont florissantes et peuplées , et la population s'y accroît en-

(i) Piedrahita, Hi'st. dcl N. Rejno, p. 481, manuscrit enlre les mains de l'auteur.

core de jour en jour. La culture et l'industrie commencent à y être encouragées et à prospérer. Les produits des mines et d'autres marchandises sont portés à Carthagène par la grande rivière de Sainte- Madeleine, et fournissent à cette ville la matière d'un grand commerce. D'un autre coté , le nouveau royaume de Grenade communique avec l'Océan Atlantique par l'Orénoque. Mais le pays arrosé par cette rivière du coté de l'est est encore peu connu , et les Espagnols n'y ont qu'un très petit nombre d'établissements.

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