‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 171 sur 175 · LIVRE SEPTIÈME. 36 I · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. 36 I

ver et améliorer le sol, se répandirent dans les différents districts, afin d'y chercher des mines , pillant partout les Indiens avec la plus cruelle rapacité , et les accablant de travaux qu'ils ne pouvaient supporter. En peu d'années leurs exactions, plus atroces que celles des Espagnols eux-mêmes , désolèrent si complètement cette province qu'elle ne put plus leur fournir de subsistance , et que les Velsers furent forcés d'abandonner une propriété qui ne pouvait plus leur offrir aucun avantage \ Lorsque les restes malheureux des Allemands eurent quitté Venezuela , les Espagnols s'en remirent en possession ; mais , malgré plusieurs avantages naturels à ce pays c'est encore un des établissements des Espagnols les plus languissants et les moins utiles à la nation.

Les provinces de Carracas et de Cumana sont Can-acas et les dernières de cette cote qui appartiennent aux umana- Espagnols. J'aurai occasion de décrire leur état et leurs productions lorsque je parlerai de l'établissement et des opérations de la compagnie qui a obtenu le privilège exclusif du commerce de ces deux colonies.

Le nouveau royaume de Grenade est un pays Nom eau

tout-à-fait méditerranée , et d'une grande étendue. ™y'unJc

o Grenade.

Les rois d'Espagne en sont devenus maîtres vers l'an i536, par le courage et l'habileté de Sébas-

(i)D. Joseph OviedoyBagnos, Hist. de la Conquistade Venezuela, p. 2, etc.

36'2 HISTOIRE DE LAMERIQUK.

tien de Benalcazar et de Gonzalez Ximenez de Quesada , deux des meilleurs officiers qui aient déployé leurs talents en Amérique. Le premier, qui commandait alors à Quito, l'attaqua par le sud; le second y entra par Sainte-Marthe du coté du nord. Comme les Indiens de cette partie étaient plus éclairés qu'aucune des nations de l'Amérique , si l'on excepte les Mexicains et les Péruviens ' , ils se défendirent avec beaucoup de résolution et de conduite. Mais l'habileté et la constance de Benalcaza r et de Quesada surmontèrent tous les obstacles et tous les dangers , et ajoutèrent cette conquête à toutes celles de l'Espagne dans la partie méridionale du Nouveau-Monde.

Le nouveau royaume de Grenade est si élevé au-dessus du niveau de la mer, que, quoiqu'il soit très voisin de la ligne, le climat en est fort tempéré 3. Ses vallées ne le cèdent pas en fertilité aux meilleures terres des autres parties de l'Amérique , et dans les endroits élevés on trouve de l'or et des pierres précieuses de différentes espèces. L'or qu'on y recueille n'est pas enfoncé profondément dans la terre ; il est mêlé avec elle très près de la surface, et on l'en sépare facilement au moyen de lavages répétés. Cette opération s'exécute par des esclaves nègres ; car, quoique l'expérience ait prouvé que l'air froid des mines profondes leur est funeste, et qu'on ne puisse

(i) Voyez le livre quatrième.

(a) Voyez la note 72,

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