‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 19 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

des Tlascalans pour le nom mexicain était si invé- 4520 térée, le désir de venger la mort de leurs compatriotes si ardent, et l'ascendant que Cortez avait acquis sur les chefs de la république si absolu, que, loin d'avoir la pensée de prendre avantage de la malheureuse situation où ils voyaient les Espagnols , ils les reçurent avec une tendresse et une cordialité qui dissipèrent promptement toutes les craintes.

Les Espagnols avaient le plus pressant besoin de Nouvelles

* D i délibérations

prendre du repos et de trouver du secours non-seu- <je Cortez. lement pour la guérison de leurs blessures trop longtemps négligées, mais pour recouvrer leurs forces épuisées par tant de fatigues et de souffrances. Cortez apprit alors que ses troupes n'étaient pas les seules qui eussent éprouvé le ressentiment des Mexicains. Un détachement considérable allant de Zempoalla à la capitale avait été détruit par les peuples de Tepeaca. Un parti moins nombreux qui retournait de Tlascala à la Vera-Cruz avec la portion du butin tombé en partage à la garnison , avait été surpris et massacré dans les montagnes. Dans un moment où les Espagnols étaient déjà réduits à un si petit nombre ! , ces pertes étaient vivement senties. Cortez en était surtout affecté , parce qu'elles rendaient plus difficile l'exécution des plans qu'il médi-

(i) Le nombre des soldats espagnols que Cortez ramena à Tlascala ne s'élevait pas à plus de quatre cent quarante. ( Clavigero. Stor. ant. det Mess.) (D. L. R.)

\ 520 tait. Les ennemis qu'il avait dans son armée , et même plusieurs des Espaguols qui lui étaient encore attachés, regardaient les désastres qu'il venait d'essuyer comme devant arrêter absolument les progrès de ses armes, et ne croyaientpas qu'il lui restât d'autre parti à prendre que de quitter incessamment un pays dont il avait entrepris la conquête avec des forces insuffisantes ; mais 9 aussi persévérant à exécuter qu'ardent à entreprendre, il demeurait fermement attaché à son premier et grand projet de soumettre l'empire du Mexique à la couronne de Castille. Quelque rude et inattendu que fût l'échec qu'il venait de recevoir, il n'y voyait pas un motif suffisant pour abandonner les conquêtes qu'il avait déjà faites et pour renoncer à reprendre ses opérations avec l'espérance d'un plus heureux succès. La colonie de la Yera-Cruz n'avait pas été entamée ni même attaquée. Les peuples de Zempoalla et des districts voisins n'avaient laissé apercevoir aucune disposition à se détacher de lui. Les Tlascalans lui demeuraient fidèles. Il pouvait espérer de puissants secours de ce peuple , ennemi implacable des Mexicains , et dont l'esprit guerrier pouvait être mis aisément en activité. Il avait encore sous ses ordres un corps d'Espagnols aussi nombreux que celui avec lequel il s'était ouvert un chemin jusqu'au centre de l'empire et s'était rendu maître de Ja capitale; enfin, avec les avantages que lui donnaient une plus grande expérience et une plus par-

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