‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 27 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME. 6l · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. 6l

hauteurs voisines; mais ne voyant aucune espé- 1 52 1 rance de succès contre un ennemi sans cesse sur ses gardes et préparc à les recevoir, ils n'osèrent tenter aucune attaque , et Sandoval eut la gloire de conduire sans aucun échec à Tezcuco un convoi d'où dépendait désormais le sort de toutes les opérations des Espagnols '.

Cet heureux succès fut suivi d'un événement non il reçoit de

r» , r\ «. • nouveaux se-

moins important pour Cortez. (Quatre vaisseaux arrivèrent de l'Espagnole à la Vera-Cruz avec deux cents soldats, quatre-vingts chevaux, deux pièces de canon de siège et une grande quantité d'armes et de munitions 2. Cortez, encouragé par la réussite de tous les projets qu'il avait formés pour affaiblir ses ennemis ou se fortifier lui-même, impatient d'ailleurs de commencer le siège de Mexico, hâta la construction de ses brigantins et le moment de les lancer à l'eau. Pour faciliter cette dernière opération , il avait employé pendant deux mois un grand nombre d'Indiens à creuser le lit d'un petit ruisseau qui coule de Tezcuco dans le lac , et à en former un canal de près de deux milles de long3. L'ouvrage était enfin terminé , malgré tous les efforts des Mexicains pour interrompre les travailleurs ou pour brûler les brigantins4.

(i) Cortez, Relat. 260. C. E. B. Diaz, ckap. 140.

(2) Cortez, Relat. 259. F. 262. D. Comara, Cron.cap. 129.

(3) Yoyez la note 5.

(4) B. Diaz, chap. 140.

6l HISTOIRE DE l/ AMÉRIQUE.

^ 521 Le vingt-huit avril , toutes les troupes espagnoles

Les brigan- i t v •!• • . r> i 1

tins sont lan- et tous *es Indiens auxiliaires turent ranges sur les ces à l'eau, bords du canal et les brigantins lancés à l'eau ; ce qui se fît avec une grande pompe militaire , consacrée et rendue plus solennelle encore par la célébration des mystères les plus respectés de la religion romaine. A mesure qu'ils entraient dans le canal, le P. Olmedo les bénissait et leur donnait un nom. Les spectateurs, pénétrés d'admiration et animés par l'espérance, les suivaient des yeux jusqu'à leur entrée dans le lac. Dès que les brigantins déployèrent leurs voiles et prirent le vent, un cri général de joie s'éleva dans les airs; ils admiraient tous le génie hardi et entreprenant qui, par des moyens si extraordinaires , que le succès surpassait presque tout ce qu'on avait pu concevoir , avait su se créer une flotte, sans le secours de laquelle les Espagnols ne pouvaient espérer de se rendre maîtres de Mexico2. Dispositions Cortez se détermina à former le siège par trois difpour e siège. f^ren£S côtés : à l'est du lac vis-à-vis de Tezcuco , à l'ouest vis-à-vis de Tacuba, et au sud vis-à-vis de Cuyocan. Ces villes, situées sur les principales chaussées qui conduisent à la capitale , avaient été placées

(i) L'armée destinée à faire le siège de Mexico consistait, suivant Clavigero, en neuf cent dix- sept Espagnols et plus de soixante-quinze mille Indiens auxiliaires , dont le nombre s'éleva plus tard à plus de deux cent mille. (D. L. R.)

(2) Cortez, Relat. 266. C. Herrera, Decad. III, lib. I , cap. 5. Gomara, Cron. cap. 129.

Page 1