‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 29 sur 175 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

nombre de canots et dissipèrent tout le reste. La 4521 perte des Mexicains fut si considérable qu'ils demeurèrent convaincus que les progrès des Européens dans les connaissances et les arts leur donnaient à la mer une supériorité sur les Indiens plus grande encore que celle qu'ils avaient montrée jusqu'alors sur terre '.

Dès ce moment Cortez demeura maître du lac, Plan singuet non-seulement les brigantins conservèrent la com- 1U , ?* du munication entre les différents postes occupés par siège. les Espagnols, quoique très éloignés les uns des autres J mais ils furent occupés à défendre les chaussées que les Indiens auraient voulu rompre et à en éloigner les canots lorsqu'ils tentaient d'en approcher pour inquiéter les troupes à mesure qu'elles s'avançaient vers la ville. On fit trois divisions des

brigantins , et chacune fut employée à une des trois attaques , avec l'ordre de seconder les opérations de l'officier qui la commandait. Les attaques furent alors poussées des trois cotés avec une égale vigueur, mais d'une manière si différente de celle qui se pratique dans les sièges ordinaires, que Cortez dans sa relation paraît craindre qu'elle ne soit mal entendue ou désapprouvée par les personnes qui ne connaissent pas la situation de Mexico \ Chaque

(1) Cortez, Relat. 267, C. B. Diaz, chap. i5o. Gomara, Cron. cap, i3i. Herrera, Decad. III, lib. I , cap. 17.

(2) Cortez, Relat. 270. F.

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4524 jour au matin ses troupes attaquaient les barricades que l'ennemi avait élevées sur les chaussées , passaient les tranchées creusées par les Mexicains , ou le canal lui-même lorsque les ponts étaient rompus. On s'efforçait ainsi de pénétrer jusqu'au cœur de la ville dans l'espérance de remporter quelque avantage décisif qui pût forcer l'ennemi à se rendre et terminer la guerre en un coup. Mais lorsque la valeur obstinée des Mexicains rendait les travaux de la journée sans effet, les Espagnols se retiraient le soir dans leurs premiers quartiers. Ainsi la fatigue et le danger se renouvelaient en quelque manière chaque jour, les Mexicains réparant pendant la nuit ce que les Espagnols avaient détruit dans le jour, et reprenant les postes dont ils avaient été chassés. Mais la nécessité prescrivait cette marche ennuyeuse et lente. Les troupes de Cortez étaient en si petit nombre qu'il n'osait tenter de s'établir avec cette poignée d'hommes dans une ville où il pouvait être environné par une si grande multitude d'ennemis. Le souvenir de ce que lui avait déjà coûté l'excès de confiance avec lequel il s'était mis dans cette dangereuse situation était toujours présent à son esprit. Les Espagnols, épuisés par la fatigue , étaient dans l'impuissance de conserver tous les postes qu'ils gagnaient chaque jour , et , quoique leur camp fût rempli d'Indiens auxiliaires , ils n'osaient confier ce soin à des gens si peu accoutumés

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