‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 30 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

à la discipline militaire et sur la vigilance desquels 4 524 il eût été imprudent de compter. Outre cela Cortez avait le plus vif désir d'empêcher , autant que possible, la ville de Mexico d'être détruite, parce qu'il voulait en faire la capitale des grands pays qu'il allait conquérir, et qu'il souhaitait qu'elle restât comme un monument durable de sa gloire. Toutes ces considérations l'engagèrent à suivre opiniâtrement pendant un mois entier le système de siège qu'il avait adopté. Les Mexicains montrèrent à se défendre presque autant de valeur que les Espagnols à les attaquer. Par terre et par eau, la nuit et le jour, un combat furieux succédait à un autre. Plusieurs Espagnols furent tués, un plus grand nombre blessés , et tous étaient au moment de succomber sous les travaux d'un service qui ne leur laissait aucun repos et qui devint encore plus difficile lorsqu'à la saison des pluies elles commencèrent à tomber avec leur violence ordinaire '.

Cortez , étonné et déconcerté de la longueur et des Cortez tente difficultés du siège, se détermina à faire un grand e,^rc^ re a

° ' ° ville d assaut.

effort pour se rendre maître de la ville avant d'abandonner le plan qu'il avait suivi jusque là et d'embrasser un nouveau système d'attaque. Il envoya ordre à Alvarado et à Sandoval de s'avancer avec leurs divisions pour un assaut général^ et se mit à la tête du corps posté sur la chaussée de

(0 B. Diaz, chap. r5i.

4 521 Cuyocan. Animés par sa présence et par l'espoir de 3 juillet. qUelqUe événement décisif, les Espagnols attaquèrent avec une impétuosité à laquelle rien ne résista : ils renversèrent toutes les barricades les unes après les autres , franchirent les fossés et les canaux , et arrivèrent à la ville , où ils gagnèrent du terrain par degrés, malgré tous les efforts des Mexicains. Cortez , au milieu de la satisfaction que lui donnait la rapidité de ses progrès n'avait pas oublié de prendre des précautions pour la sûreté de sa retraite , dans le cas où il y aurait été forcé , et avait chargé Julien d'Alderète , officier estimé , qui lui était venu avec le renfort de l'Espagnole, de combler les canaux et de défendre les passages aux endroits rompus de la chaussée à mesure que les corps s'avanceraient. Cet officier jugea cet emploi trop indigne de lui j et , tandis que ses compagnons étaient au plus fort du combat et dans le chemin de la victoire ? il abandonna le soin important dont il était chargé, et vint se mêler parmi les combattants. Les Mexicains, qui faisaient insensiblement des progrès dans l'art de la guerre , ayant observé cette négligence, en instruisirent Guatimosin.

il est repoussé. Ce prince vit sur-le-champ les conséquences de la faute que commettaient les Espagnols, et, avec une grande présence d'esprit, se disposa à en profiter. Il donna ordre aux troupes qui combattaient les Espagnols de front de céder peu à peu du ter-

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