‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 35 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

session de la partie de la capitale qui n'était pas 4 524 encore détruite. Ainsi fut terminé le siège de Mexico * , le plus mémorable événement de la conquête de l'Amérique. Il avait duré soixante-quinze jours, dont presqu'aucun ne s'était passé sans quelque effort extraordinaire de la part des assaillants ou des assiégés pour l'attaque ou la défense d'une ville du destin de laquelle les uns et les autres savaient que celui de l'empire entier dépendait. La défense avait été plus vigoureuse et la lutte plus égale qu'en aucune autre action, entre les habitants de l' Ancien- Monde et ceux du Nouveau. Les talents de Guatimosin, le nombre de ses troupes, la situation avantageuse de sa capitale, avaient balancé la grande supériorité de la discipline et des armes des Espagnols , qui se seraient vus forcés d'abandonner leur entreprise , s'ils n'eussent été secondés par des secours étrangers. Mais Mexico fut perdu par la jalousie des villes voisines, qui redoutaient sa puissance, et par la révolte des sujets de l'empire, las du joug qu'ils portaient. Leurs secours mirent Cortez en état d'exécuter un projet qu'il n'eût peut-être pas osé tenter , s'il eût été réduit à ses propres forces. Si le compte que nous venons de rendre de la réduction de Mexico fait disparaître le merveilleux dont

(i) Mexico fut pris le i3 août i52r, cent quatre-vingt-seize ans après sa fondation par les Aztèques , et cent soixante-neuf ans depuis qu'elle était devenue la capitale d'un empire qui avait été gouverné par onze souverains. Voir Clavigero. (Stor. anl. del Mess.} (D. L. H.)

78 HISTOIRE DE l'aMÉRIQDE.

4521 les historiens espagnols ont embelli le récit de eet événement, en montrant des causes simples et naturelles où ils ne voient que les exploits romanesques de leurs compatriotes , on y trouve d'un autre côté des motifs d'admirer encore plus les grands talents de Cortez, qui, avec toutes sortes de désavantages, eut l'art d'acquérir sur des nations qui n'entendaient pas sa langue un ascendant assez puissant pour les faire servir d'instrument à l'exécution de ses desseins1.

Espérances La joie que ressentirent les Espagnols du succès des Espagnols ^ cette périlleuse entreprise fut d'abord excessive ;

trompées par A l^

la médiocrité mais elle se calma bientôt lorsqu'ils se virent frusdu butm. trés (jes espérances chimériques qui les avaient animés à braver tant de difficultés et de dangers. Au lieu de ces richesses inépuisables , sur lesquelles ils comptaient en devenant maîtres des trésors de Montézuma, et de l'or de tant de temples, toute leur avidité ne put rassembler, du milieu des ruines et de la désolation d'une ville immense, qu'un butin fort peu considérable \ Guatimosin , prévoyant sa destinée , avait rassemblé toutes les richesses laissées par ses ancêtres, et les avait fait jeter dans le lac. Les Indiens auxiliaires s'étaient

(r) Voyez la note 7.

(2) L'or et l'argent, selon la relation de Gortez (Belat. 280, A.), ne montèrent qu'à 120,000 pesos, valeur bien inférieure à celle que les Espagnols avaient précédemment partagée entre eux à Mexico.

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