‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 36 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME. J(J · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. J(J

emparés de la meilleure partie du reste tandis que 4 521 les Espagnols combattaient. Ce qu'en purent rassembler les conquérants eux-mêmes était si peu de chose, que plusieurs d'entre eux dédaignèrent d'accepter la part qui leur en revenait. Les plaintes et les murmures s'élevèrent d'abord contre Cortez et ses favoris, qu'on soupçonnait de s'être approprié une plus grande part que celle qui devait leur échoir dans un partage équitable, et ensuite contre Guatimosin , qu'ils accusaient d'obstination , parce qu'il refusait de découvrir le lieu où il avait, disait-on, caché ses trésors.

Les raisons , les prières et les promesses furent Guatimosin

• i • il' mis à la tor-

mutilement mises en usage pour calmer les mecon- re tents, et il faut croire que cette inutilité même et la crainte de voir le mécontentement s'augmenter poussèrent Cortez à une action qui ternit la gloire de tout ce qu'il a fait de grand. Sans égard pour le rang qu'avait occupé Guatimosin , sans respect pour les vertus qu'avait déployées ce malheureux monarque , il le fit mettre à la torture , ainsi que son premier favori, pour les forcer à découvrir l'endroit où l'on supposait qu'il avait caché les trésors de l'empire. Guatimosin supporta tout ce que l'ingénieuse cruauté de ses bourreaux put imaginer de tourments, avec le courage indomptable d'un guerrier américain. Le compagnon de ses souffrances , cédant à la violence de la douleur, semblait demander à sou maî-

>i 521 tre, par un regard languissant, la permission de révéler ce qu'il savait. ; mais le courageux monarque , jetant sur lui un coup d'œil où se peignaient à la fois l'autorité et le dédain , releva sa faiblesse en lui disant: «Et moi, suis-je sur un lit de roses?»1 Terrassé par ce reproche, le favori persévéra dans le silence et expira dans les tourments. Cortez, honteux enfin de cette horrible scène , tira la victime des mains de ses bourreaux, et prolongea une vie réservée à de nouvelles indignités et à de nouvelles souffrances2. Toutes les Le sort de la capitale entraîna celui de tout l'emprovmces de p^re a[ns[ qUe }es deux partis l'avaient prévu. Les

l'empire se . .

soumettent, provinces se soumirent les unes après les autres aux vainqueurs. De petits détachements d'Espagnols pénétrèrent dans tout le pays sans obstacle, et jusqu'à la grande mer du Sud, par laquelle ils espéraient toujours, selon les idées de Colomb, s'ouvrir aux Indes-Orientales un passage court et facile, et assurer à la couronne de Castille les richesses si enviées Cortez for- de ces belles régions. L'esprit actif de Cortez comme des pans menca j£s jors a s'OCCUper de ce projet. Il ignorait

pour de nou- b L •'. .

velles décou- que , pendant le cours de ses victoires au Mexique, vertes qui sont ce même plan avait été exécuté. Cet événement étant

faites par Ma- : - < . . . 3 ,

j^ellan. un des plus intéressants dans 1 histoire des décou-

vertes des Espagnols , et ayant beaucoup influé sur

(i) Les historiens Herrera, Torquemada , Orellana et Clavigero ne rapportent point cette exelamation du roi de Mexico. ( D. L. R.)

(2) B. Diaz, chap. iS*]. Gomara, Cron. cap. 146. Herrera, Decad. III, lib. II, cap. 8. Torquemada, Monar. lnd. I, 574.

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