‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 39 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

ses les navigateurs, commença à se manifester. 4 521 Une circonstance seule leur donna quelque consolation. Ils curent un beau temps soutenu et des vents si favorables, que Magellan donna à cet océan le nom de Pacifique, qu'il conserve encore. Enfin, 6marslorsqu'ils étaient réduits aux dernières extrémités , ils tombèrent sur un groupe de petites îles très fertiles , où ils trouvèrent des rafraîchissements en si grande abondance, qu'ils recouvrèrent bientôt la santé. De ces îles , auxquelles ils donnèrent le nom A' iles des Larrons , Magellan s'avança encore plus à l'est , et découvrit celles qu'on nomme aujourd'hui Philippines. Il eut malheureusement à s'y défendre contre les naturels du pays, qui l'attaquèrent avec un corps nombreux et des troupes bien armées1, et Magellan périt, ainsi que plusieurs de ses prin- 26 avril, cipaux officiers, en combattant ces barbares avec sa valeur ordinaire.

L'expédition se continua sous d'autres commandants. Après avoir visité plusieurs des petites îles répandues dans la partie orientale de l'océan Indien, ils touchèrent à la grande île de Bornéo', et

(1) Magellan voulant donner au roi de Zebu (l'une des Philippines) qui l'avait parfaitement accueilli une haute idée de la force des Espagnols, lui promit inconsidérément d'aller attaquer avec cinquante-cinq hommes choisis un de ses voisins avec lequel il était en guerre. Ce fut dans l'engagement qui eut lieu que Magellan , après des prodiges de valeur, périt accablé par la multitude des ennemis, et lorsqu'il songeait à faire retraite, parce que la poudre était venue à lui manquer. (D. L. R.)

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1521 ensuite à Tidor, une des Moluques, où ils prirent 8 novembre, terre, au grand étonnement des Portugais, qui ne pouvaient comprendre comment les Espagnols, en naviguant à l'ouest, étaient arrivés à cet établissement reculé de leur commerce le plus lucratif, auquel eux-mêmes se rendaient en faisant route dans une direction opposée. Les Espagnols trouvèrent dans ces îles et dans les îles voisines des peuples instruits des avantages du commerce, et disposés à trafiquer avec une nation inconnue. Ils prirent une cargaison de ces épices précieuses qui sont une des productions les plus recherchées de ces climats. Avec ces trésors et des échantillons des riches marchandises qu'ils avaient trouvées dans les autres contrées qu'ils avaient visitées, la Victoire, celui des deux vaisseaux restant de toute l'escadre , qui était le plus en état de soutenir encore un long voyage, fit voile pour l'Europe , sous le commandement de Janv. 4 522. Jean-Sébastien del Cano. Il suivit la route des Portugais par le cap de Bonne-Espérance , et, après avoir beaucoup souffert , il arriva à San-Lucar, le 7 septembre i5a2, ayant fait le tour du globe en trois ans et vingt-huit jours \

Quoiqu'une destinée malheureuse ait privé Ma-

(r) Herrera, Decad. III, Ub. I, cap. 3 -9; Ub. IF, cap. 1. Gomara, Cron. cap. g3, etc. Pigafetta, apud Ramus. ll,pag. 36 1, etc.

L'expédition était partie de San-Lucar le 20 septembre 1 5 19, et elle fut de retour dans le même port le 6 septembre 022 ; elle avait donc mis trois ans et quatorze jours à faire ce premier voyage autour du

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