LIVRE CINQUIÈME. 8f
branche de commerce qu'elle avait travaillé si long- \ 521 temps à s'ouvrir, et dont elle espérait tirer les plus grands avantages \
Quoique le commerce avec les Moluques fût abandonné, le voyage de Magellan eut d'abord des suites fort avantageuses pour l'Espagne. Philippe II, en 1 564 ? soumit à sa couronne les îles découvertes dans l'Océan oriental, et y forma des établissements avec lesquels la Nouvelle-Espagne établit une communication régulière, dont nous parlerons dans la suite. Je reviens à présent a ce qui se passait dans la Nouvelle-Espagne.
Tandis que Cortez acquérait à sa patrie de si Cortez rapvastes possessions , et préparait encore d'autres con- ^ÎL6 par e r01
1 ' *■ r ci Espagne.
quêtes , sa destinée singulière était non-seulement d'être privé d'une commission du souverain qu'il servait avec tant de zèle et de succès, et de n'avoir aucune autorité légale; mais d'être regardé comme un sujet rebelle. Par les intrigues de Fonseca , évêque de Burgos, sa conduite, lorsqu'il prit le gouvernement de la Nouvelle-Espagne , fut déclarée une usurpation irrégulière faite au mépris de l'autorité royale ; et Christoval de Tapia fut revêtu d'une commission qui l'autorisait à destituer Cortez , à se saisir de sa personne , à confisquer ses biens, et rechercher tout ce qu'il avait fait jusqu'a-
(1) Herrera, Decad. III, lib. VII, cap. 5; Decad. IF, lib. K, cap. 7, etc.
90 HISTOIRE DE l'aMJ*R1QUE.
•1521 lors , pour en rendre compte au conseil des Indes, dont l'évêque de Burgos était président. Quelques semaines après la réduction de Mexico , Tapia débarqua à la Vera - Cruz , y portant l'ordre du souverain de dépouiller le conquérant de toute autorité et de le traiter en criminel. Mais Fonseca avait choisi un homme peu propre à seconder son inimitié pour Cortez. Tapia n'avait ni la réputation , ni les talents nécessaires pour exécuter l'impor- Coriez élude tante commission dont il était chargé. Cortez , en témoignant publiquement le plus grand respect pour l'autorité de l'empereur, prit secrètement des mesures pour rendre inutiles les ordres dont Tapia était chargé. Il entama avec lui une négociation si compliquée, il multiplia tellement les conférences, il employa tour à tour et les menaces et les promesses , et les présents , d'une manière si adroite , qu'il détermina enfin cet homme faible à abandonner un pays qu'il n'était pas digne de gouverner*.
4522 Cependant, malgré l'adresse avec laquelle il ve-
II s'adresse • , -, ^ , i ' vi
de nouveau à n ^e Parer ce C0UP? Cortez était si persuade qu il
la cour. ne tenait pas son pouvoir d'une autorité légitime et
suffisante , qu'il se détermina à envoyer en Espagne
des députés pour rendre compte du succès de ses
armes , pour y porter des échantillons des produc-
(1) Herrera, Decad. IIIylib. III, cap. 16; Decad. IV, cap. t. Cortez, Relat. aSr. E. B. Diaz, ehap. i58.