LIVRE CINQUIÈME. 9 I
ùons du pays et de riches présents pour Tempe- 1521 reur, comme des gages des grands revenus que la couronne pourrait tirer dans la suite de ses nouvelles conquêtes , et pour demander en récompense de tous ses services l'approbation de tout ce qu'il avait fait et le gouvernement des pays que sa conduite et la valeur de ses compagnons avaient soumis à la couronne de Castille. Le moment où les députés se présentèrent à la cour était favorable. Les mouvements qui avaient troublé l'Espagne à l'avènement de ce prince au trône achevaient de se calmer '. Les ministres avaient le temps de s'occuper des affaires du dehors ; les récits qu'on publiait des victoires de Cortez remplissaient ses compatriotes d'admiration ; l'étendue et les richesses des pays conquis étaient pour eux un objet d'espérances flatteuses et sans bornes. Ce qu'il pouvait y avoir d'irrégulier dans la manière dont Cortez s'était élevé au pouvoir était couvert par l'éclat et le mérite des grandes actions qu'il n'avait faites qu'à l'aide de ce pouvoir même. Tous les esprits se révoltaient à la pensée de punir un homme dont les services méritaient les plus grandes marques de distinction. La voix publique s'élevait hautement en sa faveur; et Charles, arrivant en Espagne dans le même temps, adopta les sentiments de ses sujets avec l'ardeur de son âge. Malgré les réclamations
(r) Histoire du règne de Charles-Quint, tom. //.
lions.
1522 de Velasquez et les représentations passionnées de l'é-
, it in vêque deBurgosyil nomma Cortez capitaine général
général et et gouverneur de la Nouvelle-Espagne, jugeant que
gouverneur personne n'était aussi capable de maintenir l'auto-
ue la «pu- x ^ l
velic-Espa- rite royale ou d'établir un bon gouvernement parmi 8ne- ses sujets espagnols et indiens de la Nouvelle-Espa-
gne , que le même commandant à qui les premiers s'étaient volontairement soumis et que les derniers étaient accoutumés à craindre et à respecter depuis si long-temps \ Ses plans et Cortez , avant d'avoir obtenu de son souverain la confirmation légale de son autorité , l'employait à assurer sa conquête et à la rendre utile à sa patrie. Il résolut d'établir le cbef-lieu de son gouvernement au même endroit où était situé l'ancien , et il entreprit de relever Mexico de ses ruines. Gomme il se faisait une brillante idée de la future grandeur de l'état qu'il fondait, il commença à rebâtir sa capitale sur un plan dont l'exécution en a fait peu à peu la plus belle ville du Nouveau-Monde. Il employa en même temps dans différentes provinces des personnes instruites pour chercher les mines , et il en ouvrit quelques-unes , les plus riches de
(0 Ce prélat reçut ordre de ne plus se mêler de cette affaire, et le i5 octobre xSii l'empereur annonça aux autorités mexicaines qu'il avait nommé Cortez capitaine général et gouverneur de la Nouvelle- Espagne. (D. L. R.)
(1) Herrera, Decad. III, Ub\ IF, cap. 3; Gomara, Cron. 164 , i65. fî. 'Diaz, 167, 168.