‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 57 sur 175 · LIVRE SIXIÈME. I 9, i · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. I 9, i

semblable à celle que lui-même venait de fournir '. 4 529

Pizarre débarqua à Nombre-de-Dios et traversa l'isthme de Panama, accompagné de ses trois frères, Ferdinand, Jean et Gonzale, et de François d'Alcantara , frère de sa mère. Le premier seul était né en mariage légitime; les deux seconds étaient bâtards comme lui2. Ils étaient tous à la fleur de l'âge , et leur courage et leurs talents les rendaient propres à le seconder dans tout ce qu'il pourrait entreprendre de difficile et de grand.

A son arrivée à Panama , Pizarre trouva Almagro \ 530 tellement exaspéré de la manière dont la négociation à la cour d'Espagne avait été conduite, qu'il magro. refusa non- seulement d'agir de concert avec un homme dont la perfidie l'avait exclu du pouvoir et des honneurs auxquels il avait de si légitimes droits , mais qu'il travailla même à former une nouvelle société, dans le dessein de traverser l'entreprise de son ancien associé, ou du moins de partager l'honneur de ses découvertes. Pizarre avait trop de prudence et d'adresse pour ne pas prévenir une rupture qui pouvait être si fatale à ses projets : il offrit de lui-même d'abandonner à Almagro la charge

(1) Herrera, lib. VII, cap. 10.

(2) Suivant Zarate et Gare, de la Véga, François Pizarre avait quatre frères; Ferdinand, Jean et Gonzalo Pizarre, et François- Martin de Alcantara. Les deux premiers seuls étaient légitimes; le troisième était bâtard comme François, quoique de mères différentes. Quant à François-Martin de Alcantara , il était hère de François Pizarre., mais du côté de sa mère seulement. (D. L. R.)

Il se réeou cilié avec Al-

\ 550 d'adelantade , et de réunir leurs sollicitations pour obtenir de l'empereur ce titre et un gouvernement indépendant. Il parvint ainsi à adoucir par degrés cette ame ouverte et franche, capable d'uu ressentiment violent , mais non pas implacable. De Luque , extrêmement satisfait d'avoir réussi dans ses prétentions pour lui-même, seconda de toute son adresse les efforts de Pizarre. On se réconcilia , et la confédération se renouvela aux anciennes conditions , que l'entreprise serait conduite aux frais communs des trois associés , et que les profits seraient partagés entre eux également1.

Leurs pré- Malgré leur réunion, et quoiqu'ils eussent fait l>au tous les efforts dont ils étaient capables, ils ne pu-

rent rassembler que trois petits vaisseaux avec cent quatre-vingts soldats, dont trente-six cavaliers ' ; 4 531 mais les progrès étonnants des Espagnols en Amé-

i evrier. riqUe }eur avaient donné une telle idée de leur supériorité, que Pizarre, avec cette petite troupe, n'hésita pas d'entreprendre la conquête d'un grand empire. Almagro demeura encore à Panama pour y rassembler un renfort qu'il se chargeait de conduire. La saison propre à l'embarquement étant bien choisie , et la navigation de Panama au Pérou étant mieux connue, Pizarre fit le voyage en treize

(i) H errera, Dcca d, IV, lib. VII, cap. 9. Zarate, lib. I, cap. 3. Veya, ?., lib. /, cap. 14.

(2) Oviedo dit a5o hommes d'infanterie el 80 cavaliers; d'antres historiens, i85 hommes et 37 chevaux. (D \, \\

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