‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 7 sur 175 · LIVRE CINQUIÈME. l · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. l

craignant d'ailleurs de laisser voir aucune marque 15*0 de soupçon ou de défiance , promit de rester tranquille au milieu des Espagnols, et d'avoir pour Alvarado la même amitié qu'il avait pour Gortez luimême. Le général, paraissant se confier à cette promesse , mais comptant bien plus sur les ordres qu'il laissait à Alvarado de garder son prisonnier avec la plus grande vigilance, partit de Mexico.

Ses troupes , après leur jonction avec Sandoval Nombre do. et la garnison de la Vera-Cruz, ne formaient pas S( I0UPCs ensemble plus de deux cent cinquante bommes. Comme il mettait sa principale confiance dans la célérité de ses mouvements, il n'avait pris avec lui que fort peu de bagage et d'artillerie ; mais il craignait beaucoup la cavalerie de l'ennemi, et il s'était précautionné contre ce désavantage avec la sagacité d'un grand homme de guerre. Il avait observé que les Indiens de la province de Chinantla se servaient de piques très longues et très fortes. Il donna à ses soldats cette arme , la meilleure peut-être qu'on pût employer contre la cavalerie , et les accoutuma à se tenir serrés pour en faire l'usage le plus avantageux.

Avec son petit corps " , Cortez s'avança vers Zem- ' H coutume poalla, dont Narvaez s'était emparé. Pendant sa mar- , ,Ql

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(i) Cortez avait invité la république de Tlascala à lui envoyer quatre nulle guerriers, et il avait demandé deux mille hommes aux habitants de Chinantla, mais aucun de ces secours ne lui fut donné, soit, ainsi que B. Diaz l'affirme, parce que les Indiens craignaient de se mesurer en-

ancer.

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<320 che il reitéra ses propositions d'accommodement; mais Narvaez exigeant que Cortez et ses compagnons le reconnussent sur-le-champ comme gouverneur de la Nouvelle-Espagne, en vertu des pouvoirs qu'il tenait de Velasquez 9 et Cortez refusant de se soumettre à toute autorité qui ne serait pas émanée immédiatement du roi d'Espagne (devenu empereur), sous la protection duquel sa colonie naissante s'était mise , toutes les négociations ne produisirent aucun effet; seulement la communication qui s'établit à cette occasion entre les deux armées donna de grands avantages à Cortez, en lui fournissant des occasions de gagner quelques officiers de Narvaez par des présents, d'en adoucir d'autres par l'air de modération qu'il se donnait, et de les éblouir tous par les richesses dont les soldats faisaient parade en se montrant avec des bracelets , des chaînes et d'autres bijoux d'or. Toute l'armée de Narvaez, excepté luimême et un petit nombre de ses créatures , penchait vers un accommodement avec leurs compatriotes. Cette disposition irrita jusqu'à la fureur ce caractère violent. Il mit à prix la tête de Cortez et de ses principaux officiers , et ayant appris que leur petite troupe s'était avancée jusqu'à une lieue de Zempoalla, il regarda cette hardiesse comme une

core avec des Espagnols, soit parce qu'ils ue voulaient pas s'éloigner autant de leur pays , soit enfin parce que , doutant de la réussite de Cortez, ils ne voulaient pas partager ses désastres. (D. L. R.)

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