‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 114 sur 161 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

Grijalva étant retourné à Cuba trouva presque \ 5\ 8 achevés les préparatifs de l'armement destiné à la , reParatl s

11 de Velasquez

conquête du riche pays qu'il avait découvert. L'avi- pour une exdité et l'ambition avaient également poussé Vêlas- Pédltlon dans

° * la nouvelle Es-

quez à les hâter; et l'espérance de satisfaire cespagne. deux passions l'avait déterminé à prendre sur sa fortune des sommes considérables pour les avances de l'entreprise. Il s'était servi en même temps du crédit que lui donnait sa place pour engager les colons les plus considérables à prendre le parti des armes1. Comme la nation espagnole, à cette époque , était passionnée pour les entreprises aventureuses , on trouva bientôt un grand nombre de soldats brûlant de se signaler ; mais il n'était pas aussi aisé de trouver un chef pour une expédition de cette

(i) Voyez la note 95.

^54 8 importance ; et le caractère du gouverneur, à qui il appartenait de nommer ce chef, rendait encore le choix beaucoup plus difficile. Quoique Velasquez eût une ambition excessive et qu'il ne fût pas destitué de talents pour gouverner, il n'avait ni le courage , ni la vigueur, ni l'activité d'esprit nécessaires pour exécuter lui-même l'expédition qu'il préparait. Arrêté par cet obstacle , il forma le projet chimérique non-seulement de faire cette grande conquête par un député , mais de conserver la gloire des conquêtes qui devaient être faites par un autre. C'était se proposer deux objets impossibles à concilier. Il voulait un commandant d'un courage intrépide et d'un grand talent , parce qu'il savait bien que sans ces qualités il n'y avait point de succès a espérer ; mais en même temps , par la jalousie naturelle aux petits esprits, il le voulait assez docile et assez complaisant pour demeurer soumis à toutes ses volontés. Mais lorsqu'il en vint à l'exécution , il s'aperçut que les qualités qu'il voulait trouver réunies dans le même individu étaient incompatibles. Tous ceux qui se distinguaient par le courage et les talents avaient trop de hauteur pour consentir à n'être entre ses mains que des instruments passifs; et ceux qui paraissaient plus doux et plus dociles manquaient des autres qualités nécessaires pour conduire une si grande entreprise. Ces considéralions augmentaient ses inquiétudes et ses craintes.

Il choisit

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